PAR RÉVULSION OU SUBSTITUTION
fièvre intcrniitlento dont ce malade avait été atteint lors de sor\ entrée dans l'établissement. Plusieurs faits d'amélioration ou de guérison à la suite de fièvres intermittentes, dans des cas moins graves, ont été relatés par le docteur Koster (de Sieburg). M. Girard de Cailleux (1), dans un travail plein d'intérêt sur l'influence des fièvres intermittentes sur l'épilepsieet la folie, donne l'histoire d'un cas de manie terminé heureusement au quatrième mois par une fièvre intermittente avec hémorrhagie nasale qui jugea la folie. Enfin, M. Belhomme (2) a cité deux observations, l'une de manie aiguë, l'autre de stupidité , jugées par une fièvre intermittente.
Tous ces faits sont dignes d'intérêt, car ils démontrent nonseulement l'action substitutive qu'une maladie peut exercer lorsqu'elle vient s'enter sur une autre, mais encore ensuite l'utiHté que peut avoir l'emploi de révulsifs énergiques et prolongés dans quelques cas de folie. Mais il serait peu conforme à la vérité, de vouloir trouver dans l'apparition et la valeur de ces phénomènes quelque loi constante et régulière comme l'admettait la doctrine des crises. Bien plus, dans ma conviction, cette heureuse influence de certaines maladies incidentes chez les aliénés a été notablement exagérée, et l'on a trop volontiers insisté sur les cas heureux en négligeant les autres. J'ai vu comme beaucoup d'autres, des furoncles, des anthrax, des abcès, des afl'ections de toute nature survenir dans le cours de la folie. Dans la majorité des cas, je n'ai observé aucun eiïet appréciable de cette révulsion, et souvent même l'aff^ection intermittente, abcès ou parotide, a amené la mort sans aucune rémission dans l'état mental ; dans les cas heureux, f apparition du phénomène critique avait presque toujours été précédée d'une amélioration déjà très sensible dans les troubles de l'intefligence.
(1) Am. méd.'psych., t. VIII, p. 83 etseq.
(2) Cinquième mémoire sur la localimiion des fondions céréhraks et de la folie. Paris, '18/j9.