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DE l'ordre PHYSIQUE',
Professions.
Éducation.
Émotions, passions, chagrins.
Imitation.
Emprisonnement cellulaire.
[ agissant directement sur l'encéphale, agissant à distance et sympalhiquement.
( Anémie, cachexie (perles séminales, onanisme).
Dialhèses, dartres, rhumatismes. Fièvre typlioïde, fièvre intermitlenle.
I Menstrualion, grossesse, ^\ accouchement, lactation.
Intoxicalions : plomb , mer- Causes \ cure, opium, belladone, solanées vireuses, hascliich.
/Causes locales.
Causes générales.
Causes physiologiques.
spécifiques.
AllTIGLE I.
CAUSES PREDISPOSANTES.
§ < . — Causes {irétlisitosantes gcnéi'alcs.
1" Civilisation. — Parmi les causes prédisposantes générales, on a noté surtout la civilisation, et voici sur quels arguments on s'est appuyé. En Europe, le nombre des aliénés est considérable et tend chaque jour à s'accroître avec les progrès des arts et de l'industrie, à tel point qu'en France le rapport du nombre des aliénés à la population totale qui en 1836 était
DE LA FOLIE
de 1 sur 302àhal)ilanls, s'est trouvé en 1854 de 1 sur 1076 habitants. Au contraire, chez les nations nomades, asiatiques, et chez les sauvages de l'Amérique, la folie est extrêmement rare. Desgeneltes, d'après Georgct, n'a trouvé que quatorze fous dans l'hôpital du Caire. M. Moreau a vu très peu d'aliénés en Orient, il n'en a pas rencontré un seul dans la Nubie. M. Auhert n'a observé que deux idiots dans l'Abyssinie qu'il a parcourue dans tous les sens (1). Le docteur Williams qui résida en Chine pendant douze années a dit récemment que l'aliénation mentale y était très rare, et de Humboklt a cherché vainement des aliénés parmi les sauvages de l'Amérique.
En Europe même, nous voyons le nombre des aliénés devenir plus considérable à mesure que les centres de population sont plus importants. A Gand , d'après Guislain (2), la statistique indique «à peu près 1 aliéné sur 302 habitants, tandis que la population rurale de la province offre 1 aliéné sur \.hlh habitants. M, Renaudin a trouvé que la population totale du département de la Meurthe compte 1 aliéné sur 1^68 habitants, tandis que dans ce nombre la ville de Nancy figure pour 1 sur 500 habitants.
C'est en se fondant sur des documents de cette nature qu'on a dit que l'immobilité, l'ignorance, l'absence d'idées des peuples primitifs, restreignaient le développement de la folie, tandis que l'activité fiévreuse, les désirs sans hmites, l'effervescence continuelle de notre civilisation moderne accroissaient le nombre des aliénés en multipliant les causes d'excitation cérébrale ; solution véritablement désolante pour les amis du progrès.
Posée de cette façon, la question de l'influence de la civilisation sur le développement de la folie est trop vague pour pouvoir être nettement résolue. Ainsi que l'a dit avec tant
(1) Annales d'hygiène publique, t. XXXI, XXXII.
(2) Guislain, Leçons sur les phrénopalhies, l. H, p. 11),
MARCÉ. — MAL. MIINT, 7
CAUSES PRÉDISPOSANTES GÉNÉRALES
déraison M. Parchappe (1), les progrès de la civilisation ontt une influence complexe sur le nombre des aliénés qu'ils tendent à accroître par certains de leurs éléments et à augmenter par d'autres. Si, en effet, ou regarde comme un produit de la civilisation la débauche, les excès alcooliques répétés, la misère, les chagrins domestiques, les travaux intellectuels excessifs, incontestablement ces causes augmentent le riombre des aliénés ; tandis qu'au contraire l'augmentation de l'aisance, de l'instruction et de la moralité, un développement convenable du sentiment religieux, atténuent l'activité de plusieurs causes de la folie, comme la colère, la frayeur, l'amour-propre blessé, et tendent à restreindre le riombre des fous et des suicides.
Cette manière de diviser la question peut seule jeter quelque clarté sur un sujet qui a été le texte de bien des développements déclamatoires. Les faits que nous avons cités et que l'on a mis en avant relativement au peu de fréquence desaliénés en Orient, perderit toute leur valeur lorsqu'on songe à l'absence totale de documents statistiques dans les payspeu civilisés, aliénés vagabonds dont personne ne prend souci et dont il est impossible d'apprécier le nombre, surtouti pour des étrangers et des voyageurs. Si la proportion desr aliénés s'accroît à mesure qu'une nation devient plus civilisée, cet accroissement tient à ce qu'ils sont plus connus,, plus secourus, grâce au dévelopjDerrièrit ei au perfectionnement de l'assistance pubhque. C'esi fà, comme le dit M. Par-chappe, « un résultat, mais un résultat alorieux de la civihsation (2), » et ce qui le prouve, c'est que depuis quelquesannées, les asiles s'étant multipliés dans toutes ies parties dui pays, la proportion d'accroissement dans le nombre des allé-
(1) Recherches slaiialiques sur les causes de l'aliénation mentale, 1839 (Ann. méil.-psych., 1853, p. 319). ,
(2) Ann. mcd.-psycli., t. XVII, p. séance du 29 novembre 1852 de lai Société médico-psycliologique.
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nés tend à se restreindre ; c'est enfin que, d'après la statistique générale de France, il y a toujours dans une localité un rapport inverse entre le nombre des aliénés soignés à domicile et le nombre de ceux qui, confiés à des asiles, figurent seul^ habituellement dans les relevés officiels. J'ai la conviction qu'un jour viendra où les secours étant partout également répandus, l'équilibre sera rétabli etle nombre des aliénés ne croîtra plus que dans des proportions insignifiantes.
Il reste incontestable que le nombre proportionnel des aliénés est plus considérable dans les grands centres de population que dans les petites villes et dans les campagnes ; mais la cause de cette augmentation est bien cohIt piexe encore : dans les grandes villes, les excès sensuels sont plus communs et plus laciles, et je ne voudrais pas nier d'une manière absolue leur influence, mais qui ne sait qu'un aliéné inoffensif, un imbécile, qui peuvent, à la rigueur, vivre longtemps dans une campagne avant qu'un accident grave ne vienne attirer sur eux l'attention, sont bien vile signalés dans une grande ville et viennent grossir le chifl're de ceux qui sont renfermés? Combien de vieillards en démence, combien de faibles d'esprit sont amenés à Paris et abandonnés par leurs familles aux soins de la charité publique ! Enfin, il ne faut pas oublier que les grands centres de population, les capitales où réside une autorité, un souverain, offrent pour tous les aliénés une attraction particulière ; les hallucinés, les mononianiaques, les paralytiques se mettent en route des points les plus reculés de la France et viennent uniformément s'adresser au guichet des Tuileries pour quelque grave communication. De là, ils arrivent à Bicêtre ou à la Salpêtriére et contribuent bien à tort à grossir les statistiques des aliénations mentales développées au niilieu des villes.
Telles sont les considérations dont il faut tenir compte lorsqu'on veut se faire une idée exacte de cette question controversée.
iOO CAUSES PRÉDISPOSANTES GÉNÉRALES
Pour moi, je n'hésilc pas à admettre que raugmentation du nombre des aliénés avec les progrès de la civilisation est presque entièrement artificielle, qu'elle lient surtout aux progrès réalisés par l'assistance publique, et je ne doute pas, à l'exemple de M. Parchappe, que le résultat définilif d'une amélioration considérable de l'état social ne soit en définitive une diminution dans le nombre réel des aliénés.
2° Idées religieuses. — Les idées religieuses exagérées, coïncidant avec l'ignorance et la superstition, ont exercé de tout temps une notable influence sur le développement de la folie, et ont imprimé au délire un cacbet particulier. A toutes les époques et dans toutes les religions cette influence a été constatée : les pénitences absurdes des Hindous qui n'bésitent pas à se brûler vifs, à se tenir debout dans la même position jusqu'à ce que la mort arrive par inanition, à se couvrir entièrement de bouse de vache, à la laisser sécher et à se brûler avec elle, ces pénitences, dis-je, peuvent être comparées sans peine aux extravagances des Jeckers, des Barkers et de tant d'autres sectes du protestantisme. Le délire et les convulsions des sibylles et des pythonisses, les danses convulsives et l'agitation maniaque des prêtres de Cybèle, s'éloignent peu des épidémies choréiques du moyen âge et de toutes les extravagances des démonomaniaques, des mystiques et des illuminés. L'idée religieuse, quels que soient sa forme et son point de départ, peut donc aider au développement de la foHe, et on le comprend sans peine en songeant combien les moyens d'action qu'elle met en jeu peuvent remuer profondément les intelhgences, surtout lorsqu'il s'agit d'individus prédisposés. Bien que de nos jours le zèle religieux soit plus éclairé, cet élément étiologique possède encore une importance qui étonne. Sans tenir compte des faits isolés de délire religieux qu'on rencontre en grand nombre, dans certaines contrées, il se passe à peine une année sans qu'on ne voie survenir, tantôt en Suède, tantôt en Bretagne, tantôt
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en Savoie, quelque folie religieuse épidémique rappelant des fails d'un autre siècle par ses allures étranges et mystiques. ' Il n'est pas sans intérêt de savoir laquelle des deux grandes divisions du christianisme qui se partagent le monde civilisé, du catholicisme ou du protestantisme, prédispose le plus à l'aliénation mentale. D'après Ellis (1), il y aurait parmi les callioliques moins d'aliénés par suite de préoccupations rehgicuses. Et en effet, la doctrine catholique n'admet point de discussions : elle est donnée aux croyants qui l'acceptent sans examen et sans que l'esprit ait h méditer sur des sujets souvent abstraits, douteux et insaisissables. En Angleterre, au contraire, en Amérique et dans toutes les contrées protestantes, les dogmes religieux sont un sujet de libre examen et de discussions incessantes ; les sectes se multiplient, la liberté de la controverse excite les passions et entraîne toutes les forces de l'esprit dans une voie souvent périlleuse.
Quoi qu'il en soit de cette opinion d'Ellis, la science manque de documents positifs pour la solution de cette question : un seul fait d'observation pratique doit être regardé comme acquis, c'est que chez les proteslanls, les préoccupations religieuses portent en général sur des questions de controverse théologique, tandis que chez les catholiques la crainte d'une confession incomplète , le remords d'une mauvaise communion et des scrupules de conscience sont les idées qui prédominent au milieu du délire religieux.
3° Événements politiques. — On a attribué aux événements politiques une grande influence sur le développement de la folie; on a dit que chaque révolution, chaque bouleversement social, étaient signalés par un accroissement sensible dans le nombre desahénés. Rien ne justifie ce préjugé pourtant si répandu. Les moments de révolution n'exaltent et ne conduisent à la fohe que les individus déjà prédisposés et quiprobable-
(1) Loç. cit.. p. 99.
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ment seraient devenus aliénés à propos de toute autre cause ; la couleur du délire peut emprunter beaucoup aux idées politiques du jour, et c'est là sans doute ce qui a influé sur l'esprit des observateurs superficiels, mais en somme le nombre des aliénés n'augmente pas sensiblement pendant les périodes révolutionnaires. Pour le prouver, il suffit de jeter un coup d'œil sur le tableau suivant, emprunté à la statistique générale des établissements d'aliénés, et qui résume l'état de la population des asiles de France de 1847 à J 85/1.