AGENTS PHARMACEUTIQUES
deux modes dilTérenls, à doses modérées, à doses très élevées. A doses modérées, l'opium est indiqué chez les sujets débilités, impressionnables, chez lesquels dominent l'insomnie et une grande mobilité nerveuse, et qui sont tombés malades à la suite de travaux intellectuels excessifs ou de préoccupations longtemps prolongées ayant amené peu à peu l'épuisement du système nerveux. En donnant chaque jour 8 à 12 centigrammes d'extrait thébaïque par pilules de 2 centig. prises toutes les deux heures, on arrive à ramener le sommeil, à tonitier le système nerveux, tout en diminuant sa sensibilité. La circulation se ranime, l'appétit reparaît; il y a plus d'activité et de lucidité dans les conceptions, de suite et d'animation dans les actes. Engelken a le premier proclamé les avantages de l'opium donné ainsi à doses réfractées, et Guislain en a précisé les indications (1). .l'ai expérimenté moi-même les avantages de cette méthode, tout en reconnaissant, comme on l'avait fait déjà, qu'elle est nuisible toutes les fois qu'il y a céphalalgie, rougeur de la figure et tendance aux congestions.
A doses élevées, l'opium elles narcotiques agissent d'une façon toute différente, et en substituant pour ainsi dire un délire artihciel au délire primitif. M. Michéa(2). quia employé avec une grande hardiesse la médication stupéllante dans le traitement de la folie, élève graduellement les doses jusqu'à ce qu'il survienne des phénomènes psychiques d'intoxication, car la guérison ou l'améhoralion ne surviennent en général que dans ces conditions. Dès qu'on voit le déhre redoubler ou tendre à se généraliser, il faut suspendre l'emploi du remède, sauf à y revenir ultérieurement, si l'influence favorable de l'intoxication n'a point eu Heu du premier coup.
(1) Leçons sur les phrénopalhies, t. III, p. 134.
(2) Recherches expérimenlales sur l'emploi comparé des principaux agents âela médication slupéfiante dans le traitemenl de raliénation mentale. Paris,