TRAITEMENT DES HALLUCINATIONS
Les courants éleclriques, et surtout le courant voltaïque continu (1), permanent, agissent non-seulement sur l'appareil scnsorial, mais encore sur la masse encéphalique ellemême. On a fait récemment, à l'aide de cet agent thérapeutique, des expériences trop peu nombreuses encore pour être concluantes.
M. Moreau, se fondant sur l'action spéciale exercée sur le système nerveux par les solanées vireuses, et notamment par le datura stramonium, pensa que cette substance pouvait agir chez des hallucinés par une véritable action substitutive; il l'a employée ch^z eux à l'état d'extrait, tantôt à dose modérée et successivement croissante, en commençant par 10 centigrammes matin et soir et augmentant chaque jour la dose de 5 centigrammes, tantôt à dose plus élevée (25 centigrammes par jour en une seule dose), tantôt enfin à dose très forte ou perturbatrice (50 centigrammes en un seul jour). Cette médication détermine un redoublement dans l'agitation, ou même de véritables symptômes d'intoxication, dilatation des pupilles, sécheresse et constriction à la gorge, étourdisseraents, troubles de la vue, état demicomateux; mais bientôt ces phénomènes se dissipent et laissent après eux un calme inaccoutumé. Sur dix hallucinés traités de cette façon, sept ont guéri dans un espace de temps qui a varié entre un et quatre mois; les trois autres ■ n'ont éprouvé qu'une améhoralion passagère. En somme, cette médication paraît réellement utile, dans les cas surtout où les hallucinations sont primitives et constituent le fait le plus saillant du délire (2).
(1) Baillarger, Archives cliniques dos maladies mentales el nerveuses, février 1861, p. 90.
(2) Mémoire sur le traiteinenl des hdllucinaiions par le dalura slramoiuuin. Paris, 1841.