TRAITEMENT DES HALLUCINATIONS
noménes qui se transforment et s'accommodent aux idées délirantes du malade; c'est un lombric, une grenouille, une vipère dont ils sentent les mouvements et les morsures, qui se transporte tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, ne leur laisse ni paix ni trêve et absorbe toute leur activité intellectuelle.
Lorsque le point de déi)art de l'illusion est une affection douloureuse accessible aux moyens thérapeutiques, -il y a là une indication à remplir, car il peut arriver que la cause première une fois enlevée, l'affection sympathique disparaisse à son tour; mais il ne faut jamais oublier que les douleurs des hypochondriaques sont bien souvent de véritables hallucinations survenant en dehors de tout malaise i réel.
§ 4. — Traitement des hallucinations et des llluMion».
Le traitement des hallucinations et des illusions n'est pas i autre que celui de la maladie mentale à laquelle elles se j trouvent surajoutées; aussi nous nous bornerons à dire un mot des cas où l'hallucination, se dégageant de tous les autres symptômes, constitue le phénomène le plus saillant de la | folie et nécessite des moyens thérapeutiques spéciaux. |
On a va (}uelquefois un repos moral absolu, la fréquen- [ talion de la société, des distractions capables de détourner et d'absorber l'attention des malades, diminuer ou même ! faire disparaître des hallucinations très fatigantes. Il en est de même du cbangement de milieu, de la position dans ; un lieu éclairé, parfois même du raisonnemeni, lorsque ; le malade est assez calme pour bien saisir la portée des explications qui lui sont données sur la nature des sensations qu'il éprouve; en cherchant à faire rectifier par un sens l'erreur d'un autre sens, on peut jeter des doutes dans l'esprit d'un halluciné et le préparer à la guérison.
Enfin une émotion violente de joie ou de terreur a pu mettre lin brusquement à des hallucinations datant déjà
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d'une époque éloignée ; mais c'est là un moyen dangereux dont il est impossible de calculer toute la portée.
A côté de ces agents moraux de traitement, il faut signaler quelques agents physiques qui, bien choisis et bien adaptés à certaines indications, rendent d'incontestables services.
Chez les sujets pléthoriques, dont les hallucinations sont la conséquence d'un état congestif du cerveau, des émissions sanguines, pratiquées avec mesure, amènent une amélioration très rapide. Tel était le cas si connu de l'académicien Nicolaï, qui, sujet à des congestions sanguines et ayant négligé de se faire saignei-, se vit assailli de fantômes de toute espèce. Une émission sanguine lui rendit le repos. Parfois, au contraire, ainsi que nous l'avons établi plus ihaut, les hallucinations dépendent d'un état anémique et disparaissent sous l'influence d'un traitement tonique et ferrugineux, tantil est vrai que le traitement de la folie repose avant tout sur la considération de l'état général des sujets.
Dans les cas où les hallucinations ne se lient -à aucune maladie générale et résistent .aux agenls moraux, on a essayé d'agir directement Sur l'encéphale et sur les appareils sensoriaux. C'est ainsi qu'en fermant les yeux du malade on a pu quelquefois faire disparaître- d'es hallucinations de la vue. En bouchant les oreilles, en- introduisant dans le conduit auditif certains narcotiques, comme le laudanum (1), l'huile de jusquiame, j'ai pu atténuer momentanément des hallucinations de l'ouïè; de même, un vomitif, un purgatif, chez les ahénés offrant de l'embarras gastrique, font cesser des illusions et des hallucinations du goût qui ies portaient à refuser tout ahment; maisce que nous savons de la physiologie des hallucinations et de leur point de iépart purement cérébral, fait pressentir combien une semblable application thérapeutique est limitée.
(1) Foville, Dict. deméd.el de chir. pratiques, art. Hallucination.