CHAPITRE VIII
DES PALPITATIONS
On entend par le mot 'palpitation un désordre du cœur dans lequel le malade perçoit d’une manière pénible les battements de cet organe, qu’il ne sent pas ou presque pas dans l’état de santé. La perception intérieure distingue ce malaise des autres signes du trouble de la circulation, et particulièrement des impulsions trop fortes qui appartiennent aux hypertrophies communes du cœur.
Dans cette dernière maladie, l’impression trop forte transmet les battements dans toute la région précor-
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diale, avec plus ou moins de violence, quoiqu’il puisse n’être pas senti au dedans par le malade. Pendant les palpitations, au contraire, le battement du cœur est senti au dedans , quoique la pulsation sensible au dehors puisse être extrêmement faible.
Les palpitations sont un des symptômes les plus communs des maladies nerveuses. 11 est peu de sujets, atteints de quelqu’une des affections générales dont nous avons fait l’histoire , qui n’aient ressenti des palpitations plus ou moins vives , dans un moment ou dans l’autre; il arrive même assez souvent que les palpitations constituent le symptôme dominant dans l’état nerveux, quel qu’il soit, que le médecin observe. Fautil ajouter que les pulsations sont bien plus souvent un simple phénomène nerveux qu’une conséquence de désordre matériel dans l’organe central de la circulation? Que beaucoup de ces derniers désordres ne comportent presque jamais de palpitations? Ce sont des faits dont l’observation clinique prouve chaque jour la vérité. 11 est impossible de parler de maladies nerveuses, sans mentionner à part les palpitations qui en sont un des apanages ordinaires.
Pour être d’ailleurs complètement édifié sur la qualification de nerveuses propre à * ces palpitations , il suffit de se rendre compte des conditions dans lesquelles elles se développent. Nous les trouverons en effet pour la plupart dans l’ordre de celles dont nous nous occupons ici.
Les palpitations se font remarquer dans Y anhémie quand le sang manque pour la respiration et la circulation, et que le système nerveux prend une prédominance exagérée dans le jeu de l’organisme; dans la chlorose , quand le sang, plus ou moins abondant, est plus ou moins dépourvu de l’un de ses éléments principaux, le fer, et laisse au système nerveux un empire
désordonné. Tous les états nerveux sont féconds en palpitations. Ceux qu’amène Page , à l’époque de la puberté, au temps de retour, ceux qui résultent des vives et longues affections morales, d’un travail ou d’un exercice trop violent ou trop longtemps soutenu , ceux que déterminent les longs désordres, même les plus organiques , sont à chaque instant manifestés entr’ autre s symptômes, par des palpitations plus ou moins pénibles et réitérés. Enfin les affections hystériques et hypocondriaques s’accompagnent à chaque instant de palpitations, avec ou sans étouffements, avec ou sans tendance à la lipothymie. Cette énumération des conditions les plus communes dans lesquelles ce désordre se manifeste, suffit pour faire voir combien il doit être fréquent, non pas que tous ces troubles de l’organisme soient nécessairement accompagnés de palpitations , mais parce qu’il est vrai qu elles se montrent fréquemment dans chacun d'eux, et que peu de malades ont passé par là sans en avoir souffert. Toutes ces affections sont si ordinaires parmi l’espèce humaine qu’on pourrait conclure naturellement et a priori que les palpitations sont un des symptômes nerveux les plus communs; l’expérience confirme incessamment cette déduction.
Il y a une espèce particulière de palpitation nerveuse contre laquelle le praticien a besoin d’être mis en garde. Elle survient quand on met quelques sangsues aux environs du cœur. Lorsqu’on emploie ce moyen soit contre quelques pleurodynies, et même dans des pleurésies ou des péricardites, soit contre des maladies du sein chez les femmes , on ne doit point être étonné de voir arriver des palpitations plus ou moins violentes; c’est un fait assez ordinaire.
Ces palpitations sont heureusement plus incommodes que dangereuses. Elles forment, parmi les dérange-
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ments de la santé, une classe à part. Je crois qu elles dépendent du trouble de la circulation, plutôt que d’une origine essentiellement nerveuse.
Diagnostic. Les symptômes auxquels on reconnaît les palpitations nerveuses sont les suivants :
Le malade sent, à la région précordiale et profondément, des battements de cœur, accompagnés d’un certain sentiment de défaillance et de dyspnée; ces battements de cœur correspondent aux pulsations des artères; ils soulèvent quelquefois vivement la paroi extérieure du thorax dans un point limité; d’autres fois, ils sont à peine perceptibles au dehors ; tantôt ils se font sentir ou voir jusque sur le trajet des grosses artères, tantôt au contraire ils ne se décèlent qu’à peine vers les mêmes régions. Si on applique la main sur la région du cœur, on sent qu’elle est frappée ; mais on juge en même temps par la sensation que le choc n’est pas donné par un corps lourd et solide; ce choc a plus de force que de consistance, plus de violence que de force, pins de brusquerie que de violence. Quand on applique l’oreille sur la même région, la perception auditive confirmera les sensations et les jugements de la perception tactile. Les chocs, les bruits du cœur donneront les mêmes éléments de diagnostic que l’impulsion totale de cet organe avait fournis à la main. Les bruits du cœur seront vifs, brusques, sonores; mais ils ne feront pas naître l’idée d’une véritable force, d’une grande solidité, de l’application d’une puissance soutenue.
Les pulsations artérielles interrogées donneront des renseignements d’accord avec ceux du cœur. Le pouls sera vif, vite, inégal, brusque et souvent irrégulier, mais il ne se trouvera pas nécessairement fort, consistant, dur. L’observateur jugera sans peine que 1 impulsion sanguine aura été active en partant du centre, et il
pensera en même temps que la vivacité inégale du pouls est tout à fait indépendante de la masse du liquide remué, de la résistance des artères ; en un mot, que la qualité du pouls sous le rapport de la force, de la résistance et de la dureté, ou au contraire de la petitesse, delà mollesse et du resserrement, sont entièrement distincts des phénomènes qui ont eu lieu au point de départ.
Tous les autres symptômes correspondront parallèle» ment à l’état du cœur et du pouls. La respiration sera gênée, précipitée souvent, suspirieuse quelquefois , mais sans trouble plus grave; les fonctions cérébrales, digestives, seront momentanément troublées, mais d’une manière fugace, et en général sans conséquence sérieuse.
Il faut noter pourtant que la digestion stomacale en est quelquefois dérangée; et quand les palpitations se prolongent trop longtemps, elles amènent presque toujours un état notable de dyspepsie, avec toutes les conséquences nerveuses qui en résultent.
Les forces musculaires seront enchaînées par le trouble du cœur, par la gêne de la respiration, mais pas autrement; elles se retrouveront bientôt après, telles qu elles étaient auparavant.
Ces palpitations, d ailleurs, présenteront toute Finstabilité des affections nerveuses. Elles débuteront brusquement, dureront plus ou moins, et disparaîtront comme elles sont venues. Elles se feront sentir à des intervalles plus ou moins longs ou rapprochés, avec ou sans cause physiologique; quelquefois en plein repos, le plus souvent aussitôt qu’on aura voulu prendre quelque exercice, marcher vite, courir, ou monter; elles pourront se suspendre absolument pendant des espaces de temps assez longs, et d’autres fois se renouveler avec une excessive fréquence et pour la moindre cause; elles se soutiendront autant qu’existera la condition orga-
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nique, âge, maladie, qui leur donnera lieu, et pourront disparaître avec elle, même pour ne plus revenir. Elles n’auront aucune marche régulière ni dans leurs retours momentanés, ni dans leur ensemble comme maladie.
Tous ces caractères les distingueront parfaitement des palpitations d’une nature différente. Celles qui résultent d’une hypertrophie du cœur seraient reconnaissables au volume de l’organe constaté par la percussion, à la puissance des impulsions, à la matité du choc, à l’étendue dans laquelle il se fait sentir, à la continuité de l’hypertrophie organique, et de tous les désordres fonctionnels qui en sont la conséquence. Celles que provoqueraient des dérangements, des productions accidentelles vers les orifices, se reconnaîtraient aux bruits de souffle , de scie ou de râpe qui s’entendraient aux points correspondants et un peu au dessous du mamelon gauche pour l’orifice ventriculo-aortique ; un peu plus bas et plus près du sternum pour l’orifice ventriculo-pulmonaire; vers la pointe du cœur et vers le milieu de cet organe pour les orifices auriculo-ventriculaires. On distinguerait ces bruits de souffle , même dans le cœur, de certains bruits chlorotiques qui s’y font quelquefois entendre pendant les palpitations, parce que le maximum d’intensité des bruits de souffle organiques se trouverait aux orifices altérés,* tandis que pour les chlorotiques le maximum irait en croissant du cœur à l’aorte, de l’aorte aux carotides et surtout à la carotide droite; parce que les sujets chlorotiques ont presque tous, en certaines parties du visage, autour du nez et de la bouche une couleur d’un gris verdâtre qui ne trompe guère; et surtout parce que la marche et l’inégalité des palpitations de la chlorose, en même temps que l’absence d’hypertrophie du cœur, différencient énormément ces souffles de tous ceux qu’il faut rapporter aux désordres organiques.
T. II
Avec ces conditions ordinairement faciles à rassembler, il me semble bien difficile de confondre les palpitations nerveuses avec celles des hypertrophies ou des altérations valvulaires du cœur; que ces altérations valvulaires soient de simples déformations, ou des déformations avec insuffisance, et quelle que soit la théorie que l’on admette sur les bruits qui correspondent à ces variétés.
Il me paraît aussi aisé de les distinguer des palpitations qui accompagnent Y endocardite ou la péricardite.
Dans le premier cas, le bruit de souffle est au maximum vers le milieu du cœur ou vers les orifices ventriculaires; les battements du cœur sont plus sourds, plus précipités, plus réguliers; il y a de la fièvre ; on a, dans les antécédents, dans les circonstances concomitantes, des raisons de surveiller une endocardite y les bruits de souffle sont constants et égaux. — Dans les palpitations nerveuses, au contraire, ils forment une sorte d’exception ; l’endocardite ne donne guère de palpitations, à proprement parler.
S’il y a péricardite , elle est aiguë ou chronique. Aiguë, elle produit une douleur locale assez intense, quand on percute la région précordiale ; elle rend le pouls petit, serré, inégal; il y a de la fièvre; puis la matité précordiale augmente d’intensité et d’étendue; on entend en cette région d’abord un frottement superficiel, puis un véritable éloignement, une diminution des bruits du cœur. Le malade se plaint d’une douleur vers le bas du sternum. L'impression éprouvée par l observateur ne correspond pas du tout à la palpitation dont le malade se plaint; et l’étouffement est beaucoup plus pénible et plus profond que dans les palpitations nerveuses.
Si la péricardite est chronique, elle peut être accom-
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pagnée ou d’adhérence des deux feuillets du péricarde dans une plus ou moins grande étendue; ou d'un épanchement dans l’intérieur de ce sac. Dans le premier cas, il y a quelquefois un bruit de frottement trèsintense et superficiel; plus souvent absence de phénomènes locaux; dans le second cas, l’étendue de la matité, la profondeur et le peu de sonorité des bruits du cœur et la mollesse de l’impulsion; dans les deux cas, la petitesse des pulsations artérielles, et surtout la chronicité et la constance du malaise, permettent souvent de distinguer l’affection matérielle des palpitations nerveuses. Enfin on peut encore ajouter à cela, tous les autres signes généraux, et l’histoire du malade, et la connaissance de ses antécédents, et celle de la cause de la palpitation. Avec toutes ces données, il me semble impossible de confondre aucune de ces affections avec les palpitations dont nous parlons ici.
Les signes plessimétriques et stéthoscopiques1, en dehors meme de tous ceux que fourniraient en masse les désordres fonctionnels, me paraissent capables de distinguer nettement encore les palpitations nerveuses de celles que provoqueraient des maladies capables d’influencer gravement la respiration et secondairement la circulation. Telles seraient, par exemple, les maladies des poumons ou des plèvres, surtout du côté gauche. Je n’en parle donc que pour mémoire.
J’ai insisté sur ce diagnostic, parce qu’il est d’une haute importance, pour tout ce qui concerne le pronostic et la thérapeutique de ces maladies.
Pronostic. — Il y a en effet, sous le premier rapport, celui du pronostic, une très-grande différence entre les palpitations nerveuses et celles qui dérivent de toutes
1 Andry, Manuel pratique de percussion et d’ auscultation, 18 tâ, \ vol. gr. in-18.
les sources que nous leur avons comparées. Autant ces dernières sont graves et impitoyables, autant les premières sont simples et pour ainsi dire bénignes. Elles sont incommodes toujours ; elles ont quelquefois l’opiniâtreté, la longévité des états nerveux généraux dont elles émanent; mais elles ne compromettent jamais la vie. Nous pouvons encore ajouter qu’elles se guérissent souvent, tandis que l’incurabilité de presque toutes les autres est, pour ainsi dire, devenue proverbiale.
Traitement. — La thérapeutique des palpitations nerveuses offre une double source d’indications; celle de la cause qui y donne lieu, et celle du symptôme nerveux considéré en soi-même.
La première de ces sources d’indications se trouve dans l’histoire que nous avons rappelée des conditions ordinaires au milieu desquelles naissent les palpitations. Anhémie , chlorose , état nerveux , affections morales , hystérie, hypocondrie , ce sont toutes maladies nerveuses avec lesquelles nous avons déjà fait connaissance. C’est à elles qu’il faut s’adresser pour couper le mal dans sa racine, toutes les fois que des palpitations se présenteront sous l’influence de quelques-uns de ces états généraux. Nous n’avons donc ici rien à dire de plus que ce que nous en avons déjà exposé, et nous y renvoyons, en insistant seulement pour faire remarquer qu’à ce point de vue la thérapeutique des palpitations nerveuses devra varier suivant les espèces.
Quant aux palpitations artificielles, pour ainsi dire, qui suivent assez souvent les applications de sangsues aux environs du cœur, le traitement en est assez simple. Si le sujet est chlorotique, anhémié, névropathique, on n’aura pas à faire autre chose que si les palpitations étaient survenues sans application de sangsues; elles guériront plus vite qu elles ne le feraient, si elles avaient été une conséquence normale du développement de la
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maladie générale. Si au contraire on a affaire à une personne sanguine ou du moins capable d’une certaine résistance, on fera une saignée du bras de une ou deux palettes, et les palpitations céderont comme par enchantement. J’ai observé ce résultat nombre de fois, surtout parmi les malades traitées par Lisfranc, quand il s’agissait de diminuer par quelques applications locales de sangsues, la douleur, la dureté, la sensibilité ou le volume de tumeurs du sein, qui faisaient craindre pour l’avenir une dégénérescence dangereuse.
Au point de vue des palpitations elles-mêmes, de quelqu’origine qu’elles soient issues, nous ne sommes pas non plus dépourvus de ressources spéciales. La matière médicale nous fournit trois agents principaux, qui diminuent l’intensité et l’irrégularité des battements du cœur; c’est le nitre à haute dose , Y acétate de plomb ^ et la feuille de digitale pourprée . Le nitre à haute dose est rarement bien supporté^ surtout par les sujets nerveux; on ne peut guère leur en faire avaler en vingt-quatre heures plus de un , deux ou trois grammes. C’est un agent infidèle, et auquel j’ai renoncé sans regret, sous le rapport des accidents qui nous occupent. Quand je l’emploie ainsi, c’est plutôt comme auxiliaire et à la dose de quelques décigrammes dans les boissons. J’en dirai presque autant de Y acétate de plomb . J’ai très-rarement observé son effet sédatif sur la circulation ; le ralentissement du pouls, rencontré chez quelques malades empoisonnés par le plomb, outre qu’il n’est pas très-constant, me semblerait un détestable argument en faveur de l’acétate de plomb. J’aimerais mille fois mieux conserver des palpitations nerveuses que d’en être guéri à ce prix. A petites doses, le sel dont je parle ne m’a jamais satisfait, et j’y ai renoncé complètement.
Je parlerai bien différemment de la digitale pourprée, soit qu’on l’emploie en teinture, pour faire des frictions
sur la région précordiale, en pondre pour la faire avaler à doses de 10 ou 20 centigrammes chaque jour, ou même sous forme de digitaline comme MM. Homolle et Quevenne l’ont extraite et conseillée à doses de un, deux, trois milligrammes chaque jour. Elle diminue manifestement le nombre des pulsations, donne aux mouvements du cœur plus de régularité et de lenteur, et par conséquent lutte directement contre les palpitations. Je me sers donc, dans les cas qui nous occupent, d’une de ces trois préparations et j’emploie très- rarement les extraits qui m’ont en général semblé peu sûrs dans leurs effets. Je me borne à choisir dans les trois formesindiquées plus haut. Je les préfère suivant les cas dans l’ordre que j’ai mis à les faire connaître ; la première, pour les sujets éminemment nerveux et dont je ne veux troubler ni l’estomac, ni le cerveau ; la seconde, là où la première n’a pas suffi; la troisième, quand les palpitations demandent un remède plus énergique. J’aime mieux employer de cette manière des préparations d’une activité croissante, que de forcer les doses de la digitale.
En général je me tiens, et je recommande aux médecins avec la plus vive instance de se tenir à des quantités très-faibles de la préparation qu ils auront à employer; la digitale est une plante perfide, quand on ne la connaît pas, et qui après une apparente innocuité de plusieurs jours, montre quelquefois tout à coup une énergie redoutable. J’en use avec la plus grande précaution, et en observant très-attentivement ce qui se passe. Au moindre signe, je suspends complètement l’administration de ce moyen, parce que j ai vu quelquefois, quand on continuait, survenir des accidents redoutait es. Je commence par quelques grammes de teinture alcoolique en friction, par quelques centigrammes de poudre, par un milligramme de digitaline, et j’augmente lentement surtout chez les sujets très-nerveux. Ce n’est
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que quand je les connais bien, que j’en viens aux doses moyennes indiquées plus haut, et je m’arrête immédiatement, aussitôt que quelques fantômes passent devant les yeux, que quelques vertiges se font sentir, ou que l’estomac éprouve la moindre impression de nausée ou même de plénitude. Avant que les choses en soient venues là, l’effet sédatif de la digitale sur le cœur a été produit ; il augmenterait peut-être en allant plus loin ou en continuant; mais ce ne serait pas sans danger pour le malade.
Je n’emploie pas d’ailleurs toujours la digitale avec ses préparations, à l’état d’isolement ; non-seulement j’en combine l’usage avec celui des moyens généraux réclamés par la cause générale du mal; mais encore je l’unis, quand l’occasion me paraît appropriée, avec les autres agents narcotiques ou stupéfiants, tels que l’opium, l’extrait debelladone, de jusquiameou d’aconit. D’ailleurs ces additions ne sont pas souvent nécessaires, et je les évite autant que je puis, à cause de leurs résultats fâcheux sur les organes digestifs qu’on a si souvent intérêt à maintenir dans toute leur activité.