CHAPITRE VIL
DU HOQUET
Définition. — Le hoquet, que Roebraave regardait comme une affection de l’estomac, et que les modernes attribuent plus justement, avec Haller, aux organes respiratoires, est une des affections nerveuses les plus ordinaires dans les conditions communes de la vie. A chaque instant elle se montre chez les enfants et chez les jeunes adultes ; elle coïncide souvent dans tous les âges avec la meilleure santé. Le hoquet consiste en une sorte de gloussement involontaire qui s’interpose brusquement au travers de la respiration , et la rend à la fois incomplète et pénible. Entre les temps divers qui constituent cette fonction, le hoquet se place ordinairement dans l'expiration , soit dans l'expiration simple ordinaire, soit dans l’expiration prolongée et parlée. C’est de cette manière qu’il introduit le désordre dans les fonctions respiratoires. Quand il devient trop fréquent il empêche ainsi l’expulsion de l’air de s’achever com-
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plétement, et il provoque une accélération contre-nature des mouvements du thorax et du diaphragme. Outre ce dérangement de la respiration, le hoquet a encore pour effet commun de couper convulsivement les mots et les phrases qu’on est en train de prononcer, d’empêcher la déglutition des liquides et des solides, s’il se prolonge beaucoup; même dans les conditions les meilleures, il laisse un sentiment de fatigue douloureuse à la base de la poitrine, surtout vers les hypochondres.
Symptômes. — La personne qui est prise du hoquet sent vers la gorge, à la région de la glotte et du larynx, une sorte de gêne comparable en ces parties à ce qu’on éprouve un peu plus haut et vers les fosses nazales au moment d’éternuer. En même temps, on a conscience d’une disposition toute particulière, depuis la glotte jusque vers la région du diaphragme ; puis cette sensation augmente d’intensité, et, à un instant donné, toutes ces parties, diaphragme, muscles intercostaux de la base de la poitrine et muscles de la glotte, se contractent convulsivement; une expulsion d’air bruyante et rapide se fait involontairement. Une sorte de calme succède au hoquet, puis les phénomènes recommencent avec plus ou moins de rapidité et d’intensité, suivant les cas.
Causes. — Les causes du hoquet ordinaire sont en général assez faciles à reconnaître. Les pleurs des petits enfants se terminent très-souvent en hoquet. Même chez les adultes, il suffit, pour provoquer le hoquet, qu’on boive trop précipitamment, qu’on avale quelque bouchée solide trop volumineuse ou trop tôt ingérée, après une bouchée semblable, qu’on soit pris en buvant d’un rire brusque et involontaire, ou qu’on ne mouille pas assez vite par la boisson un bol alimentaire solide, ingéré et marchant trop lentement dans l’œsophage. Le hoquet se déclare instantanément dans T. ii. 13
toutes ces conditions, et, une fois commencé, continue plus ou moins longtemps. Ordinairement il se soutient à peine quelques heures.
Tel est celui qu’on observe à chaque instant chez les jeunes sujets un peu nerveux, et qui se montre, pour ainsi dire, habituellement chez quelques personnes. Alors il n’entraîne aucune conséquence fâcheuse. Il devient incommode, s’il se prolonge un peu, et s’il se répète assez souvent pour gêner la respiration, la déglutition ou la parole; mais il ne présente aucun danger ni pour le moment présent, ni même en perspective.
Traitement. — Les soins les plus simples suffisent pour le dissiper. Les gens même du monde savent conseiller aux personnes tourmentées de ce hoquet toutes sortes de moyens simples qui suffisent pour le soulager ou le guérir. Tels sont : une surprise qui distrait brusquement l’attention au moment où le hoquet devrait revenir, une vive excitation de l'esprit provoquée à propos, une distraction causée par un procédé quelconque, une prolongation et une lenteur forcée de l’inspiration, une longue suspension de la respiration, une boisson avalée lentement, ou même une ferme volonté de régulariser les mouvements complets de tout le thorax. Ces précautions, aidées de quelques boissons froides et un peu calmantes bues méthodiquement, suffisent presque toujours pour faire disparaître le petit mal dont nous nous occupons.
Celui-là vient, pour ainsi dire, par bouffées, chez quelques personnes, et pendant le jeune âge ; il ne présente aucune gravité.
Variétés. — Mais il n’en est pas de même de tous les hoquets que nous présente l’observation des malades. Comme je dois me borner à traiter ici, pour ainsi dire exclusivement, du hoquet qu’on pourrait appeler essentiel, je rappellerai seulement toutes les occasions sé-
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rieuses, où cette anomalie de fonctions se montre comme symptôme nerveux, et quelquefois complication grave de maladies sérieuses, qui remuent le plus profondément toutes les fonctions importantes de l’économie. Les médecins sont à chaque instant en présence du désordre menaçant que je viens d'indiquer. Aucun n’ignore combien les affections graves du péricarde, de la plèvre ou du péritoine diaphragmatique, combien les affections générales, comme le choléra, la fièvre dite typhoïde, les affections locales du centre nerveux, certaines cérébrites, et certaines méningites de la base du cerveau ou de la partie supérieure de la moelle allongée, peuvent donner de gravité à ce symptôme. Je pense bien que, même dans ces cas, c’est encore une affection nerveuse qui tourmente le malade; mais cette affection nerveuse est subordonnée à des lésions organiques qu’il faut d’abord traiter; les indications propres au hoquet ne sont plus que des accessoires ; on les traite bien comme quand le hoquet est essentiel; mais surtout sans perdre de vue les indications dominantes résultant de la présence de l'ennemi qui commande évidemment à tous les désordres. Dans ces variétés graves du hoquet, qui sortent évidemment de notre cadre, ce serait perdre son temps que de sacrifier, au nouveau trouble nerveux qui se présente, des indications beaucoup plus précieuses et plus pressées. Le mal principal enrayé , on s'occupe enfin à calmer, s’il persiste, le hoquet qui pourrait devenir une gêne et une douleur sérieuse.
Dans ces occasions, je me suis souvent bien trouvé de profiter des exutoires employés pour combattre L affection primitive, et d’appliquer par leur moyen sur le derme des doses modérées de sel de morphine. Je m’en suis généralement applaudi, et je conseille aux médecins d’y recourir aussi, toutes les fois qu’ils n’auront pas à craindre, pour l’encéphale, faction de cet agent stupé-
liant. S’il faut ménager avec soin le cerveau et ses annexes, ou s’il y a lieu de craindre le narcotisme, on accommodera aux indications de la maladie principale l’usage bien entendu du froid , des antispasmodiques, des stimulants diffusibles, etc.
Mais en dehors de ces hoquets symptomatiques et de ceux plus fugaces dont j’ai parlé en commençant ce chapitre, il y a une variété de hoquet qui mérite une attention sérieuse. Je veux parler de celui qu’on pourrait à bon droit nommer hystérique .
Celui-ci prend quelquefois une intensité effrayante et si l’on n’y porte remède, peut finir par devenir une espèce d’habitude fatiguante à l’excès, ou même donner ouverture à des accidents mortels. Dans ces faits exceptionnels, le hoquet devient quelque chose d’excessivement grave par les douleurs qu’il cause, par la gêne de la respiration, par l’impossibilité de la déglutition et du sommeil qui en deviennent la conséquence forcée. Les choses se passent alors comme s’il y avait une véritable chorée du diaphragme et des muscles de la glotte, et la maladie devient un supplice prolongé auquel on ne sait comment se soustraire.
Je n’oublierai jamais une jeune fille hystérique entrée dans mon service pour un hoquet de cette espèce. Elle avait à peine quelques rares intervalles d’une demiheure ou d’une heure de repos, et la plus grande partie de sa journée et de ses nuits était tourmentée par un hocquet, qui lui arrachait des cris presque incessants. Tous les moyens que j’ai pu employer ne sont parvenus qu’à la soulager momentanément. Puis, au bout de quelques heures, le hoquet la reprenait avec une nouvelle violence. Après plusieurs semaines de traitement, dans lequel je n’avais obtenu que des succès palliatifs, la malade, qui s’ennuyait, voulut rentrer dans sa famille, et j’ai su depuis qu’une affection aigüe des
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poumons était venue mettre fin au bout de quelque temps à cette longue souffrance et à la vie.
J’ai vu ailleurs, mais chez cette malade en particulier, ce hoquet alterner avec d’autres affections de forme tout à fait hystérique, des paralysies du sentiment et du mouvement, des paraplégies de courte durée. Quelquefois même le hoquet s’est montré en même temps que les autres symptômes de cette fâcheuse maladie. Dans ces occasions , le hoquet tourmente beaucoup, comme on le conçoit, les malades, et dure fort longtemps. Ici j’ai pu l’observer pendant plusieurs semaines. On en trouve dans les auteurs1 de curieux exemples qui ont duré pendant des années.
En pareille occurrence, on comprend toute la nécessité qu’il y a de tenir la main avant tout et par- dessus tout au traitement de l’affection générale ; mais en même temps il ne faut pas négliger les moyens locaux de soulagement.
C’est le cas, par exemple, de chercher, suivant les instants, à utiliser les moyens simples dont j’ai parlé au commencement de ce chapitre, et quand ils n’ont pas réussi de passer outre et de recourir aux potions éthérées auxquelles on a donné par excellence le nom à" antispasmodiques aux applications de chloroforme sur le creux de l’estomac, aux inspirations du même agent, et quelquefois de l’ammoniaque pure.
M. Raige Delorme2 raconte la guérison d’un hoquet par l’usage de l’acide sulfurique. Ce hoquet avait résisté treize mois aux opiacés, aux antispasmodiques, aux topiques, à l’acétate de morphine par la méthode endermique , aux ventouses sèches et scarifiées, aux
1 Journal des progrès et institutions médicales , 1829, t. XVIII, p.208. — Archives de médecine , 1827, t. XIII, p. 418. — Omodei, Annales de médecine , t. IV. — James, Dictionnaire de médecine , art. Singultus.
2 Dictionnaire cle Médecine en 30 vol., t. XV, p. 390.
vésicatoires. Le médecin prescrivit l’acide sulfurique à la dose de 4 gram. dans 500 gram. d’eau, à prendre par trois cuillerées toutes les trois heures. La moitié de cette dose suffit pour faire disparaître ce hoquet.
Malheureusement Fauteur ne s’explique pas sur la nature de ce hoquet. En désespoir de cause, je recourrais au même moyen, s’il n’y avait pas de contre-indication formelle, et si j’avais échoué par tous les autres moyens raisonnablement employés. Je l’essaierais par exemple plus volontiers que le remède suivant d’origine chirurgicale.
Dans des cas de hoquet très-opiniâtre et très-violent, Dupuytren conseille d’employer l’usage du fer rouge. Cette pratique, qu’excuse seule la gravité de certains hocquets , même purement nerveux, a été dans ses mains quelquefois couronnée de succès.
Voici comment M. Bigot a raconté ces faits dans la Clinique des Hôpitaux , t. 1, n° 92.
Observation. — Uneblanchisseuse, âgée de trente-deux ans, d’un tempérament nerveux et sanguin, également susceptible au moral et au physique, ayant toujours été d’une santé chancelante et très-irrégulièrement menstruée, après avoir éprouvé de violents chagrins, fut prise subitement de hoquets très-forts et très-multipliés, qui duraient presque toute la journée, et cependant disparaissaient quelquefois pendant plusieurs heures de suite. Ils cessaient lors du sommeil, mais pendant la veille ils étaient généralement exaspérés lorsque la malade se livrait à des occupations pénibles... Dupuytren reconnaissant un affaiblissement considérable de la sensibilité nerveuse dans la partie qui était le siège du mal , prit le parti de le combattre par les toniques les plus énergiques, et le cautère actuel fut celui qu’il choisit. Armé d’un fer rouge aplati, de forme ovale, d’un pouce de diamètre dans un sens et d’un pouce et
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demi dans F autre, il Y a d’abord placé vis-à-vis l’appendice xiphoïde, il a produit la rubéfaction en le tenant pendant cinq à six minutes à deux ou trois lignes de distance. Il a ensuite appliqué le fer sur la même partie à plusieurs reprises et en le retirant aussitôt; enfin • il l’y a maintenu pendant quelques instants. La peau seule a été désorganisée et le cautère a de suite arrêté les hoquets.
Quinze jours après cette cautérisation, la femme revint à l’Hôtel-Dieu, et on apprit d’elle qu’elle était entièrement guérie de son mal; elle n’avait plus qu’un ou deux hoquets par jour, mais ils étaient très-faibles, ne faisaient entendre presque aucun bruit, et même ils n’étaient pas revenus régulièrement tous les jours.
Il y a dix ans environ, un cas semblable s’étant présenté dans le même hôpital , Dupuytren l’aurait traité de même et avec un égal succès.
Avant d’en venir à un moven si violent, il me semble qu’il serait sage d’essayer un traitement plus doux. Par exemple les vésicatoires appliqués d’après le conseil de Sœmmering, entre les épaules ou mieux sur le cou, vers l’origine du nerf phrénique, comme l’a recommandé le docteur Short. On trouve dans la Gazette médicale , 1833, p. 3*18, une guérison ainsi obtenue et rapportée d’après l’auteur.
D’après l’expérience que j’ai acquise depuis que j’ai observé le fait dont j’ai rappelé plus haut l’histoire abrégée, je conseillerai enfin avec confiance contre les hoquets nerveux opiniâtres et très-intenses, des vésicatoires par l’ammoniaque appliqués vers le creux de l’estomac et pansés méthodiquement avec le chlorhydrate de morphine. Je n’en avais pas fait usage pour la malheureuse jeune fille citée plus haut, et je le regrette d’autant plus que ce moyen m’a parfaitement réussi dans des cas en apparence aussi graves.
Je rapporterai ici deux faits récents de ce genre, observés dans mon service de Beaujon, et recueillis par ML Caillault, mon interne.
Observation. — Augustine Viel, vingt ans, domestique, tempérament sanguin, forte et vigoureuse, entrée le 22 avril. Cette malade est habituellement d’une, santé parfaite, sans trouble dans la menstruation. Le 15 avril, allant voir une de ses sœurs, elle la trouva en pleurs auprès du cadavre de son mari; cette vue inattendue détermina une impression tellement vive chez cette jeune fille, qu’à l’instant même elle fut saisie d’un hoquet convulsif qui dura sans cesser, même pendant le sommeil, durant huit jours.
À son entrée dans la salle, le 23 , on constata l’état suivant. Cette jeune fille est excessivement forte et colorée, sans fièvre, le pouls plein et fort, la face et les mains ont une sorte de turgescence et une coloration violacée; les mains surtout sont tellement rouges et gonflées que la malade pouvait à peine fléchir les doigts : une bague, qu’elle portait habituellement, avait dû être enlevée. Cette fille affirme qu’elle n’avait pas ses règles au moment de son effroi , mais qu’elles sont venues le lendemain et qu’elles ont eu leur abondance habituelle.
Le hoquet de cette malade est bruyant, parfois trèsbrusque et d’autrefois il est prolongé , il forme une sorte d’inspiration plantive et sonore. La malade se plaint de douleurs dans le cou, le pharynx, la poitrine et l’épigastre. Le lendemain de son arrivée, on lui fait inspirer du chloroforme, jusqu’à la placer dans un état voisin de l’insensibilité complète, sans aucun résultat. Le même jour un vésicatoire sur l’épigastre est prescrit.
Le 24 au matin, la malade n’offre aucun changement, elle est triste et presque constamment cachée dans son lit. Prescription : 3 centigr. chlorydrate de morphine pour pansement.
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A dix heures du matin, on pratique le premier pansement, et, quelques minutes après, le hoquet cesse aussitôt, pour ne reparaître que dans la soirée, vers quatre heures. A six heures du soir, second pansement et seconde suspension du hoquet jusqu’au lendemain matin 25 . Dès lors on cherche à la maintenir un certain temps sous l’action incessante de la morphine. Mais, dans cette tentative, on reconnut bientôt que la morphine, tout en produisant certains effets physiologiques habituels, semblait perdre un peu de son efficacité contre le hoquet; néanmoins, la malade ne tarda pas à reprendre des forces et à retrouver sa gaieté. Plusieurs fois, à la suite d’une émotion, elle eut encore des accès de hoquet très-intenses. Mais, peu à peu le mal perdit évidemment toute gravité. La malade, qui se plaisait dans les salles, essaya plusieurs fois ensuite d’exagérer son mal, tant pour attirer l’attention que pour prolonger son séjour à l’hôpital. Mais, sa guérison constatée, elle fut emmenée par sa sœur le 23 mai.
Observation. — Esther Marin, âgée de vingt-neuf ans, d’une constitution lymphatico-nerveuse, jouissant d’une santé habituellement bonne. Cette femme a toujours habité la campagne; réglée pour la première fois à l’âge de quatorze ans, elle eut une menstruation difficile jusqu’à vingt ans. Elle se maria à vingt-six; et, il y a environ six mois, elle est accouchée d’une fille, qu’elle nourrit jusqu’à l’âge de cinq mois.
Le 4 mars \ 850, elle éprouva un violent chagrin en apprenant qu’un de ses frères partait pour l’armée. Le 1 5 du même mois, sans cause appréciable, elle fut prise, pour la première fois, d’une sorte de perte de connaissance, avec constriction violente à la gorge, accompagnée de mouvements convulsifs dans tous le corps. Dès ce jour, elle fut prise exactement, tous les soirs en se couchant, d’un hoquet convulsif immédia-
tement suivi cTiine éructation sonore. Ces accès, d’abord, furent courts, puis ils augmentèrent en intensité et endurée, enfin ils se montrèrent dans la journée avec de rares intervalles, et bientôt ils devinrent un état permanent. C’est alors que l’intensité de ce mouvement convulsif était portée si loin que cette malade , désormais incapable de se livrer aux soins de la maternité, fut obligée de sevrer son jeune enfant. Très-souvent elle était prise d’éblouissements et de faiblesse, qui la forçaient de se jeter aussitôt sur son lit.
L’appétit, l’embonpoint et les forces étaient notablement diminués. Le médecin de la localité, ayant tenté diverses médications, l’adressa à M. Sandras, le \ 6 mai courant. A son entrée , on constata l’état suivant. Femme amaigrie, grêle, d’une petite stature, sans fièvre, constipation légère, ayant eu une fois ses règles depuis le sevrage de son enfant, léger bruit de souffle cardiaque au premier temps, ainsi que dans les carotides. Hoquet convulsif pouvant se décomposer ainsi: inspiration violente et sifflante, immédiatement suivie d’une éructation bruyante ; il n’existe pour ainsi dire pas d’intervalle entre ces deux phénomènes. La malade dit qu’elle sent d’abord quelque chose à l’épigastre, puis, qu’aussitôt elle est obligée impérieusement d’inspirer pour rejeter une certaine quantité de gaz inodore.
Ce hoquet n’existe pas sans cesse : il dure pendant des heures entières pour disparaître un temps variable.
Dans ces instants de calme, le moindre attouchement sur la région épigastrique fait instantanément reparaître le hoquet. Sous l’influence d’une émotion, on voit le hoquet venir subitement, si l’émotion est produite dans un moment de repos, ou s’accélérer avec une précipitation effrayante, si elle est produite pendant le hoquet. îl est rare que les nuits se passent, sans que cette malade ne soit brusquement réveillée par 1 apparition de ce phé-
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nomène nerveux; mais généralement il paraît s’appaiser après quelques heures de séjour à la chaleur du lit.
On prescrit, le 17 mai : un vésicatoire à l’épigastre avec pansement de 3 centigr. chlorhydrate de morphine, 4 pilules Vallet, magnésie 2 grammes, \ pilule de 5 centigr» extrait aqueux et une portion d’aliments.
Sous l’influence de la médication, on vit rapidement le hoquet perdre et de sa fréquence et de son intensité. Néanmoins dès que les applications de morphine étaient faites sur une surface dénudée depuis plus de trente-six heures, le sel, incomplètement absorbé, n’avait plus d’action curative. On voyait le symptôme nerveux se montrer avec toute son intensité antérieure. Pour éviter cet inconvénient, on appliqua tous les deux jours un nouveau vésicatoire ammoniacal et 3 centr. de sel de morphine, matin et soir. Â l’aide de cette médication, notre malade éprouva un soulagement notable ; de temps en temps il est vrai que le hoquet apparaît encore, mais ce n’est seulement qu'aux époques où la morphine a épuisé son action.
Le 25, bain simple : la marche, pour aller prendre le bain, avait fait revenir le hoquet, qui disparut pendant tout le séjour dans l’eau. Le reste de la journée fut au contraire très-agité. Le hoquet fut presque continuel.
Le 27 au soir, la malade s’aperçut que sa bouche s’emplissait sans cesse de salive.
Cette salivation fut combattue par quelques doses de \ gramme de magnésie calcinée prise après tous les repas; et on continue, suivant les nécessités de chaque jour, l’administration de la morphine par la méthode endermique.
Aujourd’hui, 8 juin, le hoquet ne se montre plus que par intervalles extrêmement courts et rares; la malade a
repris des forces et un peu d'embonpoint. Il n’est pas douteux qu’elle sera définitivement guérie, aussitôt que la chlorose aura subi, par le traitement qu’on lui fait suivre, un peu plus d’amélioration. On ne s’occupe plus de son hoquet que pour mémoire.
Je n’ai pas de conseils spéciaux à donner contre les hoquets des vieillards qui sont moins tourmentants et moins aigus que les précédents, mais qui durent, en revanche, quelquefois fort longtemps; ni contre ceux qui, chez certains sujets, accompagnent la faim, et, chez d’autres, la réplétion de l’estomac. Le traitement ordinaire est indiqué par le mal qui existe ; en même temps les conditions d’âge, de force et d’habitudes indiquent les précautions dont il faut s’entourer. Les causes connues, par lesquelles ces hoquets sont produits donnent facilement les meilleures indications prophylactiques, s’il y en a de possibles.