MALADIES SPASMODIQUES EN GÉMÉAAL
a également son point de dépari dans l'encéphale; mais il faut ajouter que ces impressions ne peuvent se produire sans le secours des sens de Foule, de la vue, qui participent ainsi dans une certaine mesure, et par la réaction de leur système nerveux sensoriel spécial, à Vensemble des fonctions motrices. J'ai déjà cité comme exemple de Tinfluence de l'imitation, les hystériques de Saint-Médard, les possédées de Loudun, bien qu'on ait dit, non sans raison, de ces dernières : Multa facta^ pauca vera^ nulla a dcemone. Les autres sens auxquels président la cinquième paire et le nerf olfactif sont dans le même cas.
Ce que nous disons de Tencéphale et des sens nobles, est applicable à toutes les fonctions sensorielles ou autres disséminées sur la vaste surface du tégument. Une douleur trop vive, le chatouillement, l'impression du froid et de l'humidité, la brusque suppression de la transpiration, produisent sur l'éco-
ce qoi prouve bien qae la racine postérieure est Tane des voies par lesquelles la sensibilité parvient au faisceau antérieur. Cette hyperesthésie est perçue par ranimai; elle devient inconsciente lorsqu*on coupe la moelle complètement, mais elle D>n persiste pas moins pour cela. I/action de la strychnine prouve cette exagération de la sensibilité au-dessous de la section, attendu que ses effets sont plus rapidement constatés au-dessous qu'au-dessus de cette section.
Quand une moitié latérale de la moelle est seule détruite, Thypereslbésie est transmise au sensorium commune par Tentremise des fibres sensitives; mais ce ne sont ni les faisceaux antérieurs, ni les faisceaux postérieurs de Tautre portion de la moelle restée intacte qui perçoivent et conduisent la sensibilité, c'est la sabstance grise de la moelle. \\ n'est donc pas vrai de dire que la sensibilité se* transmet de la périphérie au centre par une fibre continue. Ce sont les cellules nerveuses contenues dans la substance grise qui sont T intermédiaire actif de la perception transmise au cerveau.
L'indépendance de la contractililé musculaire et de l'excitation motrice des nerfs est un fait bien établi expérimcnlalcment.
Les muscles ayant une propriété contractile propre, la perle du mouvement peut tirer son origine ou d'une lésion du système musculaire, paralysie mus^ cttfatfv, on d'une lésion du système nerveux , paralysie nerveuse (chorée, hystérie;.
Il 7 a des propriétés électriques inhérentes aux nerfs, et des propriétés physiologiques inhérentes aux muscles, (^es deux propriétés physiologiques sont indépendantes Tune de l'autre. Le curare le démontre en détruisant la propriété physiologique du nerf, et en épargnant celle du muscle qui fait dévier Taiguille du galvanomètre.
Les muscles, outre les filets moteurs, reçoivent des filets sensibles qui leur
i7d MALADIES DÙBS A l'NS AUCMENTAttON DE L^RRITATION NKRVBUil*
nomie nerveuse des perturbations identiques et toujours par action réflexe. Le sens génital, entre tous les autres, concourt au double point de vue de la prédisposition nerveuse et de Texcitation du spasme musculaire a la production de ces maladies. Les excès qu*il fait naître à tous les âges de la vie, les passions si variées qu'il met en jeu, avec la participation du cerveau et surtout du cervelet, provoquent dans l'organisme des désordres de consomption et d'irritabilité, dont les eflets se font sentir à la fois sur le système nerveux de la vie de relation, et de la vie organique. La nymphomanie, les palpitations, les convulsions enfantiles, n^ont quelquefois pas d'autres causes.
Le système nerveux dépendantdu grand sympathique est, peutêtre plus fréquemment que tout autre, le point de départ des convulsions réflexes; il suffit, en eflet, qu'une excitation se fasse sentir dans les appareils de la digestion, de la respiration ou de
dooocDt une lensibililé parliculicrc, à laquelle on a donné le nom de mus mui" eulaire. Cette sensibilité permet d'apprécier Jusqu'à un certain point Ténergie des actions musculaires ; elle assure aux mouvements la coordinaUon qui leur est indispensable (sensibilité pervertie, entre autres, dans la chorée).
Lorsqu'un muscle est traversée par un courant galvanique, il peut entrer en tétanos, et réciproquement, lorsque le courant trouve le muscle en tétanos, il arrête ses convulsions (applicable au tremblement de la cborée).
L*influence de la racine sensitive sur la racine motrice se propage par deui ▼oies, ou en suivant la moelle et la racine antérieure, et ce sont les cellules gan- ^glionnaires d*où partent les fibres motrices qui forment l'élément conducteur; ou en suivant la voie périphérique, dans les cas d'eicitalion réfleie par eiemple.
Certains points de la moelle sont en rapport avec les mouvements d'une nature déterminée. Il y a des régions dont l'influcnre porte sur les mouvements d*extea- •ion, d'autres sur lei mouvements de fleiion. Quelques-unes tiennent plus spécialement sous leur dépendance les mouvements des membres antérieurs, ou eeut des membres postérieurs.
Un point de la moelle allongée préside aux mouveme;its respiratoires; quand l'instrument frapiie sur ce point, la mort est instantanée, par arrêt complet da mouvement respiratoire.
La blessure du pédoncule inrérieur du cervelet est suivie de mouvements de rotation suivant Taxe du corps, et toujours dans le même sens, du dVté corretpondant à celui du pédoncule cérébelleux coupé.
Les nerfs sensibles possèdent une sensibilité directe^ et les nerfs moteurs une lensibilité récurrente,
\a sensibilité récurrente est le rapport physiologique unissant deux à deux la ncine antérieure et la racino postérieure de chaque paire rachidiennc. l^ scmi-
Maladies spasmodiques en général. 177
la circulation, pour que Timpression douloureuse en soil transmise a la moelle épinière, aux troncs nerveux moteurs, puis aux muscles.
Ces maladies spasmodiques étaient considérées par Sydenliam, Boerhaave, Hoffmann, Dehaen, Sauvages, Âstruc, Cullen, Tissot et autres, comme sympcUhiques^ et s'ils n'ont pu découvrir par quelle voie les esprits animaux sont follement agités, et comment l'excitation nerveuse se transmet des organes splanchniques aux muscles des membres, ils n^ont pas méconnu la relation des causes et des effets, et leur médication en était ainsi relativement plus rationnelle et plus efficace.
Aux voies digestives se rapportent, comme causes des affec* tioDS convulsives, le vomissement, la présence des vers, surtout chez les enfants, les coliques hépatiques et néphrétiques, l'ac^tion des purgatifs trop violents (Tissot en cite plusieurs exem-
bilité de la racine anténeare est sous la dépendance directe el exclusive de la racine postérieure correspondanle, et lui vient par la périphérie. Ou, d*une manière plus générale, les mouvements réflexes sont des mouvements involontaires prahûts par une sensation non perçue : ce sont des mouvements déterminés par rncitatioQ sensiUve, mais sans que la conscience intervienne.
L'eicitatioD portant sur les extrémités nerveuses de la peau et des muquenseg est plus favorable aux mouvements réflexes que celle portant sur les troncs nerveux. L*excitatâoa réOexe s'épuise en raison de Tactivité des mouvements désordonnés qu'elle produit.
A un axHDeot donné, la sensibilité récurrente peut manquer complètement, alors qa*ntte beore après elle devient très appréciable.
Les sensaUons extérieures exercent une action réflexe sur les organes intérieurSf •otammeot sur le coeur; c^cst ainsi que des douleurs vives et les émotions mo« raies déterminent des syncopes et même la mort.
Les actions réflexes se passent dans les centres nerveux céphalo-rachidiens, et JaBais exclusivement dans les ganglions du grand sympathique.
Il arrive souvent que les mouvements réflexes des organes splanchniques delimaent le point de départ des contractions convulsives des muscles de la vie de rHation (épilepsie, hystérie, éclampsie).
Les ganglions semi-lunaires sont doués de sensibilité. Quand ou les irrite, on ietermine des mouvements réflexes dans le tronc et les membres. Ces mouve^ ■eots sont bien réflexes, car ils persistent quand ranimai est sacrifié par la sec« ^du tnilbe racbidien.
La ligature des nerfs qui entourent la veine porte produit de semblables phé-* ■mèiies.
La galvanisation du grand sympathique fait contracter les artères; le sang en
178 MilLADlES DtJBS A UNE AUGMENTATION DR l'eXCITATION MKBVBOSE.
pies), la présence des gaz, enfin Taction directe de certains aliments ou poisons. — A la respiration se rapportent les qualités de l'air, viciées par des causes nombreuses, et dont les asthmatiques ressentent surtout les effets morbides. — A la circulation, les hémorrhagies: la saignée est souvent une cause immédiate de convulsions. — Aux fonctions génito-urinaires. se rapportent toutes les souffrances localisées dans les reins, les uretères, la vessie, les testicules, et surtout l'ulérus.
Je ne discuterai pasTinfluence exclusive qu'on a prêtée pendant si longtemps à la matrice; je veux seulement insister sur l'importance des troubles fonctionnels de cet organe, qui tient sous sa dépendance la plus grande partie de la vie des femmes. En effet, si la prédisposition existe, toute transformation opérée dans la structure de l'utérus et de ses fonctions pourra être cause de convulsions, depuis la première apparition de la métrorrhagie jusqu'à
«t eipalsë, et U pâlear et le rerroidistement rarviennent (syncope, fertiges, perte de coanaissaDce épileptique).
Le section et U paralysie du grand sympathique paralysent la tanknie eoniractîle des artères, provoquent la distension des Taisseaux, de la oongestioo, de la rougeur et une éléTation de la température. Ces phénomènes congesiib ont lieu tout autant à l'intérieur qu'à Teitérieur du crAne, quand la destroctioD porte sur les filets émanés du ganglion cervical supérieur (Budge).
L'électricité agit moins rapidement sur le grand sympathique* mais Peieltation est plus persistante.
Lorsque sur un cochon d*Inde on coupe dans la région dorsale une moitié latérale de la moelle, on produit, l'animal étant guéri et la cicatrisation de la plaie complète, des mouvements convulsifs épileptiformes en pinçant certaines parties de la face et du cou, et principalement le rameau sous-orbitaire de la cinquième paire. L'ablation des hémisphères cérébraux et cérébelleux ne met point obetade à la production de ces mouvements convulsifs (Brown-Séquard).
L'action motrice et réflexe du grand sympathique porte fréquemment sur lei appareils de la vie organique; de là des vomissements, des convulsions internes, rémission de l'urine, du sperme, des diarrhées, etc.
Le nerf spinal préside à la phonation et à la respiration.
Le pneumogastrique est un nerf mixte à la fois moteur et sensible, il concourt avec le spinal à animer les muscles du larynx. Il y a donc dans le larynx deux ordres de mouvements, les uns qui président à la phonation, et qu'on paralysées détruisant les nerfs spinaux, les autres qui sont relatifs à la respiration, et qn*oa paralyse en coupant les pneumogastriques et leurs nerfs laryngés ; de sorte qoe le nerf vague possède une peissaoce motrice propre et iadépeadantc du nerf spinal.
Le nerf spinal est surtout respirateur ; sa convulsion tonique dans l'accèsd^épi-
MALADIES SPASNODIQt'RS EN GÉNÉRAL. 179
répoque criliquc de la ménopause. La sccrélion du sang menstruel, son expulsion au delà du col, et sa brusque suppression ; le développement delà matrice pendant la gestalion, ses déplacements, la présence d'un polype, les opérations chirurgicales pratiquées sur le col, seront, suivant les cas, tout autant de causes de douleurs et de surexcitation particulièrement propres à mettre en jeu Taciion réflexe et la convulsion. Il a sulli, dans quelques cas, d'enlever un |>essaire déplacé et comprimant le col de Tutérus pour arrêter des convulsions et des vomissements incoercibles. Je ne peux spécifier ici la part qui doit être faite dans réclampsie et les vomissements à Tétat général de la gestation, si souvent compliqué de chlorose, d'albuminurie et de dyspepsie; mais j*admets l'étroite dépendance de la fonction de Torgane et des altérations du sang dans Tétiologie de ces maladies ; j*en dirai autant de Télat puerpéral.
Ifptie le rend on des agents actifs de l'arrêt de la respiration el de la menace ë'isphjiic qoi en est la conséquence.
L*eicitatloD du pneumogastrique donne lieu h des conYuIsions évidentes; seulement rinfluence de ses filets moteurs porte toujours le muscle dans un état opposé à celui dans lequel il se trouve au moment de l'excitation. Or le cœur, étant physiologiquement en mouvement, se trouve arrêté par les convulsious du pneumogastrique, et les morts subites arrivant quelquefois chez les enfants à la suite des convulsions dites internes, ne sont probablement pas dues à une autre cause qu*à Tarrét du cœur, sous l'influence de convulsions survenues dans les orgaacf aairaés par le pneumogastrique. Dans ces cas, en effet, la mort ne peut être attribuée à des phénomènes d'aspbyiie proprement dite. Les nerfs de sensibilité spéciale déterminent aussi des mouvcnieuts réflexes. Les nerfs optique, olfactif, acoustique, peuvent être déchirés, contondus, sans doaleiir; mais Texcitation de ces nerfs produit cependant des mouvements reflètes, qui dans ce ca» ne sont pas seulement le résultat d'une sensibilité iiiconsnente, mais aussi celui d'une sensibilité subjective analogue aux propriétés du oerf seii>itif sur lequel on expérimente. En effet, la contusion, l'irritation du nerf optique déterminent, même dans l'obscurité, des sensations lumineuses, des cootrartions de la pupille.
La sensibilité que Pœil reçoit par les filets provenant du ganglion ophthal- ■ique se présente avec des caractères spéciaux qui la différencient de la sensi* kiiité due aux filets ciliaires directs venant du nerf nasal.
Liris reçoit deui ordres de filels. Les nerfs ciliaires directs donnent la sensibilité à la coqlonctive et à Tiris; les filets indirects, ceux qui ont passé par le Ittglioo ophthaimique, donnent la sensibilité à la cornée transparente et à l'iris, (^conçoit dès lors qu'il paisse exister telle lésion qui entraîne l'insensibilité de
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J'ai surtout insisté sur Timporlance des troubles fonctionnels physiologiques comme causes des maladies spasmodiques ; mais les maladies des organes, leurs altérations sont souvent aussi une cause incontestable de leur développement; car encore bien que j*aie principalement en vue dans ce traité les maladies nerveuses dynamiques, essentielles, sine materia^ je ne peux méconnaître que répilepsie est souvent liée à une altération matérielle des centres nerveux , à des tumeurs intracrâniennes ; l'asthme, à des lésions organiques des poumons et du cœur; riiystérie, l'éclampsie, la chorée, à certains états morbides du sang; et, malgré tout le désir que j'en aie, je ne peux négliger le rôle de ces altérations dans Tétiologie, et à plus forte raison dans le traitement. Mais j'ai hâte d'ajouter que le spasme n'est point, quant à sa gravité, en rapport avec ces altérations, et que même certains états morbides, le cancer de la matrice par exemple,
rœil, moins la cornée transparente ; et réciproquement, que la cornée devienne insensible, toutes les autres parties de Toeil ayant conservé leur sensibilité (anesthésie bystérique). La destruction du moteur oculaire commun produit la dilatation de la pupille.
Le facial, quoique nerf moteur, est sensible ; il tient, comme les nerfs moteurs, sa sensibilité d'une racine sensitive de la cinquième paire. \\ y a, entre la septième et la cinquième paire, les relations qui unissent les racines rachidiennes postérieures aux antérieures, relations telles, que la section de la cinquième paire fait perdre la sensibilité récurrente au facial, il est des nerfs intermédiaires, par leurs propriétés, aux nerfs sensoriels et aux nerfs sensitifs rachidiens : tels sont le glosso-pharyngien et le lingual, qui sont sensibles aux irritations mécaniques.
Si Ton coupe un tronc nerveux mixte qui renferme à la fois des nerfi de sentiment, de mouvement et des filets du grand sympathique, on produit les para* lysies du mouvement et du sentiment, ainsi que l'exaltation de la caloricité: G*ett ce qu*on obtient par la section du nerf scintique.
Les muscles de la vie organique donnent un courant électrique musculaire comme ceux de la vie animale. Le cœur possède cette propriété; sa pointe est négative, la surface des ventricules positive.
La surface de la peau et celle des muscles soniélcclrisées d'une manière opposée: le galvanomètre démontre que le courant va des muscles à la peau.
J'aurai fréquemment l'occasion d'appliquer à rinlcrprélation des faits pathologiques ce résumé des découvertes physiologiques modernes ; c'est pourquoi Je rai annexé à ce chapitre ; bien qu'il ne s'y rattache pas exclusivement, et que la multiplicité des faits qu'il expose, sans en donner la démonstration physiologique, le rende nécessairement aride pour le lecteur. ]
lULADlBS SPASMODIQtES EN GÉNÉRAL. 181
loin de favoriser le développement de raclion réflexe, lui sont roaDifestement contraires.
Je dois enfin signaler, parmi les causes des maladies convulsives, l'influence réciproque qu'elles ont les unes sur les autres: ainsi Thystérie prédispose à Tépilepsie; la nymphomanie, à l'hystérie ; les palpitations, à l'asthme ; la chorée, au tremblement; les crampes, aux contractures, etc.
Quel(|ues-unes de ces maladies, indépendamment des troubles fonctionnels qui leur sont communs, présentent dans leur état, dans l'expression de leurs symptômes, de frappantes analogies. Ainsi quelques-unes sont compatibles avec un état de santé relativement bon : les épileptiques et les asthmatiques sont souvent dans ce cas, et cela grâce à l'intermittence des paroxysmes. D'autres ont au contraire une marche continue : telles sont la cborée, les contractures, la toux convulsive, les palpitations. D'autres enfin ont une telle persistance, une telle acuité, qu'on les a dites incoercibles: le vomissement et le hoquet en présentent des exemples.
Presque toutes olTrent dans leur marche deux périodes distinctes, V une prodromiqtie, Vauive d'état.
Les prodromes ont souvent pour caractères certaines modifications produites dans Tétat moral. On remarquera, par exemple, dans l'exercice des facultés mentales, une opposition avec la manière d'être habituelle du sujet: tel était d'un naturel gai, communicatif, qui devient triste et taciturne ; tel autre, doué d'une mémoire infidèle, d'une intelligence bornée, possède momentanément ces facultés dans un degré relativement supérieur. Chez d'autres, les passions s'exaltent, et les troubles de l'intelligence s'ajoutent à ceux des autres fonctions nerveuses organiques ; le malade touche de près à l'aliénation mentale. Cette prédominance marquée des troubles psychiques a donné le change à certains auteurs, à Ch. Lepois, Willis, Georget, etc., à propos de l'hystérie, par exemple, dont ils ont fixé le siège exclusif dans le cerveau. L'hystérie n'était autre, pour eux, qu'une encéphalite spasmodique.
On constate encore, entre autres signes avant-coureurs des convulsions, des sensations particulières fugaces, mais qui ont pour le malade toute l'importance d'un sérieux avertissement.
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Tantôt c'est une douleur fixée sur un point limité des membres, un IVéniissement, ou la sensalion d'ut) fluide qui les parcourt; d'autres fois c'csl une impression de chaleur ou de froid, aura mystérieuse, touche sensible qui porte de proche en proche, de la périphérie au centre, puis du centre <àla périphérie, par une cir* culation de retour, une excitation nerveuse spéciale, qui galva* nisc les muscles par un courant plus ou moins rapide, et produit, suivant les cas, la contraction entière du muscle, cloniqtie^ ou sa contraction incomplète, tonique.
Vatira a|)|)arait chez certains malades au moindre attouchement, surtout chez les hystériques. Je parlerai de sujets affectés d'hypcreslhésie qu'on jetait en convulsion en pressant du bout du doigt la région sus-ovarienne ou rachialgique^ un autre malade ressentait de vives douleurs au bout des doigts et tombait dans ses attaques.
Quant à la convulsion elle-même, elle revêt une forme spéciale, dans telle ou telle maladie, et c'est sur cette variété des désordres de la contractilité musculaire, ainsi que sur quelques autres troubles nerveux secondaires, qu'on a fondé la division des m^dadies spasinodiques. Ainsi, la convulsion tonique, la perte de connaissance du sujet, la menace d'asphyxie, de congestion cérébrale, récume à la bouche, la convulsion clonique, puis le coma, appartiennent à l'épilepsie. Le sentiment d'une boule montant dans la direction do l'œsophage, s'arrêtant à l'isthme du gosier, et la convulsion clonique, appartiennent à l'hystérie.
Quant à Téclampsie, on la distinguerait diflicilement de l'épilepsie-, mais l'étal particulier du sujet en gestation ou en puerpéralilé, la présence de l'albumine dans le sang, ont paru des raisons suffisantes pour qu'on en ait fait une maladie distincte. Lorsque les contractions se succèdent coup sur coup, et sans rémission, en maintenant les membres dans une contracture rigide, mais en laissant au malade le libre exercice de ses facultés mentales, on a affaire au tétanos. Les autres maladies, les crampes, la chorée, les contractures, le tremblement, le hoquet, le vomissement, les palpitations, offrent ceci de particulier, que la perversion de la motilité est restreinte à une partie du corps et môme à un seul organe.
Les maladies spasmodiques sont loin de limiter leurs phéno-
MALADIES SPASMODIQUES EN GÉNtRAL. 18S
mènes morbides aux troubles de la motilité; d'autres accidents nerveux qui les accompagnent ou en sont la conséquence se relientintimementàleur histoire. Ainsi, à Thystériese rattachent des lésions de la sensibilité, aussi importantes pour quelques pathoiogistes que celles de la motilité. G*est le plus souvent Tctrange association d*un excès et d*une abolition de la sensibilité, an point que des auteurs ont voulu faire de Tanesthésie un caractère absolu de Thystérie, tandis que d'autres, et parmi eux M. Briquet, ont donné une importance non moins absolue à rbyperesthésie.
Je ne m'étendrai pas davantage sur les symptômes propres à * ces maladies, et me bornerai, dans ces généralités, à me rendre compte de quelques phénomènes propres à chacune d'elles.
Certains épileptiques éprouvent des absences, des vertiges, un moment d'agitation et de tremblement, parce que le centre nerveux cérébral est afieclé, en raison de la perturbation apportée au cours du sang par les ûlels du grand sympathique qui se rendent aux artères cérébrales. Les artères, en eflet, participent à leur façon au spasme qui convulsé les muscles; la masse du sang lancée par les carotides au cerveau est notablement diminuée, de là le vertige, les absences, la pâleur de la face ; mais bientôt le malade jette un cri, tombe, perd connaissance, puis les muscles entrent en convulsion, ceux de la face, comme ceux des membres, avec une prédominance marquée d'un côté. La langue elle-même s'agite entre les arcades dentaires, et la succession des contractions musculaires des membres est telle, que tout mouvement d'extension et de flexion est impossible.
Dans cette forme convulsive, l'organisme tout entier participe i la névrosataxie ; la respiration est momentanément interrompue, tant en raison de l'immobilité des parois thoraciques que par le fait de l'occlusion du larynx ; les muscles respirateurs, animés par les (ilets laryngés du spinal et du pneumogastrique, étant eux-mêmes agités de contractions convulsives, et s'opposant à la libre entrée de l'air. De là, la théorie de Marshal-Hall, son Irachélisme, et l'idée plus originale que physiologique d'ouvrir la trachée, dans le but sinon de prévenir, du moins d abréger la durée de l'attaque. Si le tubage du larynx, proposé par M. Bouchut dans la période aspbyxique du croup, permet
ISA MALADIES DUES À UNE AUGMENTATION DE l'eXCITATION NERVEUSE.
réellement de maintenir largement ouvertes les voies aériennes, il aura peut-être pour les épilepliques tous les avantages de la trachéotomie, sans aucun des inconvénients que cette opération entraîne avec elle.
A la rigidité convulsive des muscles pendant Tattaque épileptique succède momentanément leur paralysie passagère ; et comme les branches motrices du grand sympathique participent à l'épuisement nerveux général, la circulation artérielle, abandonnée aux aveugles impulsions de la vie organique, chasse vers le cerveau un excès de sang qui le congestionne, et produit le coma, avec d'autant plus de facilité que le retour du sang veineux a été lui-même entravé pendant la durée des contractions rigides; et pour peu que les attaques se répètent à courts intervalles pendant plusieurs heures, les méninges et la substance cérébrale s'injectent et conservent à la longue des altéralions organiques incurables.
Dans y hystérie, l'action réflexe est la même, seulement l'excitation nerveuse ne dépasse pas la moelle allongée, et le plus souvent l'encéphale n'est en rien troublé dans ses fonctions, comme le prouve la conservation de l'intelligence; et si les Olets moteurs du grand sympathique transmettent un excès de contractilité, dont on suit parfaitement la marche ascendante des ganglions solaire et semi-lunaires à l'œsophage, puis au pharynx, cette contractilité convulsive épargne les muscles du larynx et le système artériel cérébral. D'autre part, l'irritation nerveuse réflexe arrive aux muscles par un courant moins fréquemment interrompu, ce qui permet des contractions d'extension et de flexion plus complètes, c'est-à-dire des mouvements clo^ niques.
Dans le tétanos, la circulation nerveuse récurrente ne s'étend pas au delà de la moelle épinière, et si les contractions musculaires sont plus violentes, elles sont aussi plus limitées, en ce sens que l'encéphale et les organes splanchniques restent passifs pendant la convulsion violente et continue, qui parfois emporte le malade.
Dans la chorée, les troubles nerveux sont plus complexes ; à la fois locaux et généraux, en ce qu'ils sont le plus souvent hémi-somatiques, en ce que à l'agitation désordonnée de la mo«
MALADIES SPASMOblQUES EN GÉNÉRAL. 485
Ulilé se joignent un aiïaiblissemenl général de la contractililé musculaire et un trouble partiel des fondions mentales.
Il me parait inutile d'expliquer par quel mécanisme se produisent Tasthme, le hoquet, le vomissement, la contracture, etc.: il est facile d'appliquer à ces accidents nerveux concentrés sur un seul appareil les notions générales que je viens d'exposer. Je dois, après avoir fixé l'attention sur les prodromes et les symptômes des maladies spasmodiques a la période d'étai^ compléter ces données générales en ajoutant quelques mots, sur une période qu'on pourrait appeler de déclin^ ou en d'autres termes sur les conséquences ultimes de ces maladies.
On peut facilement concevoir que l'organisme, préalablement soumis à l'action morbide des diathèses, des intoxications, doit être névropathiquement prédisposé à conserver les traces de ces affections spasmodiques, soit dans les organes, soit dans les fonctions. C'est, en effet, ce qui trop souvent se réalise. Aux attaques d'hystérie succèdent parfois le subdelirium, l'extase, la catalepsie et des paralysies locales ambulantes ; aux attaques d'épilepsie, également des paralysies, puis à la longue l'aliénation mentale. Enfin, le tétanos et l'éclampsie sont fréquemment, et l'hydrophobie toujours, suivis de la mort. Aussi le pronostic de ces maladies offre-t-il tous les degrés, toutes les nuances, depuis le simple trouble fonctionnel jusqu'à Pépuisement le plus complet de l'influx nerveux, jusqu'à la perle irrévocable de la vie.
Vanaiomie pathologique^ quand il s'agit de maladies nerveuses et en particulier de maladies spasmodiques, doit-elle être passée sous silence? Doit-on isoler le phénomène actuel de ses causes et de ses conséquences ; ne voir en action dans l'épilepsie, le tétanos, l'éclampsie, la chorée, le vomissement, que l'essentialité, que le dynamisme, sans se préoccuper des lésions matérielles antécédentes ou consécutives, développées dans la trame profonde du tissu nerveux, ou dans la composition du sang? Je ne le pense pas. Je suis trop pénétré du sentiment de notre ignorance sur l'anatomie et la physiologie nerveuses, |K)ur partager l'impassible assurance de Tanatomo-pathologiste qui, faisant l'examen du cadavre d'un choréique ou d'un epileptique, ouvrant les cavités splanchniques, coupant le ccr-
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veau et la moelle par Iranclies, cl ne trouvant rien d'appréciable à ses regards, conclut magistralement que la maladie, ne se reliant à aucune lésion organique, est essentielle, nerveuse. Non. il nous serait possible de poursuivre Texamen de la substance nerveuse jusqu'à la cellule d'où part la fibre primitive, d'analyser le sang, la lymphe, le liquide céphalo-rachidien, sans constater aucune altération, que nous hésiterions encore à attribuer les spasmes à la simple perversion de la force vitale. Nous nous contestons le droit d'émettre une opinion, d'avoir une croyance, lorsque tout est pour nous doute, obscurité, inconnu. La qualification de maladie nervetise appliquée aux phénomènes morbides dont nous ne pouvions nous rendre compte a trop longtemps caché notre impuissance, et servi de prétexte à notre paresse. Reconnaissons que nous ne saurions isoler la force vitale des organes qui la manifestent, et dans lesquels elle puise la cause première de son existence. Appelons, si Ton veut, maladies nerveuses, celles entre toutes qui laissent le moins de traces matérielles, de lésions morbides, mais n'en persistons pas moins à croire à la réalité possible de ces lésions; efforçonsnous de les découvrir ; en ce faisant, nous comprendrons mieux leurs causes mystérieuses, et nous serons plus à même de grouper dans une unité synthétique des désordres dont nous avons gratuitement fait autant de maladies distinctes, et, chose autrement importante, nous serons plus capables de les guérir.
Ces réflexions laissent assez comprendre que j'ai tendance à tenir compte des lésions organiques et que je considère comme telles : dans Téciampsie, les changements apportés pendant la grossesse et l'état puerpéral à l'appareil utérin et a la composition du sang ; dans Tépilepsie, certaines altérations des centres nerveux portant sur la moelle, le cerveau ou leur enveloppe; dans la chorée, les diathèses rhumatismale, scrofuleuse et autres, etc., car bien que le spasme soit en lui-même purement nerveux, il faudra toujours faire la part de ces causes organiques. J'ai vu un névrome causer des convulsions; il fut enlevé, et le malade guérit. Chez une autre malade, une tumeur du sein entretenait une hystéro-épilepsie, on opéra la tumeur, et les attaques disparurent avec elle.
Autant il serait d'un esprit borné de vouloir subordonner tous