I. UV
d&2 MALADIES BOES A UNfi AUGMENTATION DE L^EXaTATIOK NBETEf}^.
dans les veines étaient supportées par Thomme aussi facilement que par les chiens. Mais, dans Tincerlitudeoii nous sommes encore sur les résultats, j'avoue que je ne voudrais pas prendre sur moi la responsabilité d*une pareille cure. Je craindrais, en conscience, d'avancer et d'assurer l'œuvre de destruction commencée.
D'ailleurs, dans des cas de rage en apparence bien établie par les antécédents et par les symptômes, on a vu quelquefois les malades guérir d'une manière merveilleuse, au moment où quelque circonstance venait à démontrer Terreur dans laquelle on était sur la véritable nature du mal. Il n'en faut pas plus pour obliger un médecin sage à repousser l'usage de ces moyens extrêmes. Quand aucun doute ne sera plus possible sur la nature du mal, on sera entièrement excusé des tentatives extrêmes qu*on aura pu faire, si on a pris en même temps toutes les précautions imaginables pour que l'expérimentation faite n*amèoe en aucun cas de nouveaux dangers et de nouvelles çlouleun. J'avoue, par exemple, que si l'occasion s'en présentait, jenliésiterais pas à tenter sur un malheureux enragé V inspiration du chloroforme^ jusqu'à perte de connaissance et de sensibilité. Je le maintiendrais dans cet état, aussi longtemps que je le pourrais, sans compromettre la vie. J'espère, si je ne le guérissais pas, que j'y trouverais au moins l'avantage de rendre ses derniers moments moins affreux. Ce que je dis à cet égard n'est d'ailleurs fondé sur aucun fait probant. Je le propose uniquement, d'après les résultats physiologiques connus de ces inspirations bien gouvernées.
[Ce conseil, mis en pratique dans ces derniers temps, n'a pis conduit à des résultats bien importants: un peu de soulagement momentané contre les angoisses, et du reste aucune amélioration définitive contre la maladie, voilà tout ce qui en a élé jusqu'à présent obtenq.]
Htdrophobies sans RAGE. — Quaut aux bydrophobies symptomatiques, ou purement nerveuses, elles ont avec celle dont no» venons de parler, de grands et nombreux rapports des}*mptomatologie-, le trouble, Tétat nerveux, l'horreur des liquitei peuvent être à peu près les mêmes; mais l'origine et la fraie nature du mal lui donnent une importance toute différente poir
DE l'hYDRO PHOBIE. 6^3
le pronostic, et assurent à la thérapeutique une efQcaeité bien plus heureuse.
Diagnostic. — Dans le plus grand nombre des cas, ces hydrophobies viennent sans qu*il y ait eu morsure d'aucun animal. Par exemple, on trouve dans le seizième volume du Journal de médecine de Vandermonde^ un cas d'hydrophobie chez une femme, qui en fut prise onze fois pendant les quatre premiers mois de ses onze grossesses. D'autres fois, Thydrophobie survient parce qu'il y a eu morsure d'un chien non enragé. Le premier cas est presque toujours facile à vérifier; le second peut souvent . se prouver, parce que l'animal qui a mordu est encore vivant. Cette preuve, toutes les fois qu'on pourra la donner au malade, est un des meilleurs et des plus sûrs éléments de la guérison. Quand elle sera impossible» il y faudra suppléer par toutes les preuves morales qu'on pourra rassembler, bien sûr qu'on aura beaucoup fait, quand on sera parvenu à rassurer Timagination du patient.
D'ailleurs, en examinant bien son malade, on ne tardera pas i trouver des caractères différentiels qui feront distinguer ces bydrophobies de la rage. On n'y trouvera pas Fangoisse pectorale et laryngée qui appartient à celle-ci; ni cette rapide aggravation des symptômes qui en forment le triste apanage; l'excitabilité sensoriale sera beaucoup moins exagérée ; les prodromes, les antécédents n'auront pas été les mêmes ; enfin Tissue du mal viendra bientôt établir entre les deux une énorme différence. Dans la rage confirmée, la mort ne tarde pas, et elle vient avec une série de phénomènes prévus. Dans l'hydrophobie symptbmalique, au contraire, après une durée qui n'est jamais celle delà véritable rage, les accès finissent par diminuer peu à peu et disparaître complètement, ou bien ils sont remplacés plus ou moins brusquement par des phénomènes nerveux d'un autre ordre. La première terminaison de cette dernière bydrophobie est celle qui arrive, surtout quand la maladie dépend de quelque (itération de la bouche ^ de la langue ou du pharynx; la seconde a lieu dans les hydrophobies purement nerveuses.
Les hydrophobies symptomatiques sont en effet ordinairement de ces deux sortes. Dam le premier cas^ le diagnostic est presque toujours assez facile à établir. Ainsi,^on reconnaît aisémefat la
6i& MALADIES DUES A UNE AUGMENTATION DE L*EXCITAT101« NERVEUSE.
présence d* une des altérations organiques indiquées plushiut, et on voit Thydrophobie apparaître à un certain moment de II maladie, prenant progressivement plus d'intensité, mais suivant une marche continue et sans accès bien prononcés. Cela se fait en même temps que se développent les affections précitées. On est sûr aussi de voir l'hydrophobie prendre une marche descendante progressive, quand arrive la période de retour deTiffection qui a causé tout le mal. Dans le second cas^ Thydrophobie, comme toute autre expression de l'état nerveux, poum se montrer tout à coup parmi d'autres symptômes de même nature, et alors le diagnostic n'est pas aussi facile. Pourtant, il pourra souvent se faire que Thydrophobie soit compliquéed'étrtoglement hystérique qui aidera singulièrement à s*y reconnaître. Dans d'autres occasions, d'autres symptômes névropathiqoes auront précédé ou accompagné le développement du mal, et en décèleront la nature. Enfin« l'hydrophobie purement nerveose, se montrera surtout chez des sujets nerveux qui auront été mordos par un chien fort innocent. Indépendamment de cette preuie matérielle qui sera ac<]uise avec le temps, dans toute hydrophobie nerveuse, un médecin éclairé, en observant bien soq malade, ne tardera pas à rencontrer des preuves qui lui permettront d'asseoir solidement sa conviction et de la faire partager au malade lui-même.
Ainsi l'ordre des symptômes n'est pas le même» la marcbe du mal n'est pas pareille; l'intensité de l'angoisse est différente; l'étranglement prend la forme de celui de l'hystérie; il s*y joint quelques convulsions de cette dernière maladie; Texcitabililé nerveuse, quoique grande, est moins développée que dans h rage, et d'ailleurs, quand elle est provoquée, elle est accooiptgnéede phénomènes plutôt hystériques qu'hydrophobiques.PûB l'horreur des liquides n'est pas aussi insurmontable; presque toujours on finit par la vaincre en s'emparant delà confiance et de la direction absolue de la personne malade. Pendant tontce temps-là d'ailleurs, la maladie se soutient sans s'aggraver, et le médecin reconnaît bientôt quelques éclaircies qui l'assurenl dans son diagnostic, et Tautorisent à prendre un parti décisrf pour la gucrison.
D'après ce que nous venons de dire, on conçoit que le/^
DE L*HYDROPUOBIB. OiS
nastie et la thértq^eutiqtAe sont ici toiàt à fait subordonnés à la nature extrêmement variable du mal. S*il.s^agit d'une affection de la muqueuse de la bouche» de la gorge ou du pharynx» c*est cette muqueuse qu'il faut traiter et guérir, parce qu'on est sûr que ce sera prendre le mal dans sa racine. Si» au contraire» il s'agit d'une simple affection nerveuse» il n'y a qu'à se rappeler ce que nous avons dit de ces maladies» et à appliquer suivant Foccasion ce qui a été conseillé contre les états nerveux, névropathiques» hystériques. Le plus souvent» ou pour mieux dire toujours» on remédiera à l'bydrophobie nerveuse par Fusage des moyens qui conviennent contre l'état nerveux» dont elle est une simple expression.
Mous ne pouvons que renvoyer à cet égard aux divers cbapi* très» dans lesquels ces questions de notre thérapeutique sont traitées.
Il est néanmoins une espèce d'hy drophobie symploma tique, qui mérite d'être mentionnée à part ; je veux parler de celle qui s'observe dans la maladie désignée par les aliénistes sous le nom de délire cdgu. Elle se montre au milieu de symptômes qui la distinguent tout à fait des maladies dont nous traitons ici» et elle indique seulement un plus haut degré de gravité dans cette maladie presque toujours mortelle.
. Je me borne à ce sujet à indiquer au lecteur le Mémoire publié par H. Brierre de Boismont sur cette affection (1).
(I) Brierre de Boiimont» Ihk délir» aigu, obsenré daoi le« éUblissemenii d*aliéiiés» 1845» in-4.