MALADIES AFFECTANT PLUS SPÉCIALEMENT LA SENSIBILITÉ
[ Tous les nerfs de réconomie doués physiologiquemenl de sensibilité, d*eslhésie (at^9tç^ sensibilité) ^rque ou non perçue (1)» peuvent, sous Tinfluenre de causes diverses, acquérir une exaltation de celte sensibilité à des degrés très variables, depuis II simple hyperesliiésie jusqu'à la douleur ou algésie (0X70^ dm^ leur)^ et niôine jusqu'à Tbyperalgésie* L'acuité de la douleur n'est point proportionnelle à la sensibilité des organes; tri d'entre eux peut à l'état pbysiologique être impunément irrité par des instruments tranchants et piquants, qui devient trèsexcitable et douloureux lors(|ue les nerfs qui président à ses fooctions éprouvent, par TetTet d'une modalité qui nous est eDCort inconnue, une perturbation et une accumulation duiluideimpondérable qui le parcourt. Les expériences des physiolopsles ont mis ces laits dans une incontestable évidence, et la déinoostralion expérimentale aurait-elle laissé quelque doute dans l'esprit, que Tobservation pathologique et clinique Taurait facile* ment dissipé.
L'étude anatomique des nerfs démontre d'ailleurs qu'il ne saurait en être autrement : les uns parmi eux sont exclusiveiuenl sensibles (cin(|uièmc paire) ; les autres sont â la fois moteurs et sensibles (nerfs des plexu> rachidiens) et ils sont tous prédisposés à l'hypereslliésie et à Thyperalgésie. Les nerfs gangiionnairesou ' du grand sympatlii(|ue sont pour la plupart insensibles, mais les filets que la moelle épinière leur envoie sont si nombreux, qu* l'action de ces tilets éminemment sensibles explique faciletoeil Texaltation de la sensibilité et la perception de cette seosiiiiiilit portée jusqu'à la douleur, dan> les régions que pari*ouren( to nerfs ganglionnaires quand ils sont névralgiquemenl aflectés.
Les neris exclusivement moteurs (facial; n'échappent uiéflif
(1) ConscienU ou tNconicietWe de Cl. Bernard.
VAtADieS AFPKGtANT PLtJS SPÉCIALKMETlT LA SfellSiBILiTÉ. S
pas i celle loi générale, a savoir, (|ûe tous les nerfs pouvenl manîfesler de la sensibilité et de la douleur; en effet, leurs anastomoses arec les nerfs sensibles leur transmettent dans des cas donnés, une sensibilité récurrente ou réflexe; et s'il est vrai que l'ensemble de ces troubles nerveux ne peut constituer une névralgie véritable, le palhologisle doit cependant en tenir compte*
Ces quelques -mots font naturellement prévoir, que j'ai l'in* tention de décrire les névralgies des nerfs cérébraux, rachidiens et trisplanchniques, aussi complètement que possible, eu égard à réiat de nos connaissances. Ainsi, je vais faire successivement connaître les névroses suivantes, en consacrant à chacune d'elles un chapitre particulier : 1* la névralgie faciale ou de la cinquième paire ; 2° la névralgie de la peau ; S^ les névralgies dorsointercostale, mammaire, et lombo-abdominaie; A^ la névralgie cervico-brachiale ; b"* les névralgies sciatique et crurale; 6* la névralgie du plexus pulmonaire ou angine de poitrine ; 7® la né* vnlgie de l'estomac ; 8* la névralgie de l'intestin ; 0*^ la névralgie du foie; 10° des reins ; 11* de la vessie ; 12* de Tutérus ; 13* du
testicule ; lA* enfin les névralgies généralisées.
Un chapitre sur les névralgies considérées à un point de vue général et synthétique précède l'étude des névralgies localisées sur le trajet de certains nerfs ou de certains organes, de telle sorte que la seconde classe de névroses fournit dans son ensemble la matière de quinze chapitres.
Cette élude des névralgies me paraît plus complète que tout ce qui a paru jusqu'à ce jour sur la matière; j'aurais voulu y joindre celle des névralgies du pharynx, de l'œsophage, du larynx, du cœur, du diaphragme, de la rate, du cerveau et de la moelle épinière; mais les docunicnls que je possède sur ces névroses laissent encore trop à désirer pour qu^il y ait lieu d'en faire usage dès aujourd'hui. On blâmera peut-être cette réserve : on m'objectera que Romberg ayant déjà décrit les hyperesthésiesou les névralgies cérébrale et spinale, j'aurais^pu au moins M dire quelques mots. Si Tespril de ce iivre me perniettait de considérer, à l'exemple de cet auteur estimable, les lésions orga* ûques, traumatiques, inflammatoires ou ^autres comme causes
A MALADIES DUES À UNE AUGMENTATION DE L*E.tCITÀTIOII NKHVBtJSE.
de névralgie, il m'eût élé facfile de suivre son exemple, mais je traite exclusivement des névralgies essentielles, sans altérations appréciables de la substance nerveuse ; et, renfermés dans ce cadre restreint, les faits, les observations ne m'auraient pas permis de donner des névralgies cérébrale et spinale une description satisfaisante. N*oublions pas, d*ailleurs, que ce Traiii est avant tout une œuvre pratique et qu'il doit à ce titre plutôt résumer l'état de la science médicale que devancer les applictlions encore incertaines qu'on en pourrait faire.
Je regrette ces lacunes, mais je ne dois pourtant pas en exagérer l'importance, car, encore bien que la névralgie du cerveau, par exemple, soit trop insuffisamment connue dans son siège |j anatomique, ses causes et son* traitement, pour que je lui assigne une place dans le cadre que je viens de tracer, je ne la passe pas complètement sous silence, puisque l'article consacré à la névrose désignée sous le nom de migraine^ peut en quelque sorte en tenir lieu.
Ai-je besoin d'ajouter que ces névralgies décrites cliacuae isolément dans un chapitre séparé, afin que le lecteur puisse sans perte de temps acquérir les notions que réclame la pratique jou^ naliëre, ne sont point à mes yeux des individualités morbides, mais des variétés d'une seule et môme névrose, dont le caractère essentiel et prédominant est la douleur?]