ÉVRALG1B DE LA PEAU
de névralgie culanée, Tune qui vient s*enter sur une hyperesihésie permanente qui n*en serait que le premier degré ; tels sont les prurigo sans papules déjà mentionnés plus haut ; Tautre, mobile, erratique, qui se fait sentir tantôt sur une région, tantôt sur une autre.
Le point qu'occupe la névralgie ne présente d^ailleurs extérieurement aucun trouble fonctionnel apparent; il n'y a ni rougeur, ni chaleur, quelquefois la sueur y est seulement plus abondante qu^ailleurs. Quelques malades y accusent une extrême sensibilité à toutes les variations de la température, aussi ontils soin de protéger la peau à l'aide d'une couche de ouate, d'une peau d'agneau ou de lièvre.
L^étendue qu'occupe la surface endolorie varie à Tinfini ; je constate qu'elle n'est que de 2 centimètres carrés à la partie interne de la cuisse, chez une hystérique qui a fréquemment une paralysie de la vessie ; elle est bornée aux deux talons chez une autre malade affectée de la goutte, et qui présente cette singularité de ne jamais souffrir que la nuit, bien qu'il n'y ait aucune apparence de diathèse syphilitique ; enCn, chez d'autres sujets, dans les cas de zona et avant l'apparition des vésicules, ou lorsque la peau a été soumfse à un refroidissement trop pro-* longé, la douleur se fait sentir sur la paroi thoracique, ou sur tout un membre.
La durée de la névralgie de la peau est très variable et subordonnée à la cause qui l'a produite ; ainsi, celle qui est due à un refroidissement, lorsque le corps a été saisi dans un état de sueur, n'excède pas d'ordinaire un septénaire. L'hyperesthésie etValgésie due par irradiation à une chute, à une opération, a un état nerveux dialhésique, hystérique ou autre, peuvent résister plusieurs années a divers traitements et prendre l'importance d'une névrose plus grave, en raison de l'entrave qu'elles apportent au libre exercice des mouvements et de l'état dépressif dans lequel elles jettent a la longue ceux qui en sont affectés.]
[Traitement. — Je n'ai rien d'important à mentionner relativement au diagnostic de la névralgie cutanée, attendu qu'il est toujours facile de la distinguer des névralgies des troncs et filets
nerveux profonds. J*aborde donc immédiatement son traitement.
Il va de soi que tous les agents qui peuvent agir directement, lopiquement, sur le système nerveux» devront ici occuper la première place.
Je recommande à ce titre l'opium, la belladone, Taconit, incorporés à Taxonge ou à la glycérine, à l'état d'extrait, d'alcaloïde ou de sel y dans les proportions indiquées (voyez p. 55). Leur absorption par la méthode endermique, et surtout par lei injections sous-épidermiques, suivant la méthode du docteur Wood, aura une efficacité incontestable ; car, quelle médication pourrait être plus rationnelle que celle qui consiste à mettre eo contact avec les vaisseaux cutanés absorbants et les houpes nerveuses qui les accompagnent, un agent antinévralgique aussi actif que le sulfate d'atropine, par exemple.
Les préparations opiacées et belladonées sont celles auxquelles je donnerais la préférence ; puis, à leur défaut, j'aurais recours au courant électrique à forte tension, le pinceau métallique d^un des électrodes étant promené avec rapidité et Icgèreté sur toute la surface hyperesthésiée ou algésiée. Les névralgies des troncs nerveux ou des branches musculaires, compliquées de névralgie cutanée ^ cèdent (|uelquefois a l'action substitutive de rélectricité, et la dermalgie plus superGcielle, plus facile à atteindre, ne saurait opposer une résistance plus considérable que celles des organes profonds.
La cautérisation transcurrente, dont certains auteurs, Valleix entre autres, ont vanté l'eificacité dans les névralgies généralisées, offrirait encore ici une précieuse ressource, mais seulement comme moyen extrême, et dans le cas où les autres médications auraient échoué. Je dois encore mentionner comme se rapportant au mémo mode d'agir, l'éther ou le chloroforme versé sur de la ouate et applique sur la peau douloureuse.
A ce traitement local, borné a la région de la peau iiévralgiée, on ajoutera des bains généraux rendus calmants par l'addition d'un décocté de quelques poignées di'S espèces narcotiques ; des bains sulfureux, si propres à diminuer ^hyperestllé^ie locale ou la généralisant ; des bains de vapeur, si efficaces dans le cas
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OÙ il y aurait nécessité de rappeler les importantes fonctions sécrétoires delà peau. On pourrait même user de Thydrothérapie si la névralgie semblait se rattacher à d*autres névroses générales, à celles de Tappareil digestif par exemple.
Il me sufQra de rappeler la place importante que j'ai donnée parmi les causes aux prédispositions générales diathésiques, au rhumatisme, à la syphilis, à Therpétisme, pour faire comprendre la nécessité de fixer son attention sur le traitement général ou prophylactique; mais nous nous garderons de considérer, à Texemplb de quelques auteurs, le rhumatisme comme la cause presque unique deladermalgie; ce serait renfermer la pathogénie de cette névrose dans un cercle trop étroit. Nous ferons la juste part de l'hérédité, de la constitution, des maladies générales antécédentes, et nous opposerons à chacune de ces altérations pseudo-organiques de toute l'économie, et principalement du sang, des systèmes nerveux et des tissus musculaires et autres, une médication spéciale, c'est-à-dire suivant les cas, antisyphilitique, antirhumatismale, antigoutleuse , antiherpétique, et rhygiëne domestique, le changement de lieu; le séjour à des thermes appropriés, viendront en aide aux préparations ferrées, quiniques, mercurielles, sulfureuses, iodées et arsenicales, dont î'ai recommandé Tusage lorsque je me suis occupé du traitement des névralgies en général. Il est d'ailleurs entendu que l'action topique de l'opium, de la belladone, de l'aconit et même des agents révulsifs ou substitutifs, sera secondée par l'usage à l'intérieur de pilules ou de potions calmantes.
La névralgie périphérique a trop souvent pour point de départ une perturbation nerveuse centrale, pour que nous négligions de mettre à profit l'avantage que peut procurer, en pareille circonstance, la médication antinévralgiquc générale proprement dite.]