ARTICLE PREMIER
NéVRALGII SCUTIQDE. — FÉMORO-POPLITÉE.
[La névralgie sciât ique {schias, dolor ischiadicus^ Sennert; ischiagra^ Schneider ; dolor coxendicuSj Bonnet ; malum ischiarf*cî/m, Nen ter; tnorbus coxarius ^ de Haen; ischias nervosa posiica, Cotugno ; fémoro-poplitée^ Chaussier) a été décrite pai un grand nombre d'auteurs : je ne parlerai que des priiicipaux d'entre eux, car, s'ilmefallait citer seulement les noms de tous ceux qui ont parlé de cette maladie, soit à propos de ses causes, soit a propos de son traitement, plusieurs pages n'y suffiraient pas; la longue énumération qu'en fait Ploucquet dans son répertoire en est une preuve.
Ontrouvedanslesécritsd'Hippocrate,deRiolan,de Fernel,unf vague mention de la scintique à propos de la coxalgie, mais i Cotugno revient l'honneur d'avoir le premier donné une description complète de cette maladie. Il en a parfaitement désigne le siège, comme le prouve le passage suivant :
€ Sunt nervosa» ischiadis species dua* : altéra enini fixum dolu-
NÉVRALGIE SCIATIQUE. — FÉMOKO-POPLITÉË. 103
rem habel in coxa, prœcipue post majorem femoris trocbantcrem, qui sursum ad os sacrum, deorsum, per externi femoris latus, ad poplitem usque vim suam extendit ; raro autemin poplitehic dolor desinit, sedssepius a poplite, vel percapitis fibulrc exteriora declinans, in priorem descendit cruris partem, et secundum exterius latus spinoî libiœ anterioris percurrens, anie malleolum exteriorem in dorsum pedis tandem desinit ^ vel demissus in suram per malleolum exteriorem plantam pedis attingit. Altéra vero species 6xum dolorem in inguine ostendit, qui per interiorem femoris, ac surae partem, versus pedem propagatur. Priorem, quod posticas insideatcoxœ partes, totaquefundeturin ischiadici nervi affectione, Ischiadem NERvosAMPOSTiCAMappello: alteram, quodcoxœ priora possideat, nervique cruralis passione generetur, nervosam ischiadem anticam nominabo (1). >
Cotugno insiste avec raison sur les douleurs soit spontanées, soit provoquées par la marche. 11 distingue trois stades dans le développement de cette maladie : le premier stade a pour signe l'inflammation, le second, l'hydropisie du nerf, qui devient œdémateux, le troisième, une semi-paralysie causée parTaugmentation de cette hydropisie. Les théories humorales imaginées par Cotugno n*ont sans doute pas une très grande valeur, mais cette part faite aux doctrines pathogéniques erronées de son temps, et dont tout auteur, à ime époque donnée, subit malgré lui Tinfluence, il faut reconnaître que la sciatique avait été si bien étudiée par le médecin de Naples, que la paralysie, résultat possible de cette maladie, et que des auteurs ont passée sous silence, n^a point échappé a son obscrvation.il en fait le troisième degré de la névralgie. Nous verrons plus loin, comme déjà nous l'avons indiqué en traitant delà névralgie brachiale, que la paralysie est, en effet, une des complications les plus graves de la sciatique.
Sauvages (2), dans un article sur la sciatique où se montre,
(i) Domini ColaDnii, Ojmscula medica. — De Ichiade nervosa commentarius. Neapoli, 1764. — ^d? officina bibliographica et typographica. 1827, t. Il,
(2) Nosologia methodka sisteus morhorum classes gênera et species, juxla Sydenhami mentem, etc. Amstelodami, 1763, traduction de Nicolas. Paris, 1771 I. Il, p. 574.