‹ Traité pratique des maladies scrofuleuses et tuberculeusesChapitre 10 sur 98 · CARACTÈRES DES TUBERCULES EXAMINÉS A L'OF.IL NU · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DES TUBERCULES EXAMINÉS A L'OF.IL NU

séreux, soit du tissu cellulaire parenchymateux , tel que celui qui constitue les fibres pulmonaires. Le voisinage des vaisseaux est enfin une condition nécessaire pour le dépôt des tubercules; aussi les parties dépourvues de vaisseaux ou peu vasculaires n'en renferment guère.

6° Rapport du tubercule avec les parties qui V entourent. Le rapport du tubercule avec les tissus ambiants est extrêmement variable. En général, il y provoque un état de congestion, et cela par deux raisons : d'abord il irrite par sa présence , et ensuite il occupe des points pourvus de vaisseaux dans lesquels, après l'excrétion tuberculeuse , la circulation devient plus difficile , ce qui tout naturellement provoque une plus grande plénitude, une altération de proportion entre le flux et le reflux , en un mot une congestion dans les vaisseaux circonvoisins. Cette congestion n'est quelquefois que passagère , et peut cesser lorsque l'excrétion tuberculeuse suit une marche lente. C'est ce que l'on observe , par exemple , dans la tuberculisation pulmonaire très chronique ; d'autres fois cet état de congestion ne se dissipe point. Il s'établit alors une gêne déplus en plus grande dans la circulation , qui finit par passer à l'état de véritable inflammation, prenant, suivant l'organe et suivant la marche de la maladie, un caractère aigu ou plus ou moins chronique. La marche de la phthisie peut même offrir des différences notables , suivant l'importance de l'organe dans lequel ce travail phlegmasique a lieu. Une inflammation cérébrale autour des productions tuberculeuses , par exemple , sera assez promptement mortelle , tandis qu'une phlegmasie , même fort intense, autour des glandes tuberculeuses du cou influera bien moins sur la santé générale et sur l'issue de la maladie.

7° Mélanose autour des tubercules. Outre l'inflammation qui entoure quelquefois les tubercules , et qui peut se terminer, soit par induration, soit par suppuration, il y a encore une autre sécrétion qui accompagne fréquemment les tubercules , c'est la mélanose qui se trouve surtout autour de ceux des poumons , et assez souvent aussi dans les ganglions bronchiques tuberculeux , pas très rarement dans la tuberculisation du péritoine , rarement enfin dans d'autres parties.

8° Vascularite des tubercules. Les observations que nous avons faites sur la vascularité et la circulation dans les tissus qui entourent les tubercules nous conduisent tout naturellement à nous demander si Jes tubercules, comme tels , renferment ou non des vais-

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seaux. Nous avoua étudié avec un soin tout particulier cette question , et nous sommes arrivé à ce résultat bien positif que ce n'est que très exceptionnellement que des vaisseaux se ramifient dans les tubercules. Sur le grand nombre de nos recherches nous n'avons constaté le fait que deux fois : une fois dans le cerveau et une fois dans le poumon , et nous avouons qu'il nous reste même quelques doutes sur ces observations. La règle générale est que le tubercule est dépourvu de vaisseaux sanguins et lymphatiques. Les vaisseaux que nous y avons plusieurs fois rencontrés, soit à l'état naturel, soit par l'injection artificielle, n'étaient autre chose que des vaisseaux qui existaient antérieurement dans la partie où le tubercule a été déposé, et qui avaient été englobés, pour ainsi dire, dans la masse tuberculeuse. En pratiquant des coupes fines dans diverses directions, coupes qui comprennent, outre le tubercule, les parties ambiantes , nous avons pu voir que ces vaisseaux' traversent les tubercules sans y donner des rameaux nourriciers Cela se voit déjà , sans injections artificielles , lorsqu'on dissèque avec soin des glandes lymphatiques tuberculeuses. Nos recherches n'ont pas confirmé l'opinion de M. Guillot, qui prétend qu'il se forme autour des tubercules des vaisseaux nouveaux indépendants de la circulation générale, et qui , plus tard , s'abouchent avec les vaisseaux préexistants. En général , nos observations sur la vascularité normale et morbide sont tout à fait contraires à ce mode de développement d'une circulation indépendante dans des produits pathologiques.

§ II. Composition microscopique des tubercules.

Nous arrivons à présent à un des points les plus importants de l'histoire de la tuberculisation , à la composition microscopique du tubercule. Nous en avons fait depuis longtemps le sujet d'une étude toute particulière, la détermination rigoureuse de ses éléments ayant une portée pathologique immense , soit par rapport à la nature spéciale de ce produit morbide, soit pour connaître ses derniers éléments moléculaires accessibles à nos sens.

Nous trouvons dans le tubercule trois éléments constants , dont deux n'ont rien de spécifique , mais dont le troisième est tout à fait caractéristique. Les deux premiers sont :

1" Granules moléculaires des fuùercules. Des granules moléculaires de ^ à /le millimètre, il ne serait pas impossible , lorsqu'on aura perfectionné le microscope, et surtout les forts gros-

COMPOSITION MICHOSCOIMOI I. DBS 1 1 IWT.Ctï.KS. 7

sissements, que l'on y trouvât quelque chose de spécial ; mais dans l'état actuel de la science , tous les corpuscules au-dessous de «4* de millimètre se ressemblent tellement, qu'il serait témérairede vouloir spécifier leur nature d'après la seule inspection microscopique. Ces granules se trouvent disséminés dans toute la masse du tubercule et quelquefois ils s'y renoontrent en si forte proportion qu'ils paraissent la composer en majeure partie ; avec quelque soin cependant, on voit le plus souvent les globules propres au tubercule.

8* Substance inter - globulaire des tubercules. Une substance demi-transparente, d'un jaune grisâtre, unit entre eux les granules et les globules du tubercule , auxquels elle sert, pour ainsi dire , de ciment. Elle est assez solide, ce dont on peut se convaincre en disséquant des tubercules sous le microscope ; on voit alors que les globules du tubercule sont bien plus solidement unis entre eux que ceux de la plupart des autres produits morbides. Ce fait est important à noter, parce que cette cohésion donne au tissu tuberculeux un aspect tout particulier ; c'est peut-être aussi une des raisons pour lesquelles le tubercule n'est pas vasculaire , vu qu'il oppose une certaine résistance aux vaisseaux qui tendraient à y pénétrer. Cette substance intermédiaire ne montre par elle-même aucune trace de fibres , elle se trouve en quantité plus abondante dans le tubercule gris damitransparent que dans le jaune caséeux, et elle se liquéfie pendant le ramollissement.

3° Corpuscules ou globules jiropres au tubercule. L'élément constant et caractéristique du tubercule est le globule tuberculeux qui , comme nous le verrons bientôt, se distingue de tout autre élément primitif, normal ou pathologique. 11 est rarement rond ou ovalaire : cependant, tout en étant irrégulier, il se rapproche toujours plus ou moins de l'une de ces formes. Ses contours sont habituellement anguleux , à angles arrondis lorsqu'on les regarde par un seul côté,- plutôt polyédriques lorsqu'on les fait flotter ou nager, ce qui est nécessaire pour se rendre bien compte de leur surface. Celle-ci, quoique n'étant pas régulière , est cependant lisse , et on n'aperçoit point de granules collés à sa superficie. Le volume de ces globules varie en moyenne entre et ^ de millim. ; nous les avons vus quelquefois atteindre jusqu'à Ces mesures sont la moyenne résultant d'un grand nombre d'observations. Lorsque les globules du tubercule sont plutôt ovoïdes , la moyenne de leur largeur est de ~ de millimètre, tandis que leur longueur varie entre ^ et fk. Le contenu de ces globules consiste en une masse plus ou moins

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