MÉTHODE EMPLOYÉE POUR ÉTUDIER LES CARACTÈRES DES TUBERCULES
bules mélaniques parfaitement sphériques de ^ à ffe de millimètre remplis, dans leur intérieur, de granules noirs. Jamais nous n'avons rencontré ce pigment dans l'intérieur du globule du tubercule, comme cela arrive pour celui du cancer, par exemple.
c. Les fibres ne se trouvent que très exceptionnellement dans le tubercule. Un auteur allemand, M. Gerber (de Berne ) , divise les tubercules en albumineux et en fibreux, mais il est incontestablement dans l'erreur. Il est vrai de dire qu'il a plutôt étudié les tubercules chez le cheval que chez l'homme. Pow notre compte, nous avons bien vu des fibres dans les tubercules des membranes séreuses, ainsi que dans ceux des poumons , mais ce n'étaient que les fibres normales de ces parties , entre lesquelles la matière tuberculeuse avait été déposée. Nous n'avons, par contre, trouvé qu'une seule fois des fibres complètes et des corpuscules fusiformes dans les tubercules d'organes qui, à l'état normal, n'en renferment point. En outre, les tubercules du cheval , que nous avons eu également occasion d'étudier au microscope, ne nous ont guère permis de confirmer l'observation de M. Gerber, et dans tous les animaux chez lesquels nous avons examiné des tubercules jusqu'à présent, nous les avons vus composés des mêmes éléments que chez l'homme.
cl. Des cristaux de forme prismatique se trouvent très rarement dans les tubercules ; ce n'est que très rarement aussi qu'on y trouve une espèce de globules verdâtres particuliers que nous avons trop peu observés pour pouvoir en préciser la nature.
Le pus que l'on rencontre autour des tubercules , ou même au milieu de la substance tuberculeuse ramollie, provient toujours des parties environnantes.
§ III. De la méthode employée pour étudier les caractères physiques et microscopiques des tubercules.
Avant de parler des diverses phases de développement des tubercules, ainsi que de leur composition chimique, il nous paraît important de rendre compte de la méthode que nous avons suivie dans l'étude des tubercules et dans leur examen comparatif avec tous les autres produits pathologiques.
En général , nous reconnaissons surtout de l'utilité à l'anatomie pathologique , comme étude complémentaire de l'observation au lit du malade , et lors même qu'il n'est pas toujours possible d'avoir une connaissance complète et détaillée des cas pathologiques dont
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on étudie les lésions, nous regardons pourtant la médecine clinique comme la base d'une saine application de l'anatomie morbide, et nous ne saurions assez blâmer la médecine faite exclusivement dans les salles d'autopsie. Nous ne blâmons pas moins la médecine exclusivement faite dans les laboratoires de chimie et de microscopie. Il ne surgira jamais de doctrines saines de ces méthodes exclusives, car jamais la mort seule n'expliquera les phénomènes de la vie, et l'autopsie cadavérique, aidée de l'examen chimique et microscopique, ne peut éclairer que celui qui est profondément versé dans l'art d'observer les malades durant La vie. L'observation clinique supposée faite, il faut procéder à l'autopsie avec l'exactitude propre à l'anatomie descriptive, il faut disséquer tous les organes et les parties essentielles qu'ils renferment et déterminer ainsi le siège et la nature des lésions autant que cela peut se faire à l'œil nu. Nous avons ensuite l'habitude d'emporter des salles* d'autopsie toutes les pièces dont l'examen plus approfondi peut offrir quelque intérêt et donner quelque éclaircissement utile. Après les avoir regardées à la loupe , nous disséquons des portions sous le microscope de dissection avec un grossissement de 10 à 20 diamètres; c'est ain^i que nous pouvons alors bien déterminer les rapports qui existent entre les tissus malades et les tissus sains, leur vascularité, le groupement de leurs éléments, etc. ; de cette manière, nous pouvons bien mieux isoler les parties que nous voulons examiner avec de plus forts grossissements. Il s'agit alors de ne pas prendre avec la matière tuberculeuse les éléments des parties ambiantes. A cet effet, il faut d'abord enlever avec un scalpel tout le liquide qui recouvre la coupe sur laquelle on veut prendre la matière tuberculeuse. Pour le tubercule jaune et caséeux , il suffit de prendre dans son centre, avec la pointe d'un scalpel, quelques grumeaux que l'on délaie ensuite dans un peu d'eau , dans laquelle on divise la matière tuberculeuse au moyen de deux aiguilles à manche , ce qui se fait mieux sous le microscope simple qu'à l'œil nu; on recouvre cette préparation faite sur une plaque de verre ordinaire avec un second verre très mince , on laisse ensuite évaporer pendant un quart d'heure ou une demi-heure, une partie du liquide délayant; puis on examine cét objets successivement avec les grossissements de 50, de 300, de 500 et de 800 diamètres, et on reconnaîtra alors aisément tous les détails que nous venons d'indiquer. Nous profitons de cette occasion pour insister sur la nécessité d'examiner les corpuscules du tubercule avec de forts grossissements On peut aujourd'hui aller jusqu'à
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800 diamètres, et certainement ce grossissement n'est pas de trop lorsqu'il s'agit de distinguer des globules dont le volume, pour le tubercule, atteint à peine demillim., et qui, pour les globules pathologiques en général, ne dépasse pas souvent-^ demillim. Nous recommandons ensuite d'observer avant tout , dans les préparations microscopiques des tubercules, les endroits dans lesquels les globules se trouvent encore réunis par la substance intermédiaire qui leur sert de ciment. Aux bords de ces plaques de matière tuberculeuse on distingue facilement les détails des globules ; tout près do ces bords on rencontre ordinairement quelques uns de ces corpuscules isolés. On pourrait croire que cette indication est par trop minutieuse, mais l'expérience nous a démontré que, pour l'examen des tubercules pulmonaires surtout, on a presque toujours, sur la préparation microscopique, quelque soin que l'an y mette, des éléments étrangers au tubercule, tels que des globules granuleux, des globules de pus, de jeunes cellules d'épithélium, etc. ; ce qui a donné lieu à. des erreurs sur ce sujet dans les travaux de plusieurs anatomistes du premier mérite.
On trouve la matière tuberculeuse la mieux caractérisée dans les glandes lymphatiques. Les tubercules cérébraux la montrent aussi ordinairement fort bien. On découvre déjà plus difficilement les globules des tubercules dans la granulation demi-transparente des poumons, pour l'examen de laquelle il est important de la débarrasser par une dissection soignée de tous les tissus qui l'entourent et d'y faire ensuite des coupes très fines pour pouvoir les soumettre au microscope.
C'est pour avoir omis ces précautions, que M. Rochoux (1) a décrit , à ce que nous croyons, comme principal élément de la granulation grise un feutrage de fibres, qui ne sont autre chose que les fibres pulmonaires englobées dans le tubercule; et quant à l'élément caractéristique, les globules propres aux tubercules, ils lui ont complètement échappé.
S IV. Différence entre les globules du tubercule et plusieurs autres globules
élémentaires.
Nous arrivons à présent à un point important, le caractère différentiel entre le globule tuberculeux et quelques autres globules normaux et morbides.
(I) Bulletin de l'Académie de médecine, Paris, 1 848, t. XIII p. 726