M CARACTÈRES DE LA. MATIÈRE TUBERCULEUSE
1° Globules rouges du sang. Ceux-ci ne sont guère plus grands que les globules du tubercule, mais leur forme est régulièrement ronde, plate, annulaire, déprimée au centre ; ils ne contiennent ni noyaux, ni granules ; ils sont remplis de matière colorante rouge, qui déjà, dans le globule isolé, offre une teinte jaune rougeâtre très caractéristique. Lors même que les globules sanguins sont déformés, ce qui arrive souvent, leur bord prend un aspect crénelé et régulier sur toute la circonférence. Ainsi, différence de forme, de teinte et de contenu.
2° Globules blancs du sang. On sait qu'il existe dans le sang humain, comme dans celui des animaux vertébrés, des globules blancs que l'on a aussi désignés sous le nom de globules lymphatiques du sang. Ils sont plus grands que les globules tuberculéux ; leur dimension varie entre ~ et ttô ^e millimètre. Leurs contours sont réguliers, leur forme est lenticulaire et un peu bombée, leur contenu est granuleux; de plus, on voit dans leur intérieur plusieurs petits noyaux, surtout visibles, lorsqu'on les traite avec l'acide acétique 5 leur teinte est tout à fait blanchâtre. Ainsi, différence de dimension, de forme, de teinte et de contenu.
3° Produits de V inflammation . — A. Globules du pus. Ils sont beaucoup plus volumineux ayant du tiers au double de plus dans leurs dimensions; leur forme est sphérique ; ils sont libres et désagrégés, sans trace de substance inter-globulaire solide ; leur surface est grenue et framboisée , et dans leur intérieur, on reconnaît avec de forts grossissements et encore mieux par l'addition de l'acide acétique , un , deux , trois ou quatre noyaux de de millimètre, à contours beaucoup plus marqués, renfermant quelquefois un nucléole. Ainsi, absence de matière interglobulaire, forme sphérique, volume beaucoup plus considérable, surface grenue, contenu formé de plusieurs noyaux, transparence de l'enveloppe par l'acide acétique : voilà autant de caractères qui distinguent le globule du pus de celui du tubercule.
B. Globules pyoïdes. Ce sont des globules du pus qui ne renferment point de noyaux, mais qui par tous les autres caractères susindiqués diffèrent des corpuscules du pus.
C. Globules granuleux de nature graisseuse des produits d'exsudation. Ils sont deux à trois fois plus grands que ceux du tubercule ; leur forme est régulière et ronde, ils sont tout à fait remplis de granules jaunâtres qui, avec de forts grossissements, paraissent comme des points très petits et noirs dans l'intérieur. Ces granules
GLOBULES DU TUBERCULE ET GLOBULES ÉLÉMENTAIRES, 13 offrent un mouvement moléculaire distinct, ce qui semble indiquer que la substance qui les entoure dans l'intérieur des globules est liquide. Ainsi voilà bien des caractères qui rendent l'erreur impossible ; on voit souvent ces globules dans les tissus qui entourent les tubercules.
Nous voyons donc que les produits de l'inflammation, quelle que soit leur forme, diffèrent essentiellement de la matière tuberculeuse.
4* Globules fibro-plasliques. Ce sont des globules que l'on rencontre chaque fois que du tissu cellulaire se forme d'une manière accidentelle et morbide sur un point quelconque de l'économie, sans compter son existence à l'état normal dans l'économie. C'est ainsi que M. Robin, dans son beau travail sur la membrane muqueuse utérine , a démontré dernièrement sa présence constante dans l'utérus. On y trouve alors des formes intermédiaires entre des fibres complètes et des globules, savoir : des fibres larges dans leur milieu, des corps fusiformes avec ou sans noyaux, des globules allongés et des globules arrondis à noyaux. Cette succession d'éléments est entièrement différente de' ceux du tubercule ; mais quelquefois on y rencontre de préférence un très grand nombre de noyaux cellulaires fibro-plastiques, et c'est dans ce cas surtout que l'observateur inattentif pourrait se tromper ; cependant ces noyaux diffèrent des corpuscules du tubercule par leur forme elliptique, par leur aspect pâle et par un ou deux nucléoles punctiformes bien distincts, que Ton voit dans leur intérieur. Ainsi, différence de forme, de contours et de contenu.
5° Globules graisseux. Ils sont en général plus grands que ceux du tubercule; mais même lorsqu'ils sont de petite dimension, on peut toujours arriver au diagnostic exact, si l'on prend en considération la forme ronde et le contenu homogène et opalisant des vésicules graisseuses.
6° Globules mélaniques. Ils ont en général le double des dimensions de ceux du tubercule, ils sont ronds et remplis de granules noirs , et par leur teinte brune ou noir foncé, ils diffèrent déjà au premier coup d'œil de ceux du tubercule.
7° Globules cancéreux. Les globules cancéreux complets se composent d'une membrane cellulaire d'enveloppe, d'un à deux noyaux et d'un à plusieurs nucléoles. La membrane cellulaire est ou ronde ou irrégulière ; mais elle est toujours pâle, et quant à ses dimensions, !e minimum du globule cancéreux complet offre ordinairement le double des dimensions du corpuscule du tubercule. Il ne reste donc
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que le noyau avec lequel ou pourrait les confondre. Or, celui-ci est aussi ordinairement beaucoup plu- grajjd,; il en diffère de plus par des contours parfaitcinent nets et arrondis, par une ombre line et régulière à son bord et par des nucléoles volumineux et bien distincts dans son intérieur.
Voilà les éléments principaux avec lesquels il importe de ne pas confondre ceux du tubercule.
§ V. Phases de développement du tubercule.
Le tubercule peut suivre jusqu'à la fin une marche destructive, et c'est même le cas le plus ordinaire ; cependant il peut aussi s'arrêter dans sa marche et se terminer par une guérison plus oumoins complète. Nous avons donc là deux ordres différents d'évolution. Dans la première, que nous appellerons évolution destructive , nous distinguons deux périodes, savoir: le ramollissement et la fonte. Dans la seconde, que nous appellerons l'évolution curative, nous avons également deux sous-ordres qui correspondent aux deux périodes que nous venons de signaler, savoir : la transformation crétacée du tubercule cru et la cicatrisation de l'ulcère tuberculeux.