PHASES DE DÉVELOPPEMENT DU TUBERCULE
qu'ensuite l'inflammation des parties ambiantes n'accélère de beaucoup la marche du ramollissement, seulement nous ne pouvons pas y voir sa dernière cause.
2° Fonte des tubercules. Nous avons vu que les tubercules se ramollissaient de diverses manières et que souvent les tissus ambiants se phlegmasiaient et accéléraient ainsi la décomposition par une véritable fonte du tubercule , qui est le dernier terme de sa destruction. Dans le ramollissement, les corpuscules sont encore respectés jusqu'à un certain point , quoique leur boursouflement soit déjà un commencement d'altération. Dans la fonte, le globule tuberculeux perd complètement ses caractères individuels et finit par se dissoudre en une matière qui n'offre plus de molécules caractéristiques; mais à côté de cette substance méconnaissable, on rencontre pendant quelque temps encore par places les éléments du tubercule ramolli et même ceux du tubercule cru. En même temps les parties qui entourent la matière tuberculeuse arrivée à ce terme, s'altèrent de plus en plus, tant par de nouvelles excrétions tuberculeuses que par un travail phlegmasique et par l'ulcération. L'ulcère tuberculeux est ainsi le résultat de cette phase d'évolution. Nous reviendrons sur ces ulcères en parlant du tubercule dans les divers organes ; mais c'est ici le cas de faire à leur sujet quelques remarques préalables. 11 y a des organes dans lesquels le tubercule n'arrive guère à la fonte ulcéreuse. Tels sont les centres nerveux, soit leur enveloppe, soit leur substance. Il en est de même du péritoine, des glandes mésentériques, de la plèvre, de la rate, ainsi que de plusieurs autres organes. Nous observons , par contre , la fonte ulcéreuse des tubercules dans les poumons où l'on désigne ces ulcères bous le nom de caverne, dans les glandes cervicales et axillaires où on l'appelle à tort ulcère scrofuleux, dans les intestins, dans les os, quelquefois dans le foie et les reins. Nous avons plusieurs fois observe des fistules tuberculeuses se faisant jour au dehors, au cou, sur le sternum et sur l'abdomen, provenant de la fonte tuberculeuse des poumons et du péritoine. Ces lésions, toutes différentes qu'elles paraissent au premier abord, ont cependant entre elles des liens physiologiques importants. Dans toutes, le tubercule cru s'est d'abord ramolli et ensuite liquéfié , les parties environnantes se sont enflammées et infiltrées de pus, l'inflammation a gagné de proche en proche jusqu'à ce qu'elle est arrivée à quelque point de l'économie communiquant plus directement avec l'air extérieur. C'est ainsi que les tubercules des glandes lymphatiques extérieures s'ouvrent directe-