PHASES DE DÉVELOPPEMENT DU TUBERCULE
des poumons et des glandes bronchiques ; sa consistance est molle au toucher, comme celle du mastic de vitrier, on y discerne aisément des parcelles minérales, et il n'est même pas rare d'y trouver des concrétions pierreuses plus ou moins volumineuses qui cependant ne dépassent guère le volume d'un petit pois , et offrent des contours tout à fait irréguliers. En touchant ces tubercules avec la pointe d'un scalpel, on reconnaît partout des parcelles minérales.
Pendant la première période de la transformation crétacée, le microscope montre la substance interglobulaire bien conservée ; mais elle contient déjà, outre ses granules moléculaires ordinaires, beaucoup de granules minéraux, qui, du reste , n'offrent point de caractères spéciaux, et se reconnaissent plutôt par la résistance particulière qu'ils opposent à la compression entre deux verres. Il m'a paru cependant que les granules minéraux blancs, qui paraissent noirs sous de forts grossissements microscopiques, étaient plus volumineux que les autres granules moléculaires du tubercule , et qu'ils offraient des contours plus tranchés. Peu à peu la substance interglobulaire diminue, et dans la transformation crétacée plâtreuse elle est entièrement remplacée par des molécules minérales , qui même peuvent se déposer dans l'intérieur des corpuscules propres du tubercule. On voit paraître en même temps des groupes de cristaux de cholestérine qui sont bien autrement fréquents dans le tubercule crétacé que dans le tubercule à l'état de crudité ou de ramollissement. Il va sans dire que, lorsqu'il y a mélanose, on voit aussi les éléments particuliers sus-décrits de cette production morbide.
Nous n'avons rien à ajouter aux opinions qui ont cours dans la science sur la valeur curative de l'état crétacé. Comme les autres pathologistes qui se sont occupés de cette question , nous avons principalement rencontré l'état crétacé dans les autopsies d'individus guéris d'une affection tuberculeuse ancienne et de peu d'étendue , et dont la mort avait été la conséquence d'une autre maladie. Nous l'avons vu aussi dans les autopsies d'individus qui avaient succombé à des affections tuberculeuses étendues; mais cela n'infirme pas la valeur curative de l'état crétacé , car il y avait alors une tendance vers la guérison dans quelques endroits , tandis que le mal avait continué à faire des ravages dans le reste de l'économie; de même que nous trouvons quelquefois des ulcères intestinaux cicatrisés dan» l'autopsie d'individus qui succomber^ malgré, cela à l'affection typhoïde, et qui présentent beaucoup d'autres ulcères non cicatrisés.
C est dans les poumons et dans les glandes bronchiques que nous