‹ Traité pratique des maladies scrofuleuses et tuberculeusesChapitre 54 sur 98 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

La surface externe du corps est une des parties sur lesquelles on rencontre le plus souvent des affections morbides chez les scrofuleux. Toutefois disons de suite qu'il n'y a pas une seule forme des maladies de la peau exclusivement propre aux scrofuleux , pas même le lupus que pendant longtemps on a regardé comme appartenant tout particulièrement à cette diathèse. Nous verrons cependant bientôt que toutes ces maladies chroniques du derme sont loin d'offrir chez les scrofuleux une égale fréquence, et que ce sont surtout les formes suppuratives et hypertrophiques qu'ils présentent le plus souvent. Ces dermatoses sont chez eux bien souvent combinées avec d'autres manifestations du vice scrofuleux ou avec, des tubercules glandulaires , ce qui justifie l'opinion qui admet que l'éruption cutanée, quoique n'offrant rien de spécifique dans l'aspect du mal local, est cependant loin d'être , dans ces cas, une affection idiopathique et purement locale , mais bien plutôt l'expression d'une disposition générale et constitutionnelle.

Avant d'exposer avec quelque détail l'anatomie, la pathologie et la thérapeutique de ces maladies, il nous paraît nécessaire de donner en quelques pages le résumé de nos recherches sur la classification générale des dermatoses qui , dans la plupart des auteurs, même les plus modernes, est loin d'être physiologïqiie et naturelle, comme on s'en convaincra par un simple coup d'œil sur la terminologie de cette partie de la pathologie. L'auteur qui, parmi les modernes, a les idées les plus justes et les plus avancées sur cette matière, est M. Hebra de Vienne, avec lequel nous nous trouvons d'accord sur un grand nombre de points. On ne pourrait cependant pas nous reprocher d'avoir puisé nos principes de classification dans le petit écrit qu'a publié sur cette matière un de ses élèves. Nous ne faisons que développer ici des idées que nous avions déjà nettement énoncées dans notre ouvrage de physiologie pathologique. Tout ce travail était depuis longtemps rédigé lorsque nous avons reçu l'excellent ouvrage de M. G. Simon sur l'anatomie pathologique de la peau , ouvrage

où l'anatomie morbide est étudiée du point de vue sévère »ie la physiologie et des sciences naturelles, et que nous regardons cuaime une des belles productions modernes en anatomie morbide.

* Ier. Esquisse succincte de la classification des maladies de la pe*a.

Nous admettons trois grandes classes de maladies de la prau : 1° altérations de la circulation, 2° altérations de la sécrétion ft de la nutrition , 3° parasites du règne animal et du règne végétal vivant sur la peau.

Les deux premières classes se rencontrent souvent ensemble; cependant il y a ordinairement prédominance marquée de l'une ou de l'autre altération.

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