‹ Traité pratique des maladies scrofuleuses et tuberculeusesChapitre 61 sur 98 · AFFECTIONS TUI5EHCULEUSES ET SCRUPULEUSES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS TUI5EHCULEUSES ET SCRUPULEUSES

caillots , on remarque que cette espèce d'ulcération phagédénique n'a pas seulement envahi le derme , mais aussi le tissu cellulaire souseutané , qui est frappé de pourriture ; lorsque l'hémorrhagie capillaire est calmée , le fond de cet ulcère est ordinairement recouvert de mamelons encroûtés d'un pus concret et grisâtre, mais je n'y ai jamais trouvé de véritable couenne. Une suppuration fétide, ichoreuse , sanguinolente , entraîne la chute de presque tout le tissu cellulaire environnant, et dissèque même quelquefois les muscles et les aponévroses ; l'odeur qui s'exhale de cette surface ulcérée est excessivement fétide , mais ce n'est pas celle de la gangrène. Au bout de quelques jours, huit ou dix jours au plus , les accidents formidables cessent ordinairement. L'ulcération est bornée 5 son fond se déterge: des bourgeons charnus se développent , et elle marche quelquefois avec autant de rapidité vers la cicatrisation qu'elle en avait mis pour s'agrandir au début de la maladie; enfin bientôt l'ulcération revient à une dimension plus petite que celle qu'elle occupait précédemment. Quand la pourriture scrofuleuse n'a pas envahi la plus grande surface d'un ou de plusieurs membres , et qu'elle n'est pas en communication avec des maladies articulaires, elle n'entraîne pas ordinairement de suites fâcheuses. L'accident de la pourriture une fois terminé, la marche de la maladie scrofuleuse reprend son cours; mais lorsque la maladie se reproduit plusieurs fois dans le cours de l'année, ce que l'on observe quelquefois, ou lorsqu'elle atteint une articulation déjà très malade, ou enfin lorsqu'elle s'étend sur plusieurs membres à la fois , elle entraîne en général des conséquences très graves , et accélère plus ou moins rapidement la marche de la maladie scrofuleuse qui se termine par la mort (1). »

Nous allons maintenant passer en revue le résultat statistique de 140 observations d'abcès et d'ulcères scrofuleux.

Nous avons séparé dans nos notes les cas d'abcès sans ulcères-, et d'ulcères sans abcès et ceux dans lesquels des abcès et des ulcères existaient en même temps.

Nous en avons noté 140 fois l'existence chez les scrofuleux avec ou sans complication tuberculeuse ; sur ce nombre, il y a 77 hommes et 63 femmes, différence qui n'est pas assez notable pour qu'on eu puisse inférer quelque chose.

La grande majorité des cas porte sur des individus chez lesquels les scrofules existaient sans complication tuberculeuse. Sur les 110

(1) Dictionnaire de médecine, article Scropui.es.

cas , 17 sujets seulement étaient tuberculeux , dont 9 hommes et 8 femmes.

Voici le tableau synoptique des 140 cas :

Scrofules. Scrofules compl. de tubercules. Total.

Nous avons noté dans les deux cinquièmes des cas des abcès seuls sans ulcères ni fistules, en tout 53 fois. Les abcès avaient bien plus rarement leur siège aU tronc , à la tête et au cou , que sur les membres supérieurs et inférieurs ; 27 individus sur 57 , ainsi presque la moitié , étaient dans cette dernière catégorie. Si nous considérons en outre que 18 individus avaient des abcès multiples sur diverses régions du tronc et des membres à la fois , il ne reste que 8 pour le tronc, pour la tête et le cou. Il en résulte clairement que les régions qui sont le plus souvent le siège des engorgements glandulaires tuberculeux superficiels sont celles qui sont bien plus rarement le siège d'abcès scrofuleux , nouvelle raison pour ne pas les confondre dans la même catégorie.

Les abcès passent souvent à l'état d'ulcération quoiqu'ils persistent quelquefois pendant assez longtemps sans s'ouvrir au dehors.

Les cas d'ulcères sans abcès , car cë serait une grave erreur que de croire que chaque fois qu'on observe des ulcères scrofuleux on trouve en même temps des abcès , se sont rencontrés au nombre de 60 sur les 140 cas , c'est-à-dire dans les y. Un tiers avait son siège sur la région du cou, de la figure et de la tête. Pour ces cas, le siège seul du mal n'éclairerait donc nullement l'observateur comme c'est le cas pour les abcès scrofuleux , mais en se rappelant tous les autres caractères sus-indiqùés , on arrivera ordinairement à un diagnostic précis. Il restera peut-être, malgré tout le soin de l'observation , un petit nombre de cas douteux , mais cela n'est pas d'une conséquence sérieuse pour la thérapeutique et encore moins pour la Jpathologie ainsi que pour les doctrines générales , vu que nous avons (prouvé plusjhaut qu'en ajoutant aux cas de scrofules compliquées de (tubercules et à ceux de tuberculisation glandulaire externe pure, tous (ceux de nos notes qui présentaient des engorgements et des ulcères jelans les régions du cou , qui sont le siège de prédilection des tubercules glandulaires, il nous restait encore un grand nombre de

Hommes. . . .

Femmes. . . .

!MMi AFFECTIONS ÏUBNWI LEUSES ET SC.ROFULEUSES

faits dans lesquels les scrofules existaient sans trace de complication tuberculeuse.

Les deux autres tiers des cas d'ulcères que nous avons observés siégeaient sur le tronc, sur les membres, ou sur diverses régions du corps à la fois.

Si nous jetons enfin un coup d'œil sur les 23 cas d'ulcères avec abcès , nous n'y rencontrons que 3 pour le cou , 14 pour les membres supérieurs et inférieurs , et 6 sur les diverses régions du corps à la fois.

L'observation des ulcères et des abcès sur une assez grande échelle, sur 140 individus dont 17 seulement avec complication tuberculeuse, nous montre donc qu'il faut séparer les abcès et les ulcères scrofuleux des ulcères tuberculeux.

Le tableau synoptique suivant fera ressortir ces diverses propositions. Les cas de complication tuberculeuse sont indiqués en parenthèse.

Analyse de 4 40 cas d'ulcères et d'abcès chez les scrofuleux (avec ou sans complication tuberculeuse).

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