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LÉSIONS SYPHILITIQUES DES MEMBRANES PROFONDES DE L’OEIL

habituellement à ce moment que le médecin est consulté. Si par un traitement spécifique il sait enrayer le mal et parer aux récidives, on peut presque toujours compter sur une guérison complète ; aussi la névriLe spécifique peut-elle être considérée comme la plus bénigne des affections de ce nerf.

Rétine. — La rétinitc superficielle est habituellement associée à la névrite, et très-strictement limitée aux environs de la papille. Elle se traduit par une opacité de la région malade qui paraît comme enveloppée d’un nuage, et tranche par son reflet gris bleuâtre, d’une part sur la papille hyperhémiée et rouge, de l’autre sur la teinte rose pâle du fond de l’œil resté sain. On observe en même temps une congestion veineuse très-prononcée.

Plus profonde, interstitielle, la rétinite est généralement diffuse et suit le trajet des vaisseaux. Au niveau des points malades, la membrane nerveuse est dépourvue de transparence, louche et semble épaissie; ces lésions se perdent peu à peu vers les parties équatoriales. L’atrophie neuro-rétinienne est leur ultime et redoutable conséquence.

Signalons enfin une variété de rétinite remarquable par la limitation du processus morbide qui se fixe sur la macula, et surtout par l’étonnante tendance que présentent les lésions à récidiver; c’est la rétinite centrale récidivante de de Graefe, affection rare, puisque, malgré son immense pratique, cet ophtalmologiste n'en observa que 5 cas en 7 années. Tout se borne à de fines opacités d’une teinte grisâtre, mélangées souvent à de petits points jaunes, toujours bien séparés les uns des autres. Celte rétin i Le offre spontanément des intermittences, et, pendant l’intervalle des attaques se dissipe complètement pour reparaître â la moindre rechute: finalement elle peut entraîner l’opacité définitive de la région lésée h

1 La rétinite spécifique se distinguera des diverses variétés de rétinite à l’aide des données suivantes :

Œdème de la véline. — Vient à la suite d’un refroidissement ou de grandes fatigues. — Lésions très-étendues, teinte grise périvasculaire attestant la transsudation. — Hyperhémie veineuse, — Rétrécissement du champ visuel.

Rétinite parenchymateuse. — En outre des symptômes de l’oedème, taches Manches isolées, stries, bandelettes, opacités périvasculaires. — Autour de la macula, lignes grises rayonnées. — Ecchymoses ponctuées. — Marche très-lente.

Rétinite albuminurique. — Suffusion grisâtre péripapillairc ; taches laiteuses entremêlées de foyers apoplccliformes. — Vaisseaux rétiniens presque disparus; autour de la macula, lignes convergentes de petits points blancs.

Rétinite leucémique. — Fond de l’œil de couleur citrine. — Opacités péri— papillaires blanchâtres, arrondies. — Hémorrhagies, troubles visuels modérés.

SYMPTOMATOLOGIE GÉNÉRALE.

Quand la rétinite existe seule, le malade s’aperçoit peu à peu d’un affaiblissement de l’acuité visuelle centrale. Ce phénomène est particulièrement frappant dans la rétinite récidivante de la macula qui survient subitement, et peut occasionner une diminution assez considérable de la vue pour empêcher le malade de se conduire. Mais il est bien rare que ia rétinite soit isolée; le plus souvent, elle accompagne la névrite ou se montre secondairement dans le cours de la choroïdite, qui devient ainsi une chorio-rétinite. Enfin, il est très-fréquent de la voir se compliquer de troubles du côté de l’humeur vitrée; les symptômes qu’elle revêt dans ces deux derniers cas seront faciles à déduire de ce qu’il nous reste à ajouter (photopsie, mouches volantes, micropsie, héméralopie).

Choroïde. — La choroïdite est de beaucoup la plus fréquente et la mieux connue des affections profondes de l’œil ; neuf fois sur dix au moins, c’est par celte membrane que débutent les lésions, et l’on peut dire sans exagération que, dans l’immense majorité des cas, sa souffrance suscite à brève échéance des altérations dans la rétine et le corps vitré; c’est donc l’étude de la choroïdite qui doit tout particulièrement appeler notre attention.

Dans un premier stade, la couche choroïdienne moyenne est le siège d’un néoplasme spécifique, qui ne devient apparent qu’après avoir dissocié les cellules du stratum épithélial qui le séparent de la rétine. L’interruption qui se produit alors dans cette membrane pigmentée, laisse apercevoir par places le tissu morbide sousjacent à travers une ouverture bordée de pigment, d’où la production au-dessous des vaisseaux rétiniens d’un pointillé et plus tard de taches rosées, puis grises, avec petits îlots noirâtres à la périphérie.

Il est fréquent de voir ces taches disposées régulièrement, former au fond de l’œil des dessins arrondis comparables aux syphilides circinées de la peau. Çà et là se voient quelques traces hémorrhagiques, toujours arrondies L

A son début, la choroïdite spécifique disséminée est essentiellement péripapillaire, localisée au pôle postérieur de l’œil; plus tard

1 Pour arriver à localiser sur la rétine ou sur la choroïde les taches vues à rophthalrnoscope on se basera sur les signes suivants :

Taches rétiniennes. — Coloration plus éclatante, — troubles dill'us à leur périphérie. — Vaisseaux tortueux, déviés et cachés par l’exsudât, hémorrhagies allongées en forme de flammèche.

Taches choroïdiennes. — Teinte plus trouble. — Netteté des membranes au voisinage des taches. — Vaisseaux non déviés. — Taches hémorrhagiques toujours grrondies.

JUI.UEN.

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