LÉSIONS TUBERCULEUSES DE LA PEAU
nier cite 1 histoire d une ulcération de ce genre, qui, dans l’espace de plusieuis années, s était étendue sur toutes les régions antérieure, externe et postérieure de la cuisse; depuis le niveau du grand trochanter jusqu’au genou; dans les deux tiers de sa circonférence ce membre n’était qu’une plaie. Dans le service de ce professeur, j ai pu voir une lésion analogue occupant le bras dans toute son étendue. C’est là encore une des affections désignées autrefois sous le nom de lupus syphilitique.
Je n insisterai pas sur les variétés que le mal peut présenter sui-
Fig. 85. — Papillome d’origine syphilitique (d’après un moule du musée de l’hôpital Saint- Louis. Malade de M. Besnier).
vant qu’il progresse par traînées sinueuses, par rayonnemenls centrifuges, etc., ni sur les larges cicatrices blanches ou pigmentées qu’il peut laisser, cicatrices peu difformes au demeurant, parce que la lésion est peu profonde et respecte le plus souvent une partie du derme. Bien différentes sont les suites du phagédénisme térébrant qui peut occasionner de considérables pertes de tissus et même d’organes, et devenir ainsi l’origine des troubles fonctionnels les plus graves.
En terminant, nous appellerons l’attention sur certaines complications peu connues, que peut entraîner l’infiltration tubercu-
ONYXIS.
leuse de la peau, ainsi du reste et au même litre que toute autre excitation prolongée de ce tissu.
Nous avons souvent rencontré la dermite à la suite des ulcères gommeux, notamment sur les jambes ; la lésion spécifique n’existe plus, mais les éléments de la peau témoignent de l’irritation qu’ils ont longtemps subie par de l’œdème, de l’empâtement, et quelquefois de la suppuration. V hypertrophie des papilles (fig. 85), rare parmi nous, a été bien décrite surtout par les Allemands, et tient certainement une grande place dans la syphilis exotique. Le malade, dont nous reproduisons ici le masque, grâce à l’obligeance du docteur E. Besnier, portait un véritable papillome de la région mentonnière et en souffrit pendant de longues années, sans soulagement apparent.
Traitement. — A l’intérieur, traitements mixte et tonique (voyez plus haut, page 788). Localement, deux indications à remplir : faire tomber les croûtes (cataplasmes, bains, application de toile imperméable), et panser l’ulcère mis à nu.
En première ligne, on devra recourir au pansement à l’aide de petites bandelettes de sparadrap de Vigo, que l’on imbriquera de façon à obtenir une occlusion complète. Si cette pratique est inefficace, l’iodoforme, le lartrate ferrico-potassique, le camphre, le nitrate d’argent, ele., et même, dans certains cas, tort rares il est vrai, les caustiques, le chlorure de zinc et le cautère actuel pourront être employés. Pour calmer la douleur, si l’opium ne peut y parvenir, nous recommandons tout particulièrement le bain faradique. Au reste, on n’a qu’à se reporter aux indications précisées à propos du phagédénisme chancrelleux (pages 409 et suiv.). On a cité plusieurs cas où l’abstention de tout traitement avait suffi pour déterminer la cicatrisation d’ulcères phagédéniques restés rebelles à la thérapeutique générale et locale la plus énergique et la plus persévérante. 11 convient de ne pas oublier, dans ce cas, que lorsqu’il ne le guérit pas, le mercure peut favoriser le phagédénisme.