LÉSIONS DU TISSU CELLULAIRE
Les considérations dans lesquelles nous venons d’entrer nous permettront d’être bref en ce qui a trait à la gomme du tissu cellulaire. Nous nous bornerons à mettre en relief les points principaux de son histoire.
Elle consiste essentiellement en une tumeur noueuse, sans membrane d’enveloppe, ou mieux, limitée par le tissu cellulaire condensé à sa périphérie, et qui passe successivement de l’état solide, au ramollissement et à l’ulcération, à moins qu’un traitement approprié ne la fasse disparaître par résorption.
Gomme volume , on a noté toutes les variétés depuis la grosseur d’une fève jusqu’il celle d’un œuf d’autruche; mais dans la grande majorité des cas, on peut les comparera une noisette ou à une noix.
Gomme forme, la lésion est globuleuse, quelquefois ovalaire, sa configuration est le plus souvent déterminée par ses rapports avec les organes voisins; c’est ainsi qu’au contact d’un os, contre lequel elle est comprimée, elle s’aplatit ou s’irrégularise de diverses laçons.
Comme multiplicité , 3, 4, 5 représentent leur nombre moyen, mais exceptionnellement elles peuvent pulluler d’une façon extraordinaire. Lisfranc en a compté 100 sur les bras, les avant-bras et les cuisses d’un malade qui, d’ailleurs, guérit fort bien par l’iodure.
Au reste, l’évolution est lente, insidieuse, et les symptômes subjectifs font défaut, à moins que le néoplasme ne se soit développé au contact de branches nerveuses et ne détermine une douleur irradiée, avec engourdissement et gêne fonctionnelle, comme dans les cas rapportés par Nélalon et Ricord (névralgies de la cuisse, de l’épaule, des doigts, par tumeurs de l’aine, de l’aisselle, du coude).
1 Après une durée toujours assez longue, la peau rougit à la surface et à la périphérie de la tumeur, et s’ulcère en un ou plusieurs points (voy. fig. 86 et 87).
Mais alors, loin de voir s’écouler un liquide filant, et s’affaisser
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la peau distendue, on se trouve en face d’une matière blanchâtre, ti ès-justement comparée à de la chair de morue, tissu dégénéré, véritable corpus mortuum , offrant les plus grands rapports avec le bourbillon du furoncle, et très-bien mis en relief sur la figure 87. Lorsque celte eschare désagrégée s’est éliminée, lorsque l’anfractuosité, la caverne gommeuse qui la contenait a disparu par la destruction progressive de son enveloppe cutanée, il reste une ulcération d’aspect réniforme, à bords polycycliques, susceptible de subir par la suite toutes les complications particulières à cette sorte de lésion, inflammation, phagédé-
Eig. 8(3 et 87. — Gommes du tissu cellulaire à la période d’ulcération. Bourbillon gommeux (d’après un moule de la collection A. Fournier).
nisme, récidive posthume, c’est-à-dire repullulation sur place, infiltration gommeuse de la cicatrice, etc... ( voy . chapitre précédent, page 89).
A côté de cette altération localisée bien circonscrite, nous mentionnerons le syphilome diffus aboutissant à la sclérose du tissu conjonctif. Cette lésion se caractérise par une induration uniforme, non œdémateuse, mal limitée des couches sous-dermiques, avec coloration rouge, violacée des téguments qui sont durs, rigides et immobilisés par leurs adhérences. Il n’est pas rare qu’une région entière soit envahie par ce processus, qui coïncide généralement avec des poussées tuberculeuses ou pustulo-crustacées.
La face et la racine du membre supérieur en sont le siège le plus ordinaire. C’est là encore un des états complexes, confondus sous la dénomination peu précise de lupus syphilitique. Il importe de se souvenir, dans l’examen d’une telle lésion, que la dermite
LÉSIONS DU PÉNIS
vulgaire peut compliquer les éruptions de longue durée; aussi n’acccptera-t-on qu’avec réserve l’hypothèse d’un syphilome diffus, lorsqu’il aura été précédé de désordres spécifiques .Ma surface du tégument L