PANCRÉAS
à leur pourtour. L’organe présentait de nombreux sillons entre ses lobules, était plus ferme au toucher et comme flétri, mais non diminué de volume; il offrait une coloration jaune liée â la présence de granulations graisseuses. L’épaississement des cloisons fibreuses interacineuses témoignait d’une sclérose assez avancée.
En 1875 A. Fournier eut l’occasion d’observer chez un de ses malades un fait de dégénérescence tertiaire de la glande sublinguale plus instructif que le précédent, car le succès de la thérapeutique a confirmé le jugement du clinicien. Le malade, âgé de trente ans, syphilitique depuis onze ans, éprouvait depuis quelque temps une gêne dans la déglutition et la prononciation. A l’examen on constatait un léger soulèvement antéro-postérieur dans la fosse sublinguale droite. La tumeur oblongue, ovalaire, absolument comparable à une datte de moven volume, mesurait environ 4 centimètres de longueur sur 1 centimètre de large. Au toucher elle était ferme, et d’une consistance charnue. Le traitement à l’iodure de potassium ramena en quelques jours l’organe à son état normal.
Un autre faii analogue au précédent a été rapporté par A. Verneuil. Le malade, âgé de quarante ans, éprouvait une grande gêne dans les mouvements de la Jangue. Après avoir éliminé l’hypothèse d’une tumeur liquide, ce professeur pratiqua une incision longitudinale, qui donna issue â une faible quantité de sang et amena une diminution notable; puis le malade fut perdu de vue. Comparant celle observation à la précédente A. Verneuil croit pouvoir affirmer qu’il s’agissait également dans ce cas d’une lésion tertiaire.