‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 148 sur 262 · III. — Lésions des tendons et des aponévroses · texte numérisé non relu

III. — Lésions des tendons et des aponévroses

Lisfranc a le premier décrit les gommes des tendons sous le nom de nodosités blanches; mais c’est encore à Bouisson que nous devons la connaissance exacte de ces lésions. Cet accident, d’autant moins rare qu’il passe très-souvent sinon inaperçu, du moins non diagnostiqué, se rencontre particulièrement sur les gros tendons, le tendon d’Achille, le tendon rotulien; mais il n’en est aucun qui soit à l’abri de ce processus qui a été observé jusque sur le petit psoas ou les extrémités digitales soit des extenseurs, soit des fléchisseurs.

L’infiltration celluleuse est diffuse et se traduit par un épaississement mal limité ; mais plus fréquemment, elle est circonscrite et consiste en une tumeur noueuse, bien apparente à la surface de l’organe ou noyée dans son épaisseur; dans ce dernier cas la

corde prend l’aspect fusiforme. Même processus de dégénérescence graisseuse fibreuse et quelquefois calcaire que pour les muscles, mais avec cette conséquence absolument di fférenle que, lorsque le néoplasme se transforme en tissu fibreux, la jonction peut se rétablir dans son intégrité. Il n’en est pas de môme lorsque la gomme ramollie et dégénérée a fait place à une petite collection semi-liquide, et s’écoule au dehors après avoir déterminé une perforation cutanée, qui bien souvent devient l’origine d’un ulcère.

Cliniquement, on doit soupçonner une affection gommeuse quand autour d’un tendon se dessine lentement une masse dure faisant bien manifestement corps avec l’organe fibreux; au reste peu de douleur.

On observe les mêmes lésions sur les aponévroses, et principalement sur celles qui sont le plus dures, le plus volumineuses. A la cuisse, au niveau du fciscia lata , à la partie supérieure de la jambe, dans les points où l’aponévrose jambière est très-résistante, de larges plaques indurées sans bosselures, sans irrégularités, sans adhérence à la peau, se développent en forme de cuirasse, et persistent, souvent fort longtemps, sans occasionner de trouble appréciable dans les fonctions.

Le traitement antisyphilitique est tout puissant contre ces lésions.

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