‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 147 sur 262 · LÉSIONS DES MUSCLES · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES MUSCLES

Gomme la plupart des lésions viscérales, cet accident survient lentement et suit une marche insidieuse ; attaqué par le mercure,

. il guérit presque toujours et il disparaît très-vite, du moins en tant que syphilome; mais les désordres vulgaires qu’il a déterminés autour de lui, l’atrophie et la dégénérescence du muscle comprimé sont irréparables ; tout retard que subit la thérapeutique peut donc condamner le malade à la rétraction permanente. Quand la tumeur s’est ouverte spontanément, il y a ulcère et plus tard cicatrice profondément adhérente.

Il est certain que, soit en raison de leur siège, soit à cause de leurs caractères physiques plus tranchés, ces tumeurs prêtent à de nombreuses erreurs de diagnostic. Combien ont été enlevées pour des cancers lorsqu’elles présentaient la consistance squirrheuse du début ! Combien à leur période de ramollissement ont été prises pour des abcès, et incisées ! De là le précepte de scruter avec la plus grande attention les antécédents des malades porteurs de pareilles lésions, et de rechercher soigneusement, même en dépit de leurs dénégations, si leur tégument ne révélerait pas les traces d’une infection ancienne.

Cette enquête est-elle restée vaine? il n’est pas moins sage de tenter l’épreuve du traitement spécifique à l’iodure de potassium avant de recourir à l’exérèse.

Pour ce qui est de la rétraction consécutive, il sera souvent possible d’en alléger les inconvénients par la myotomie ou la ténotomie sous-cutanée, opération sans gravité dont on a le tort à notre avis de trop négliger les indications.

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