LÉSIONS DES ARTICULATIONS
sont de beaucoup son siège le plus fïéquenL : le coude, le poignet, le cou-de-pied, l’articulation temporo-maxillaire, la hanche, etc. n’ont été atteints que très-exceptionnellement.
Beaucoup d’auteurs, notamment Ricord, attribuent le développement de celte lésion articulaire autant à l’influence d’une constitution débile qu’à celle de la syphilis, et la considèrent comme une manifestation hybride dans laquelle la scrofule ne jouerait pas le rôle le moins important. Sans vouloir nier d’une façon absolue les complications qui peuvent surgir de la coexistence de ces deux vices de l’économie, nous croyons que l’on ne peut dénier à la syphilis le pouvoir d’engendrer à elle seule des accidents articulaires; la clinique nous montre en effet que les sujets atteints de ces arthropathics que nous appelons tertiaires, sont le plus souvent exempts de toute prédisposition strumeuse ; et d’autre part, s’il n’est pas un tissu où la gomme ne puisse se développer, pour quoi les articulations en resteraient-elles indemnes?
g 2. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE.
La tumeur blanche tertiaire a pour origine 1° des lésions de la synoviale et des tissus fibreux péri-articulaires, ou 2° des lésions des os et du périoste.
1° Le néoplasme syphilitique se présente dans le tissu cellulaire sous-synovial et la capsule sous forme de petites masses jaunâtres, sèches, élastiques, un peu molles. Au genou on les a vues occuper le voisinage du ligament rotulien, faire saillie sur chacun de ses bords, comprimer et atrophier le peloton graisseux du cul-de-sac tricipital. A la palpation, elles donnent la sensation de corps mollasses, arrondis, roulant sous le doigt, faisant corps avec la synoviale ; on perçoit aussi des épaississements de tissu, de véritables plaques de sclérose à consistance chondroïde, que le traitement change en petits amas grenus.
Nous signalerons encore l’érosion des cartilages, phénomène secondaire quant à sa date d’apparition et lié sans doute à la lésion de la synoviale et du tissu fibreux, chargé, comme on le sait, de pourvoir à leur nutrition.
Enfin, presque toujours existe un épanchement intra -articulaire. Dans un cas où ce liquide fut examiné après une ponction, il était épais, filant, un peu trouble, très-fibrineux. Au microscope, on le vit composé de globules amorphes, de cellules épithéliales et de globules sanguins altérés, contenus dans une trame albumineuse feutrée très-abondante (Richet).
JULT.IEN.
2 Du côté des os, nous n’avons pas à revenir sur les lésions que 1 on peut rencontrer: tubérosités anormales, exostoses, mais surtout gonflement, hyperostose uniforme de toute la partie spongieuse de l’os, due à une ostéopériostite plus ou moins intense. Il est rare que tous les os qui concourent à former une articulation soient atteints à la fois. Au genou le fémur l’est presque toujours isolément. Cependant nous devons signaler comme assez fréquente l’augmentation de volume de la rotule pouvant aller jusqu’à présenter 1 centimètre de plus en longueur que du côté sain.
§ 3. — SYMPTOMATOLOGIE.
Il y a lieu de croire que la synovite tertiaire peut se montrer comme suite éloignée de l’arthrite hyperhémique que nous avons étudiée précédemment. Quoi qu’il en soit, son début lent et insidieux passe presque toujours inaperçu. Peu à peu les malades ressentent une gêne, une sorte de tension ; puis un épanchement se produit. La disparition et la réapparition intermittente des phénomènes congestifs qui donnent lieu à cette hydarthrose, souvent considérable, dénotent presque sûrement son origine syphilitique. Au palper on sentira les plaques scléreuses de la synoviale, les petites gommes rondes molles des tissus périarticulaires ; on constatera en outre tous les signes ordinaires des hydarthroses. Dureste peu de réaction et presque pas de douleur, ni spontanément, ni par la pression, ni par les mouvements communiqués pendant l’examen. A ces signes on reconnaîtra l’accident tertiaire syphilitique ; et le diagnostic sera certain lorsque l’étude des antécédents viendra révéler l’existence d’une infection antérieure, surtout si, malgré son ancienneté, les mercuriaux et les iodiques en provoquent la rapide résolution. Bien que nous soyons peu rensei* gués sur les conséquences ultimes de cette affection laissée à elle* même, il est notoire qu’elle présente peu de tendance à la suppuration, et ce ne serait qu’au bout d’un temps considérable qu’il faudrait redouter cette grave terminaison; mais je le répète, l’observation est encore insuffisante à cet égard. Ce qui est hors de doute, c’est sa facile curabilité par les spécifiques L
1 Cet appareil symptomatique n’cst pas sans analogie avec celui de l’hydarthrose simple, et cette intermittence rappelle un des caractères de l’arthropathie liée aux corps étrangers articulaires. Voici quels signes permettront d’arriver au diagnostic :
Hydarthrose chronique. — l’as de modification appréciable de la synoviale. l’as de lésion osseuse, d’exostose, ni de gonflements, llydropisic survenue lentement chez un sujet à antécédents rhumasliinaux.