I. — Lésions de la rate
C’est chose remarquable que de voir l’intégrité relative dont jouissent vis-à-vis de la syphilis tertiaire certains des tissus qui souffrent le plus pendant la phase secondaire ou d’intoxication. A l’époque du chancre, la. rate se tuméfie, les ganglions s’indurent, et l’on peut dire qu’il n’est pas de sujet dont le système lymphatique ne soit frappé. Rien de plus rare au contraire que les lésions tardives de ces organes. Il suffit, pour s’en convaincre, de parcourir les observations nécroscopiques de syphilis viscérale. Dans bon nombre nous trouvons consignés une hypertrophie généralisée, une décoloration partielle de la pulpe, un excès de résistance du parenchyme; moins fréquemment on a noté l’épaississement de la membrane d’enveloppe, mais quant aux gommes ou à la sclérose bien caractérisée, c’est à peine si la science nous en offre une vingtaine de cas.
Le syphilome circonscrit est particulièrement rare. Dans la plupart des exemples connus (Wilks, Hutchinson, Jackson et Gregorie) le dépôt était de pelit volume et siégeait dans le tissu conjonctif sous-capsulaire. Dans un cas présenté en 1869 par Alling à la Société anatomique , la rate offrait plusieurs gommes de volume variable, et à des époques différentes d’évolution, dont quelquesunes, jaunes et partiellement ramollies; dans un point gros comme une noix, la substance de l’organe paraissait dure, sèche, et oflrait à la coupe l’aspect des noyaux d’apoplexie pulmonaire. C’élait là sans doute un infarctus, lésion assez fréquemment signalée dans les autopsies des syphilitiques arrivés à la cachexie (Greenüeld).