CAPSULES SURRÉNALES, CORPS THYROÏDE, CORPS PITUITAIRE
Le syphilome diffus se traduit par une hypertrophie partielle de l’organe dont le tissu se condense et prend une couleur brun foncé, qui pourrait être confondue avec celle des infarctus. A une période plus avancée les îlots sclérosés par la splénite interstitielle se distinguent au contraire par leur apparence grisâtre, et, plus tardivement encore, quand s’accentuent les effets de la rétraction, on voit se produire des dépressions cicatriformes, analogues à celles que l’on observe sur le foie. Beer a particulièrement insisté sur la présence de taches, points clairs de la grosseur d’un pois, qui constellent la coupe de l’organe, et leur attribuait la valeur d’un signe caractéristique de la syphilis. — Enfin on observe assez fréquemment la périsplénite, qui détermine la formation de plaques blanches, quelquefois fort épaisses, chondroïdes, et de nodus au sein desquels Zenker a trouvé des cristaux de cholestérine. Ajoutons que ces désordres s’accompagnent presque toujours d’un certain degré de péritonite localisée avec adhérences aux organes voisins.
Cliniquement c’est chose bien exceptionnelle que de reconnaître une altération syphilitique delà rate. Un fait des plus instructifs a cependant été rapporté par Giuseppe Ria. Il s’agit d’un homme qui portait depuis quelque temps une tumeur splénique considérée par plusieurs médecins expérimentés comme le résultat de la malaria. Cependant tous les moyens efficaces en pareil cas étaient restés infructueux, lorsqu’un jour éclatèrent les plus effroyables accidents syphilitiques du côté de la bouche et du larynx. Malheureusement l’auteur ne nous édifie pas sur la suite, delà maladie et le succès probable des spécifiques.
IL — Capsules surrénales, corps thyroïde, corps pituitaire.
Capsules. — On trouve souvent les capsules surrénales augmentées de volume chez les syphilitiques; Virchow les a vues envahies par une dégénérescence graisseuse complète; plus récemment Fr. Chvostek a rapporté un cas fort remarquable d’altération spécifique. La capsule droite pesait 9 grammes et la gauche 5 grammes ; leur surface était sillonnée de nombreuses dépressions entre lesquelles on voyait la substance propre composée de granulations miliaires, jaunâtres, dures. A la coupe qui dénotait leur consistance cartilagineuse, la couche corticale paraissait composée de petits corps jaunâtres formés par de la graisse semés au sein d’une substance amyloïde transparente, homogène, et comme vitreuse.
tiorps thyroïde. — Nous sommes tout aussi pauvres en docu-
LÉSIONS DES REINS
ments relatifs à la syphilose du corps thyroïde. Lancereaux dit seulement avoir constaté dans plusieurs autopsies une augmentalion de volume très-manifeste, le plus souvent généralisée, une consistance plus ou moins ferme, avec coloration jaunâtre irrégulière, et avoir reconnu par l’examen microscopique tantôt une augmentation numérique des éléments glandulaires, tantôt une dégénérescence graisseuse.
Corps pituitaire. — Meyer, Virchow, Lancereaux, paraissent avoir observé l’altération gommeuse de la glande pituitaire. Dans un cas il s’agissait d’une tumeur pâteuse, élastique, du volume d’une noisette, développée sur la selle turcique, et fusionnée avec l’os ; dans une autre circonstance on vit l’organe augmenté de volume, hérissé de saillies caséeuses. Enlin l’hypertrophie généralisée a été fréquemment notée.
Zenker, Syph. de rate [Jahresbericlite d. Gesellsch. f. Natur uHeilkunde in Dresden., 1851). — Hutciiinson, Syph. de rate < Med . Times and Gaz., 1858). — Virchow, La syph. constitut irad. P. Picard, p. 141, Paris, 1860. — Meyer, Schmidt’ s Iahrbüch., Baad GXIV, p. 312, 1862.
— E. Wagner, Syph. de rate { Archiv der Heilk., Band IV, 1863). — A. Beer, Die Eingeweide syphilis, Tubingen, p. 24, 110, 134. 160, 1867.
— Moxon, Syphilis des caps, surrén. { Guy’s Hosp. Rep., vol. XIII, p. 339, London 1868). — Hayden, Hypert. syph. de la rate {Med. Pressand Circulai', 1868). — IIuner, Syph. dératé {Deutsches Arch. f. Klin. Medizin, Band V, p. 270, 1869). — Alling, Société anatomique, p. 290, 1869. — Giuseppe Ria, Pat. et ter. délie mal. ven. del Albert Reder, trad. et annot. (note de la page 336, 1871). — Gregorie, Memorabilien, XV, 1870, et Schmidt’ s Jahrbücher, t. CL1, p. 291, 1871. — Lancereaux, Traité de la syphilis, 2° édit., p. 287 et seq., Paris, 1873. — Besnier (Ernest), Syphilis de la rate {Dict. encycl. dessc. mèd., art. Rate, p. 561, 1874). — Fr. Chvostek, Syph. des capsules surrénales {Wiener medizin. Wochenschrift, août 1877).