I. — Utérus
11 n’est pas douteux que l'utérus ne puisse, comme les autres viscères, subir les atteintes de la syphilis; mais les observations
LÉSIONS DE L’UTÉRUS ET DE SES ANNEXES
précises nous font presque absolument défaut. C’est surtout en ce qui concerne le syphüome diffus ou scléreux que nous devons confesser notre ignorance. Lancereaux émet l’idée que le processus spécifique ne serait point étranger au développement de certaines tumeurs fibreuses; c’est là une hypothèse fort rationnelle, mais qui ne saurait se rapporter qu’aux plus petits fibromes interstitiels diffus, fort rares d’ailleurs.
Pour ce qui est de la gomme , lésion cependant plus saisissable en clinique, je n’ai eu l’occasion d’observer qu’un seul fait (Lourcine, service de A. Fournier); c’était chez une malade d’une cinquantaine d’années c.ont le col utérin présentait, dans l’épaisseur d’une levre, une tumeur un peu plus volumineuse qu’une noix, offrant d’ailleurs toutes les apparences d’une grosse gomme. Tel fut, du moins, le diagnostic que porta le chef de service, et que vint confirmer l’heureuse influence du traitement spéci fi que.
Maintenant, si, moins sévères pour le signalement anatomopathologique, nous acceptons sur ce point les données de l’empirisme, nous sommes forcé d’ajouter que, dans bien des cas, la syphilis peut se présenter sous les apparences du cancer. Un auteur que nous ne citons qu’à regret, vu le caractère peu scientifique de ses écrits, Troncin (1837), a donc exprimé une idée soutenable, bien qu’exagérée, quand il a prétendu rendre la vérole responsable de bon nombre de dégénérescences utérines, voire mammaires. Il ne s’est trompé que sur un point, qui est le suivant : ces dégénérescences, qui sont pour lui de vrais cancers, sont pour nous des tumeurs ou des ulcères syphilitiques simulant le cancer; il n’y a- point là, comme le croyait Ivaren, métamorphose et passage d’une diathèse à l’autre. C’est là, du reste, une question que nous ne voulons point envisager ici; tout ce que nous affirmons, c’est que, dans certains cas, les lésions spécifiques peuvent revêtir tous les caractères du carcinome, et que, si le fait est bien connu pour les lésions de la peau, de la langue, du testicule, on a le tort de le négliger absolument en ce qui a trait à lTilérus. A deux observations très-remarquables de Duparque et de Montanier, citées par les auteurs, nous sommes heureux d’en joindre une de Humbert Mollière (de Lyon). Ce médecin, faisant une suppléance dans les hôpitaux, trouva dans ses salles une femme atteinte d’un ulcère utérin fongueux et que le chcl de service antérieur avait abandonnée à la cachexie. La jeunesse de cette malheureuse lui ayant fait concevoir des soupçons et, dans tous les cas, lui faisant un devoir de tout tenter, Mollière soumit celte malade à un rigoureux traitement par les frictions meicu-