II. — Ovaires
En 1856, Lécorché fit connaître la première observation de syphilome ovarien. « Les ovaires, écrivait-il, en relatant l’autopsie d’une femme incontestablement syphilitique, ont subi une transformation fibreuse. On y trouve à grand’peine quelques vésicules de Graaf ; la coque entière est occupée par un stroma compacte. À la surface de la coque fibreuse de chaque ovaire, on aperçoit des dépôts calcaires nombreux, qui font effervescence avec l’acide azotique et qui se sont formés sans doute sous l’influence d’inflammations fréquemment répétées. » Ce serait là sans doute un cas de syphilome diffus ou scléreux. Un autre a été rapporté par Lancereaux, qui vit sur un ovaire une induration blanche disposée en plaques. On comprend du reste qu’un tel processus échappe presque toujours à l’investigation clinique.
11 n’eu est pas de môme de Y altération gommeuse. Chez une malade âgée de quarante-trois ans, Lancereaux put observer, en môme temps que des douleurs ostéocopesdu crâne, deux tumeurs du volume d’un œuf, situées à la région des ovaires et allongées suivant la direction du ligament large. L’iodure de potassium amena une diminution rapide de ces tumeurs, et, après vingt jours de traitement, quand la malade demanda à sortir, on constata que l’une d’elles avait disparu. Enfin, dans un cas relaté parle professeur Richet, l’autopsie fit reconnaître au sein d’un ovaire volumineux une masse molle, sèche, jaunâtre, absolument caractéristique. Nous concluons de ces documents si peu nombreux, que, sans offrir la moindre immunité, l’ovaire n’est que rarement frappé par là syphilis.