X. — Lésions du rein
En 1869, D. Mollière appela l’un des premiers l’attention sur les altérations des reins chez le nouveau-né syphilitique. L’observation IY de son mémoire sur la syphilis congéniale a trait à un enfant qui mourut à l’âge de deux mois, après avoir infecté sa nourrice, et chez lequel le volume du rein droit était deux fois plus considérable qu’à l’état normal. Plus tard, Lanceraux rattacha à la syphilis une dégénérescence granulo-graisseuse des tubuli, très-probablement d’origine athrepsique. Il n’en est pas de même du cas rapporté par Klebs, où il s’agissait bien véritablement, chez un enfant de six mois, d’une gomme analogue à celles que l’on rencontre dans le cours de la syphilis acquise. Enfin Parrot a bien décrit cette lésion dans ses leçons cliniques de 1877.
A la coupe, l'organe malade apparaît parsemé de taches d’étendues diverses, les unes comparables aux petits grains de semoule, les plus grosses pouvant aller jusqu’à la grosseur d’un pois ou d’un noyau de cerise. Les plus petites sont blanchâtres, les plus volumineuses jaunes sur les bords et rosées au centre. Enfin, dans certains points, il y a destruction presque complète du tissu, avec production d’infarctus.
Ces lésions ont leur origine dans le tissu fibreux qui forme le stroma conjonctif du rein. Diffuses ou circonscrites, elles se caractérisent au microscope par une prolifération de noyaux et de cellules fusiformes ; secondairement on peut observer la dégénérescence colloïde des tubes et de leur épithélium, et même leur rupture.
SYMPTOMATOLOGIE. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE
XL — Lésions des testicules et des ovaires.
Les lésions spécifiques du testicule, bien étudiées par Parrot et Hutlinel, sont peu apparentes chez le nouveau-né ; quelques inégalités à la surface de l’albuginée; quelquefois un épanchement rosé dans la vaginale, et à la coupe congestion irrégulière du parenchyme, avec dureté en certains points.
Au microscope, on constate une altération conjonctive diffuse ou circonscrite en foyers, due à la production de syphilomes miliaires, surtout à la périphérie des artères. De là, compression et amoindrissement consécutif des testicules, dont l’épithélium devient granuleux et s’infiltre de graisse. Les conséquences de ces altérations sont diverses. Chez deux enfants observés par North et Bryant, l’organe offrait un gonflement appréciable à la vue, et Obédenare a cité le fait d’un autre petit malade chez lequel s’était produite une hernie de la substance testiculaire à travers le scrotum (fongus bénin du testicule). Comme ces lésions n’entraînent pas la mort, il est vraisemblable que, dans bien des cas, cette sclérose aboutit à la destruction précoce de l’élément formateur du sperme et frappe de stérilité le sujet qui en est atteint.
Nous ne savons presque rien sur les lésions de l’ovaire. Dans deux cas, Parrot a cependant pu y constater des taches bleuâtres, avec semis de grains blanchâtres.