DURE DE POTASSIUM ET AUTRES COMPOSÉS IODIQUES
ineuses sont formées, en majeure partie, d’une substance amorphe et de tissu conjonctif embryonnaire parcouru par des vaisseaux peu nombreux. A cause de leur irrigation insuffisante, elles tendent à se fondre d’elles-mêmes, à se ramollir. Les iodiques, influençant le mouvement de nutrition, qui est désordonné chez un syphilitique, agissent en le modérant et hâtent par conséquent la fonte de ces tumeurs.
Des différents composés iodures, modes d’administration et
doses. — L’iode a été particulièrement conseillé par Fantonetti, et récemment par Guillemin. Suivant ce dernier auteur, ce métalloïde guérit dans des cas restés réfractaires aux iodures ; il agit plus vite, sans déterminer jamais le moindre accident ; il est d’un prix de revient insignifiant et défie la falsification. Enfin, il n’est nécessaire de le donner qu’à très-petites doses, 3 ou 4 centigrammes par jour. On donne, par exemple, 30 gr. par jour d’une solution au 100e de la teinture d’iode du codex dans de l’eau distillée. Toutefois il paraît que cette manière de faire pourrait entraîner de réels accidents d’intoxication.
De tous les composés iodiques, Viodure de potassium est, sans conteste, le plus efficace et jusqu’ici le plus communément employé. Nous conseillons de débuter par une dose quotidienne de 1 gramme, à prendre avant le repas, dans du sirop d’écorce d’orange, de saponaire ou mieux dans du sirop de café. On peut l’élever très-rapidement jusqu’à 2, 3, 5 grammes, et dans les cas graves et urgents jusqu’à 8 et 10 grammes. En Angleterre, où l’on avait jusqu’à ces derniers temps usé du remède avec plus de modération, Tyrrel, Swith, Balmanno Squire, Jackson ont récemment recommandé l’emploi des doses élevées, lvuss a remarqué que, si le malade a le pouls fréquent, il est plus rebelle à l’iodure; aussi conseille-t-il, dans certains cas, de recourir à la digitale pour en faciliter l’action ; il faut être beaucoup plus réservé lorsque la circulation est ralentie. Ce même auteur fait remarquer très-justement que l’insuccès des faibles doses ne doit point faire suspendre l’emploi du remède, car ce n’est souvent que lorsque l’on atteint les doses très-élevées que, tout d’un coup, l’influence thérapeutique se fait sentir; c’est ainsi qu’il a pu, sans accident, élever progressivement la quantité du remèdeadministré chaque jour jusqu’à 25 et 30 grammes.
Parmi les succédanés de l’iodure de potassium, nous mentionnerons les iodures de sodium (Gamberini), de calcium (Vend), d 'ammonium (Richardson, Gamberini, Druhen)* qui jouissent d’une efficacité à peu près égale. SuivanD truhen, il y aurait avan-
TRAITEMENT DE LA SYPH LIS
lage à substituer complètement à l’iodurt*de potassium l’iodure d’ammonium, qui est plus actif, d’une action curative plus rapide, et ne donne jamais lieu à des accidents d’iodisme. On doit t’employer à de moindres doses. Une expérience suffisante nous manque pour prononcer entre tous ces médicaments, d’action fort analogue; aussi bien croyons-nous que le praticien, heureux de pouvoir administrer le spécifique sous des formes différentes, doit trouver dans celte variété de moyens une ressource de plus pour faire supporter et rendre plus active à l’occasion la thérapeutique, trop uniforme peut-être, de la syphilis imétérée.
Quant aux modes d'administration, c’est presque toujours à l’absorption stomacale que l’on a recours ; beaucoup d’auteurs, cependant, préfèrent donner le remède en lavement, surtout à doses élevées, pour ménager la susceptibilité de la muqueuse gastrique. Enfin, on a préconisé l’injection hypodermique (A. Martin). Tout récemment, Franz Jakubowitz a également vanté l’action des injections parenchymateuses intraganglionnaires d’iodure de potassium contre les adénopathies syphilitiques rebelles à l’hydrargyre h
g 3. — EAUX MINÉRALES.
En appréciant plus haut (page 81) l’influence de certaines conditions locales et générales, sur la marche de la syphilis, nous avons montré que le soufre, exerçant sur la peau une action excitante, exaspérait les manifestations éruptives ou pouvait les faire naître quand la souillure de l’organisme persistail à l’état latent. Pareil résultat s’obtient également de toutes les eaux dont l’effi-
1 Contrairement à la plupart des auteurs, nous bornerons là notre étude thérapeutique. Que servirait-il, en effet, d’exposer les vicissitudes par lesquelles passèrent beaucoup de substances regardées pendant quelque temps comme de précieux spécifiques, et tombées d’elles-mêmes au bout de quelques années. Qu'il me suffise de nommer l’or, l’argent, le platine, l’antimoine, l’arsenic, le bichromate de potasse, et, dans le domaine végétal, le gaïac, Ja salsepareille, les fameux bois sudorifiques, les prétendus dépuratifs.
Je ne ferai exception que pour deux médicaments très prônés par nos confrères italiens, le remède de Pollini et le Tayuya.
Le remède de Pollini a près de deux siècles d’existence, mais est resté un remède secret, et de plus une spécialité extrêmement coûteuse. Aussi nous serions-nous gardé d’en parler si son efficacité ne nous était affirmée par des hommes d’une honorabilité indiscutable et d’une grande compétence clinique; le professeur Malacliia de Cristoforis, Soresina, Ambrosoli, Bertarelli, sont des autorités devant lesquelles on s’incline. L’indication des eaux et poudres antisyphilitiques de Pollini
li AUX MINÉRALES.
cacité se résume dans une stimulation de l’appareil cutané, et principalement , cela va sans dire, des eaux thermales. De là vient l’habitude qu’ont certains praticiens de mettre à l’épreuve les malades guéris en apparence en leur prescrivant une saison à Baréges, à Uriage, à Guagno (Corse), à Aix-la-Chapelle, mais surtout à Aix-les-Bains (Savoie). La surexcitation imprimée à la peau par l’usage soit local, soit interne des eaux, fait du tégument une partie de moindre résistance en y appelant la localisation du processus spécifique; si le malade voit se développer une poussée, on le traite à nouveaux frais; s’il reste indemne, on le tient pour guéri. Je ne reviendrai pas sur les fréquents démentis que l’expérience donne à cette manière de voir, ni sur la singularité d’une pratique qui consiste à raviver une maladie telle que la syphilis, dans le seul but de constater si le traitement l’a suffisamment terrassée et sans savoir si l’on pourra facilement triompher des manifestations qui vont paraître. Beaucoup de malades, paraît-il, sont pris d’une curiosité inquiète, surtout aux approches du mariage, et forcent la main du clinicien pouraller, avec ou sans son aveu, faire l’essai des eaux excitantes, qui prennent à leurs yeux la valeur d’une pierre de touche. D’autre part, bien des médecins, considérant encore la peau comme l’émonctoire naturel des produits morbides, estiment qu’à tout prendre, grave ou bénigne, c’est une crise heureuse qu’une éruption, attendu qu’elle débarrasse toujours l’organisme d’une certaine quantité de virus. Ces opinions, très- discutables à notre avis, contribuent pour une grande part au succès des stations sulfureuses.
Nous comprenons mieux l’indication des sulfureux, dans les cas de débilitation profonde, pour surmonter un état d'anémie et d’anervie générale. Que l’on expose le patient à une aggravation variable des symptômes, la chose ne saurait faire doute. Dans un
se trouve surtout dans les formes graves et invétérées du mal, et lorsque la puissance de l’hydrargyre semble épuisée; on les dit souveraines contre les vieux ulcères syphilitiques, les altérations osseuses et les lésions qui touchent de près à la cachexie. En pareil cas, pour se procurer le remède, il faudrait s’adresser directement à Milan. Mais, nous le répétons, on fera bien de n’y recourir qu’en désespoir de cause; donner ce remède au début d’une syphilis ordinaire serait folie; ce serait imiter la conduite de ces malades vus par Profeta, qui, après avoir inutilement jeté des centaines de francs dans l’officine des Gasparini, guérisaient en quinze jours entre ses mains avec quelques sous de mercure.
Quant au Tayuya, substance végétale importée récemment du Brésil par Louis Ubicini et vantée par Faraoni, Galassi et Ambrosoli comme un puissant modificateur de l’évolution syphilitique, nous ne pouvons que lo signaler aux essais des cliniciens et des physiologistes, car la science n’est point eqcore fixée à son égard.
TRAITEMENT DE LA SYPHILIS
cas que nous pourrions citer longuement, il se produisit une poussée du côté des centres nerveux, et le malade resta paralysé; toutefois, en relevant la constitution, il est permis de supposer qu’on favorisera la résorption des produits morbides ; et, d’autre part, il est d’observation que l’action topique des eaux sulfureuses administrées sous forme de bains améliore souvent les lésions cutanées liées à la cachexie. On pourra compter d’autant plus sur cet heureux effet que la syphilis paraîtra compliquée de lymphatisme, de scrofule ou de dartre. Supposons même dans un cas le tégument couvert à la fois de syphilides et d’herpétides : l’action des sulfureux, se traduisant par l’aggravation des premières et la disparition des secondes, pourra être mise utilement à profit pour le diagnostic.
A défaut d’action constatée sur la diathèse syphilitique, le soufre, au dire des hydropathes, constituerait un précieux adjuvant de la médication mercurielle. Grâce à son influence, en effet, le praticien pourrait, à son gré, transformer les chloro-albuminates de mercure, conséquence d’une thérapeutique spécifique prolongée et cause plus ou moins prochaine de cachexie hydrargyrique, en composés solubles susceptibles de rentrer dans la circulation et d’être éliminés à peu près exclusivement par la peau, dont la nutrition est suractivée (Astrié). On ne peut nier que dans les cas d’intoxication professionnelle l’usage des sulfureux n’amène souvent un soulagement considérable. Chez un cachectique de ce genre, soigné par Blanc, la quantité de mercure éliminé par les urines fut notahlementaccrue sous l’influence de deux verres d’eau d’Enghien pris quotidiennement. Aussi admettons-nous aisément l’utilité d’un pareil traitement quand on se trouve en présence d’une sursaturation hydrargyrique. Nous savons, en effet, que Ricord administre avec succès le soufre, sous forme d’opiat, aux malades pris de salivation; mais nous ne saurions formuler trop de réserves en ce qui concerne l’administration systématique contemporaine des deux substances constituant la cure sulfo-hydrargyrique. A la vérité, on peut soutenir que les sulfureux, en produisant l’élimination par la peau, portent le médicament là où est le mal, et qu’en favorisant la circulation sanguine et lymphatique ils préviennent l’accumulation mercurielle et, par suite, les accidents qui en résultent : diarrhée, stomatite, cachexie, et qu’ainsi la médication spécifique peut se faire à la fois plus active et plus sûre (Lambron, Guilland); mais ces avantages ne nous paraissent pas bien nettement démontrés. Quoi qu’il en soit, si l’on croyait devoir recourir à cette méthode de traitement, on devrait tenir compte