IODU11E DE POTASSIUM ET AUTRES COMPOSÉS IODIQUES
pèrent le lendemain. On comprend combien il est nécessaire de les bien connaître, afin d’avertir les malades de leur possibilité, en les rassurant d’avance contre un appareil symptomatique aussi effrayant au premier abord.
Faisons remarquer d’ailleurs que l’existence de la syphilis contribue puissamment à faire tolérer les iodiques; l’expérience prouve, en etfet, que chez les individus indemnes de ce virus les phénomènes d’intoxication sont beaucoup plus à redouter. De même un contre-poison peut incommoder ou même tuer quand l’organisme n’est pas sous l’influence du poison qu’il est destiné à combattre.
Parmi les autres phénomènes morbides dont l’iodure de potassium peut être la cause, je me bornerai à citer les éruptions survenant à la longue et consistant soit en taches érythémateuses éphémères (Fischer), soit en papules rouges quelquefois entourées d’une aréole rappelant un peu l’urticaire, soft enfin en pustules acnéiques. Cette dernière lésion, qui s’observe le plus communément, siège surtout à la tête et à la partie supérieure du tronc. Ayant au début les plus grands rapports avec les variétés punctata et indur ata ^ elle se transforme souvent en élément papulotuberculeux induré, quelquefois en furoncle. On a également signalé le développement, très-rare il est vrai, d’une éruption eczémateuse.
Action de l’iode et des iodures dans la syphilis. — Les substances dont nous venons d’étudier l’action jouissent d’une grande efficacité contre les lésions tertiaires de la syphilis ; or, qui dit lésion tertiaire dit à la fois lésion tardive et lésion profonde. Les indications de l’iodure sont tout entières contenues dans celte double formule, que nous nous contentons d’indiquer ici brièvement, en renvoyant, pour son application particulière, à chacun de nos chapitres antérieurs. Ajoutons seulement que , dans ces derniers temps, quelques auteurs ont tenté de substituer complètement l’iodure à l’hydrargyre à toutes les périodes du mal, et que, malgré quelques succès particuliers, nous ne nous croyons pas suffisamment renseignés jusqu’ici pour porter un jugement sur cette méthode.
D’autre part, beaucoup de praticiens sont dans l’usage de compléter un traitement hydrargyrique par l’administration de quelques grammes d'iodure potassique, et l’immense majorité s’accordent à louer les avantages qui résultent de l’association des deux spécifiques dans les accidents de forme indécise, nommés à si juste titre secondo-tertiaires. L’utilité de l’iodure dans ces cas
TRAITEMENT DE LA SYPHILIS
a été formellement contestée par Léon Le Fort, qui dit avoir vu fréquemment les accidents dissipés par l’usage des mercuriaux reparaître sous l’influence de l’iodure. Notre pratique ne nous ayant jamais rendu témoin de faits semblables, nous ne pouvons que signaler ce point particulier de la question, sur lequel Le Fort a lui-même fait appel au contrôle d’une expérience ultérieure. Mais en ce qui touche au traitement mixte des lésions secondotertiaires, nous l’avons vu souvent triompher avec une surprenante rapidité d’accidents graves et invétérés; nous croyons qu’il a des indications précises auxquelles ni l’iodure seul ni le mercure seul ne pourraient satisfaire ; de par l’expérience de tous nos maîtres comme de par la nôtre propre, nous avons eu plusieurs fois déjà à faire ressortir l’action héroïque du sirop de Gibert, composé iodo-mercuriel, dans certains cas bien déterminés, et nous ne croyons pas que l’observation ultérieure fasse jamais déchoir cet excellent médicament de la place qui lui est presque unanimement accordée aujourd’hui dans la thérapeutique.
Essayerons-nous d’interpréter l’action de l’iodure de potassium employé contre la syphilis? Rien de précis ne peut être dit à ce sujet, surtout depuis que l’expérimentation physiologique a prouvé que, loin d’agir en désassimilant, en atrophiant les produits néoplasiés, il devait être compté parmi les modérateurs de la nutrition. Mais, tout en nous abstenant pour notre compte de stériles hypothèses, il n’est point inutile que nous fassions connaître quelques-unes de celles qui ont été émises.
Thiry refuse à l’iodure toute action spécifique contre la syphilis; son efficacité incontestable serait due à ses propriétés antiscrofuleuses et surtout antimercurielles. Beaucoup d’accidents dits tertiaires étant, selon cet auteur, sous la dépendance d’une intoxication hydrargyrique et l’iodure de potassium ayant réellement le pouvoir de déterminer l’élimination progressive du mercure, rien de plus logique que l’enchaînement des déductions énoncées par Thiry. Malheureusement les prémisses sont loin d’être incontestables. •— Pour Kuss, les manifestations syphilitiques sont de deux ordres : les unes intéressent les éléments épithéliaux, les autres, les éléments connectifs ; or, à chacune de ces formes morbides correspond un médicament : mercure pour les premières, iodure pour les secondes* Mais, en vérité, celte explication n explique rien; cette théorie ne fait qu’énoncer le fait qu’il s’agirait d’expliquer. — Voici enfin une interprétation récente émise, mais non sans réserves, par Rabuleam On sait que les tumeurs gom-