‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 199 sur 262 · L — HYDROTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

L — HYDROTHÉRAPIE

Sur ce sujet bien étudié dans les traités de Fleury, Beni-Barde et Pleniger, nous avons eu recours aux avis de deux spécialistes

TRAITEMENT DE LA SYPHILIS

autorisés, Pascal et Relier. Qu’ils reçoivent ici tous nos remerciements.

Quelques auteurs allemands, en particulier Schedel.ont avancé que l’hydrothérapie devait être préférée à tout autre moyen pour la cure de la syphilis, mais les faits sur lesquels ils appuient cette assertion sont aussi peu nombreux que peu concluants, et d’autre part, un observateur très-consciencieux, Andréas Pleniger, nous dit avoir vu souvent des malades chez lesquels la syphilis avait résisté pendant des mois et même des années à l’hydrothérapie employée seule, pour céder en quelques jours au mercure et à l’iodure de potassium. Ce n’est donc qu’à titre de médication auxiliaire que nous entendons vanter ici l’hydrothérapie.

Au début de la syphilis on demandera à cette médication un remède contre l’anémie, et une garantie contre les excès du traitement mercuriel ; il suffit de l’administrer sous forme d’applications froides sans recourir à la sudation préalable. Pendant le cours de la période secondaire, si les symptômes offrent une intensité considérable, si les éruptions sont persistantes, s’accompagnent de douleurs rebelles, s’il s’y joint de l’anémie, il importe à la fois de relever les forces par des douches générales froides, ou tempérées s’il y a une trop grande excitabilité nerveuse, et de rétablir les fonctions cutanées par un réchauffement qu’il faut parfois pousser jusqu’à la sudation.

Mais c’est surtout dans le cours de la période tertiaire que l’indication de l’hydrothérapie est formelle. Dans la syphilis cérébrale, par exemple, lorsque le traitement a été longtemps administré sans triompher de la maladie, l’eau froide associée au traitement mixte, quelquefois à la cura famis (A. Pleniger) *, rend des services qu’on demanderait en vain à toute autre médication. Son action à la fois reconstituante et révulsive permet de reprendre le traitement et de le continuer avec efficacité. En effet, grâce à

1 Voici d’après Pleniger comment il faut conduire le traitement hydrothérapique de la syphilis : 1° Méthode sédative : matin et soir enveloppement froid, suivi chaque fois d’une friction humide à la température de 5° à 10° Réaumur; à midi, bain tiède de 30 à 40 minutes. Après l’enveloppement froid donner un demi-bain à 15° ou 20° Réaumur. 2° Méthode excitante : enveloppement sec, sudation de 1 heure à 2 heures le matin, suivi d’une réfrigération par demi-bain à la température moyenne ; après l’enveloppement, immersion à une température basse; à midi douche en jet, le soir friction humide suivie d’un bain de siège. On se trouvera bien également de pratiquer l’enveloppement humide pour la nuit dans un ou deux draps de lit mouillés. Boire peu pendant la cure sédative, prendre un peu plus de 2 litres pendant la cure excitante. (Andréas Pleniger, Specielle Pathologie und Hydrothérapie nach dem Ifeutigen Standpunhte, Wien, 1866.)

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