EAUX. MINÉRALES
l’activité imprimée à la circulation capillaire générale, l’absorption est tellement facilitée que l’on a vu certains malades chez lesquels 10 centigrammes de protoiodure hydrargyrique ne produisaient aucun effet appréciable, être pris de salivation dès l’application du traitement hydrothérapique sous l’influence de la dose minime de 2 centigrammes et demi (Fleury). .
S’agit-il d’une lésion cérébrale1, è la douche générale en éventail de très-courte durée, on se trouvera bien d’adjoindre progressivement la douche céphalique. De même contre la rachialgie, qui dénote l’altération de l’axe spinal, contre les douleurs fulgurantes du tronc et des extrémités on obtiendra de bons résultats en usant avec de grandes précautions des différents moyens que met à notre disposition l’hydriartique (maillot sec, friction générale avec le drap mouillé, et sur la colonne, affusion froide très-légèrement percussive avec le col de cygne). Les lésions de l’appareil biliaire prises à leur début sont aussi favorablement modifiées,
1 Nous appuierons celte assertion sur des faits inédits que N. Pascal (de Passv) a bien voulu nous permettre de puiser dans sa collection.
Obs. I. — Chancre en 1866; accidents secondaires traités par Ricord ; en 1870, douleurs céphaliques; en 1877, éblouissements, vertiges et encore céphalalgie; M. Fournier prescrit le traitement mixte et l’hydrothérapie. — Du 10 mai au 1er juin, douches générales en éventail très-légères, d’une durée de 20 secondes.
— A partir du 1er juin douches céphaliques en plus. Le mieux se déclare rapidement. — 28 août, santé parfaite ; — 15 septembre, cessation de tout traitement. Nous avons revu M. X... au mois de juin 1878, il est venu reprendre des douches, et n'a plus rien ressenti; son aptitude au travail est complète.
Obs. II. — Le 24 avril 1877, sur les conseils des professeurs Charcot et Fournier, M. X... venait à l’institut de Passy pour y suivre un traitement hydrothérapique. Le malade, homme instruit, raconte ainsi lui-mème ses antécédents : « Avant le 6 janvier, fatigues de tète depuis plusieurs mois, douleurs violentes au crâne par intervalle, cependant continuation de la vie normale. — Le 6 janvier, première et trèsforte crise venue sans prodrome subitement; — depuis le 6 janvier, crises répétées avec plus ou moins de violence; le plus long intervalle a été de 18 jours. — Dès cette époque, traitement ioduré de 2 grammes par jour jusqu’au 15 avril; à celte époque suspension du traitement; à la fin d’avril, crises d’intensité moyenne répétées les 20, 21, 22. « C’est alors que le malade se confie à MM. Charcot et Fournier, qui portent à 5 grammes par jour la dose d’iodure, et à pareille dose l’onguent napolitain en friction. La durée devait être de 20 jours avec repos de 8 jours.
— A partir du 24 avril jusqu’au 2 mai, une douche par jour. — Le 2 mai, deux douches générales en éventail, de la durée de 30 à 40 secondes, douches céphaliques. Depuis le commencement du traitement jusqu’au 2 juin, les crises ont suhi une atténuation très-grande ; — crises avortées durant les premières semaines. Les forces et l’appétit sont revenus; l’anémie a disparu. — 19 juin, retour complet à l’état normal. — En avril 1878, nous revoyons M. X..., qui a repris ses travaux de cabinet. Malgré la mort de son père et le chagrin profond qu’il en a reçseqli, sa santé n’est pas altérée,
TRAITEMENT DE LA SYPHILIS
quelquefois enrayées par la douche hépatique dont l’effet le moins incontestable est de régulariser la circulation locale.
Enfin contre la cachexie déclarée, c'est encore et surtout à l’hydrothérapie qu’il faut demander les modifications organiques dont on doit, attendre la guérison dans les rares cas où elle est possible. Quand le sujet périt la supporter, la douche écossaise, voire même la douche alternative avec son puissant effet révulsif, rendent de grands services, mais à la condition d’en continuer l’emploi avec persévérance.
En résumé, ainsi que nous le disions au début, c’est comme adjuvant, mais un adjuvant d’une grande énergie que nous conseillons l’hydrothérapie; ce qui ne veut pas dire, on le comprend^ qu’employée seule elle ne puisse être très-profitable dans certains cas particulièrement bénins, de ceux qui guérissent spontanément, et en face desquels beaucoup de praticiens se demandent s’il est vraiment nécessaire de recourir à l’arsenal des spécifiques.
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