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CHAPITRE XVIII

SYNOVITES TENDINEUSES

Ricord, Brandes, Cullerier, furent les premiers mentionner l’inflammation des gaines séreuses dans le cours de la chaudepisse. En 1858, dans scs Nouvelles recherches sur les maladies vénériennes, Rollet insista longuement sur cette manifestation extra-articulaire de la gonorrhée. Dès 1864, Langlebert décrit en même temps que celles des jointures, les lésions des gaines tendineuses et des bourses séreuses. Nous en dirons autant de Tixier. Plus tard, les travaux de Fournier, le mémoire de Mauriac, les thèses de Diday neveu (1873), Boillereaull(187A), Chevallier (1875) et Maymou (1875) donnèrent les plus complets dévcloppernents à l’étude de cette intéressante question,

SYNOVITES TENDINEUSES.

g 1. — ÉTIOLOGIE.

Nous n’aurions, quant aux causes déterminantes, qu’à reproduire ici ce que nous avons dit dans le chapitre précédent. Quant à sa fréquence, on peut dire sans exagération que cette synovite se 'présente dans un quart des cas de blennorrhagisme. Elle affecte de préférence les gaines qui entourent les articulations tibio-tarsienne, radio-carpienne , celles du demi -tendineux , et demimembraneux, du biceps fémoral. Ajoutons qu’il est très-fréquent de voir coïncider les deux complications de même origine : arthrite et synovite.

§ 2. — SYMPTOMATOLOGIE.

Son apparition coïncide habituellement avec le commencement de la troisième semaine, elle est précédée de douleurs erratiques en différents points des systèmes osseux, articulaire, tendineux. Elle s’accompagne parfois de légers troubles généraux , frissons, réaction fébrile, vomissements. Une fois la maladie fixée sur la gaine tendineuse, on constate un gonflement, avec empâtement, et sensation de fausse fluctuation au niveau du point malade. La coloration de la peau est rosée, pouvant aller exceptionnellement chez certains sujets jusqu’à une rougeur d’aspect phlegmoneux. Dans une zone s’étendant plus ou moins au delà des limites de l’inflammation, on voit assez souvent se développer un œdème indolent.

La douleur paraît dès le début. Plus tard, elle se montre particulièrement la nuit; la pression sur la région tuméfiée et les mouvements communiqués la provoquent ou l’exaspèrent.

Le pronostic est léger ; on n’a jamais eu à déplorer à la suite de la synovite de lésions chroniques, ni d’infirmités, comme il n’en survient que trop fréquemment après l’arthrite. La durée qui est de quatre à six semaines ordinairement, peut présenter de grandes variations. Comme l’arthrite, la synovite est du reste susceptible de récidiver, en même temps que récidivent les écoulements.

g 3. — DIAGNOSTIC. — TRAITEMENT.

11 est toujours facile, en analysant avec attention le siège de la douleur, la forme du gonflement, l’influence de la contraction musculaire, de différencier une inflammation des gaines d’une arthrite.

HYGROMA.

Reste à reconnaître son origine, sa nature, à la distinguer en un mot des synovites rhumatismale, syphilitique , goutteuse, professionnelle. On le fera en s’aidant du tableau suivant :

Synovite rhumatismale. — Début brusque, sans douleurs erratiques. Fièvre plus intense. Douleur très-vive. Déplacement de la maladie, qui est très-mobile. Pas d’œdème périphérique.

Synovite syphilitique. — Pas de réaction générale. Douleur insignifiante. Épanchement très-peu abondant. Pas de changement de couleur de la peau. Pas d’œdème.

Synovite goutteuse. — Invasion à la suite d’un accès de goutte. Douleur moindre. Épanchement assez considérable.

Synovite professionnelle. — Siège unique en un point irrité professionnellement. Début soit rapide (rare), soit chronique, lent. Crépitation, aï. Opiniâtreté de la maladie passée à l’état chronique.

Le traitement est le même que celui de l’arthrite.

Fournier, Contribution à l'étude du rhumatisme blennorrhagique {Ann. de dermatologie, t. I, 1869). — Diday, Quelques considérations sur le rhumatisme blennorrhagique, thèse de Paris. — Boillereault, Essai sur le rhumatisme non blennorrhagique des synoviales tendineuses et des bourses séreuses, thèse de Paris, n° 10, 1874.— Mauriac, Observation de synovite tendineuse blennorrhagique, 1878. — May.mou, Étude sur la synovite tendineuse blennorrhagique, thèse de Paris.

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