‹ Traité pratique des maladies vénériennesChapitre 17 sur 56 · QUATRIÈME SECTION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SECTION

INOCULATION DÛ PUS DES SYMPTOMES SECONDAIRES BT DE CELUI d’ AUTRES ACCIDENTS RÉPUTÉS VENERIENS.

Blennorriiagiê, chancre à la période de réparation j tubercules muqueux; inoculation négative.

Cas. . . . Elisabeth, àgee de 20 ans, entrée le 23 juin i835, salle 1, numéro 1 1 .

II y a quatre mois, elle fut affectée d’une blennorrhagie très intense, mais sans vives douleurs ; un mois plus tard, après un nouveau coït, elle s'aperçut de la présence d’un chancre à la vulve. On n’a pas fait de traitement.

Aujourd’hui l’écoulement est passé à l’état de blennorrhée j le col utérin et la muqueuse vaginale n’offrent que fort peu de rougeur , mais on remarque des plaques de tnbereules muqueux

très saillants au périnée et h [la partie interne de la cuisse droite ; parmi ces dernières surtout, on en voit une dans le fond du pli crural, dont la surface ulcérée fournit un pus épais et abondant; elle paraît due à la transformation in situ d’un chancre primitif, A la face interne de la nymphe droite, se trouve un ulcère à bords saillants frangés et à fond grisâtre, offrant les caractères du chancre passant à la période de réparation. On inocule lè pus, fourni par la plaque muqueuse de la cuisse droite, sur cette même cuisse, à la partie moyenne, et le pus de l’ulcère de la nymphe sur la cuisse gauche. Prescription : injuction et tamponnement du vagin avecl ’ eau blanche.'

Sur les pustules muqueuses, lotion avec le chlorure de soude, application de calomel en poudre; cautérisation dé Fulcère avec le nitrate d’argent, pansement avec la pommade au calomel , pilules de proto-iodure de mercure , sirop et tisane sudorifiques.

Le 1’"’' juillet, les piqûres n’ont point réussi et sont parfaitement cicatrisées.

Le 15, les plaques de tubercules muqueux sont presque sèches et au niveau de la peau.

Le 21 , rulcération de la nymphe est cicatrisée.

Le 1 4 août, la malade sort parfaitement guérie.

OBSERV. lUlATlQ, — SYiU'TOMES SECONDAIRES. 479

Blennorrhagie; ophthalmie blennorrhagiq.ue inocule'e sans re'sultat .

Mas. . . , <1gé àç aC ans , entré le i6 août i834 , salle i , miniéro. ai ,

11 y a quinze jours que ce malade contracta une blennorrhagie ; l’afFection a etc très aiguë, la matière de l’écoulement très abondante. Depuis cinq ou six jours , l’œil gauche a été pris d’une ophthalmie blennorrhagique. Au début, il y eut seulement une espèce d’hypersécrétion muqueuse et, douze heures après, production de pus^ douleur très vive au dessus des paupières : l’écoulement urétral continue.

Aujourd’hui l’œil est très enflammé ; la muqueuse palpébrale offre ça et là des éraillures et des engorgements granulés des follicules ; la sécrétion verdâtre est abondante.

Le 1T août, on place un séton à la nuque, on applique trente sangsues à la tempe ; lavement de miel de mercuriale, huile de ricin.

Lotion d’eau de guimauve, application de compresses émollientes sur l’œil.

Le 18 , la maladie marche avec rapiditéj les paupières sont affectées d’œdème dur; il y a de

^ Cette observation devait être rapportée à la section des blennorrhagies.

la photophobie, un larmoiement acre et douloureux ; la sécrétion mucoso-purulente est trèsabondante; il existe un commencement de chémosis. On pratique une cautérisation superficielle avec le nitrate d’argent à la face interne des deux paupières.

Le 21 , on renonce à la cautérisation , à cause de l’induration croissante des paupières.

Le 22, on place trente sangsues : quinze à la tempe et quinze à la région mastoïdienne ; lavement de sulfate de magnésie.

Le 23 , Tœdème dur se maintient , mais a fait moins de progrès; il n’y a pas de réaction fébrile; la matière de l’écoulement est très abondante , la surface de la conjonction palpébrale s’est ulcérée en plusieurs points; on donne deux pilules au calomel et à la belladone. ,

La cornée devient opaque.

Le 28, les paupières dures et volumineuses laissent à peine apercevoir la cornée, qui paraît aplatie; il s’écoule delà sérosité sanguinolente; on pense que l’œil est perdu.

Le malade s’étant hier couché sur le côté droit, le pus de Fœil gauche a coulé et inoculé la maladie à l’œil du côté opposé qui, jusqu’à ce jour , était resté sain. Déjà la suppuration commence.

On inocule sur la cuisse droite le pus de l’écoulement des deux yeux et le pus de la bleu-

OBStîllV. PKATIQ.

- SY.MPTOÎÎES SECONDAIllES.

norrhagie urétralej on cautérise dès le début, avec le nitrate d’argent, la muqueuse, de l’œil droit.

Le 26, mieux marqué; on cautérise de nouveau, on donne un lavement purgatif.

Le 2T, Tinflammalion diminue; on donne un collyre au sulfate de zinc; les inoculations du 25 n’ont rien produit.

Le 28 , on cautérise au nitrate d’argent. On voit sur la conjonctive de petites granulations; l’œil gauche conserve la sensation delà lumière.

Le 30 , le malade voit très bien les objets ; on continue le collyre. Pour la blennorrhagie urétrale, on donne les injections au sulfate de zinc.

Le 1" septembre, l’œil droit est guéri; il ne reste que de la rougeur, le malade voit sans douleur ; l’œil gauche peut distinguer les objets.

On traite la blennorrhagie urétrale par les injections et le copahu sous la forme de bols.

Le malade sort guéri, le 30.

Chancre, bubon svmplomaliquc , ttibeixiilcs in iiqueus, ecllirnia inoculation arcc résultat pour le bubon , sans icsiiitat pour rcclljj^ma.

Lec,. .. Louis, âgé de i8 ans, entré le 27 février i8C-G, salie i numéro 3C.

Ce malade entra il y a deux mois à l’hôpital Saint-Louis, où il fut traité pour un chancre, suivi d’un bubon au côté droit. Mais (juinze jours après

482 SECONDE PAllTIE. - QUAÏfUÈSJE SECTION.

sa sortie de l’hôpital et à la suite d’un travail forcé , un nouveau bubon se montra à gauche.

Aujourd’hui, sur les bras et sur les cuisses, ou remarque des pustules d’ectbyma; à la racine de la verge, et dans le pli génito -crural, quelques tubercules muqueux ; et à la partie moyenne et interne delà cuisse droite, un point ulcéré estrecou- \"ert d’une croûte assez épaisse, Afin de s’assurer si ce dernier ulcère provient du transport direct du pus du chancre , ou bien s’il dépend de l’ecthyma , on inocule son pus sur la cuisse droite.

Le 28 février, on a le soin d’entourer la piqûre d’un cercle tracé sur la peau avec le nitrate d’argent, pour ne pas confondre le point inoculé avec les pustules voisines.

Le 3 mars , la piqûre est cicatrisée ; on ouvre le bubon.

Le 4- , on inocule son pus à la cuisse droite.

Le 5, la piqûre est rouge et accuminée.

Le 7, la pustule est formée et offre les caractères du chancre au début ; on cautérise au nitrate d’argent. Prescription : pilules de proto-iodure de mercure ; cataplasmes sur le bubon ouvert ; sur les tubercules muqueux, calomel et chlorure de soude.

Le 15, amélioration remarquable; les tubercules muqueux ont disparu.

OBSEilV. PRATIQ, — SYJJPTOâlES SECONDAIUES. 483

Le 21 , le bubon commence à se cicatriser.

Le 6 avril, les croûtes d’ectbyma tombent presque de tous les points.

Le 20 , il ne reste plus que des taches brunes ; le bubon est cicatrisé,- il reste deux ulcérations , une au pli crural et l’autre au scrotumi on panse au vin aromatique.

Le 19 mai, les ulcérations ne sont pas tout à fait cicatrisées.

Le 7 juin,, on incise un trajet fisluleux qui entretenait la suppuration.

Le malade sort parfaitement guéri, le 1 9 août.

Gin 11 cre transforme , et tubercules muqueux ; inoculation sans - re'sultat.

Lek... Joséphine , âgée de ig ans, entrée le i4 iuilk't i836, infirmerie, numéro 28.

Il y a sept semaines que cette malade contracta un chancre à l’anneau vulvaire; la marche de Tulcére fut d’abord régulière , il s’étendit peu ; mais, une vingtaine de jours après le début, son fond s’éleva, et, passant à une période vicieuse de réparation, prit l’aspect des tubercules muqueux ulcérés; presqu’en meme temps il se fit, à la vulve, une éruption de tubercules muqueii'i.

Aujourd’hui le chancre transformé se trouvr

48 4' SECONDE DAIITIE. - OUAXRIÊ51E SECTION. .

au milieu d’une plaque de tubercules muqueux avec lesquels il serait très facile de le confondre; le vagin et le col sont sains ; la sécrétion abondante qui souille l’entrée du vagin est produite tout entière pâr les tubercules ulcérés.

On prend du pus à la surface du chancre transformé, et on l’inocule par deux piqûres à la cuisse gauche. Le pus recueilli à la surface des tubercules de la vulve est inoculé de même à la cuisse droite.

On cautérise la surface du chancre et on le panse avec la pommade au calomel.

Sur les tubercules, on applique le pansement au calomel et au chlorure.

Le 49, aucune des inoculations n’a produit de résultat.

Déjà l’aspect de la maladie n’est plus le même; la sécrétion purulente a diminué de moitié.

Le 25, il n’y a plus de suppuration ; les tubercules muqueux sont secs et commencent à s’affaisser.

Le 30, la peau, siège des plaques muqueuses, est parfaitement souple; la cicatrice est rose et bien formée sur les points de la vulve naguère ulcérés.

Le 8 août , tout est guéri ; la malade sort de riiopifal.

OBSERV. FKAXIQ. - SYMPTOMES SECONDAIRES. iSà

Ciiancix*, tubercules muqueux ulce'rJs, iuocule's sans rësiilla! .

Bac... Victoire, ftgée de 17 ans , cntre'e le i4 Juillet i835 , infirmerie, numéro 5.

La maladie date de trois mois ; il y eut , au début, un chancre à la vulve et un écoulement vaginal ; le chancre fut traité par des pansements au cérat mercuriel et une bouteille de liqueur de Van-Swieten. Un mois à peu près, après la guérison du chancre, des tubercules muqueux se sont développés à l’anus ; en quelques points , ils sont confluents et ulcérés ; on prend du pus dans un. endroit où la suppuration est très abondante, et l’on inocule à la cuisse droite par deux piqûres.

On panse les ulcérations a%^ec du calomel et du chlorure d’oxyde de sodiüni.

Pour l’écoulement vaginal , on examine au spéculum et l’on trouve le coi sain; les mucosités qui viennent de Tutérus sont transparentes. Il y a peu de rougeur de la muqueuse vaginale, l’urètre est sain ; on ordonne les injections et le tamponnement avec la solution d’alun.

Le 17, les inoculations du 16 n’ont rien produit; on inocule de nouveau, à la cuisse gauche, le pus des tubercules ulcérés.

On continue les pansements au calomel.

Le 28 j mieux maixjué ; il ne reste que les

480 SFXONDE PAUTiE. - QUATRlÈrtîE SECTION.

points ulcérés; les saillies de la peau malade s’affaissent.

L’écoulement vaginal a presque disparu.

Le 30, tout est guéri; les tubercules ont à peine laissé de trace.

Le 3 août, la malade sort de riiôpilal.

Tubercules muqueux ulcére's,: inoculation sans résultat.

ViM . , âgé de 87 ans', entré le 7 octobre 183C , salle 8 ,

numéro 18.

Ce malade ne put indiquer la date précise à laquelle il contracta un chancre de la peau de la verge. Cet ulcère fut traité par des applications d’onguent mercuriel, la tisane de salsepareille et de gaïac. Malgré cette médication, il se forma de l’induration, et vingt à vingt-cinq jours après le début de la maladie , il se déclara une éruption de syphiiide lenticulaire sur le corps et d’impétigo sur le cuir chevelu. On administra contre ces symptômes la liqueur de Van-Swieten. Le traitement fut jugé suffisant après l’administration de seize grains de sublimé, et le malade fut déclaré guéri. Mais, deux mois après, il se représenta à l’hôpital .

Aujourd’hui, sur le tronc, on aperçoit encore

OBSERV, PEATÎQ. - SySIPTOMES SECONDAIRES. 487

les tacîies brunes marquant le siège de la sypllilide^ il reste de la dureté à la cicatrice du chancre primitif ; à l’anus , on voit de larges plaques de tubercules muqueux ulcérés ainsi que des rhagades.

Le 8, on inocule le pus pris à la surface des tubercules muqueuxulcérés, par deux piqûres, sur la cuisse gauche ; on donne les pilules de protoiodure de Éaercure pour faire disparaître l’induration du chancre et quelques croûtes d’impétigo qui restent à la tête; sur- les tubercules muqueux, on applique le pansement au calomel et au chlorure.

Le 12, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit; la sécrétion purulente de l’anus est déjà moindre; on pratique une nouvelle inoculation, par deux piqûres, à la cuisse gauche, avec le pus pris au fond d’un repli de l’anus.

Le 18, l’inoculation du 12 n’a rien produit ; les plaques muqueuses sont sèches ; il ne reste de suppuration que dans les rhagades.

Le 24 , mieux général ; il ne reste plus d’induration à la verge; les croûtes d’impétigo ont disparu ; l’anus est presque guéri.

On suspend les pilules, afin d’éviter la production d’une stomatite : les gencives sont rouges et sensibles ; on les cautérise légèrement avec l’a-

4SS SKCOXDE PARTIE. - QlîAÏRlÊ.'tlE SECTION'.

eide liydrochlorique, et ou donne un gargarisme au quinquina.

Le 30, la stomatite n’a pas marché; oq reprend les pilules pour faire disparaître le peu d’induration (jui reste aux replis de l’anus.

Le 1 8 novembre , le malade sort parfaitement guéri.

Cliaccres en rt^parationj tubercules muqueux del’anusetdes lèvres; inoculation sans résultat.

ihc., . JcME , âgée de i au et demi , entrée le «4 avril i833, salle des nourrices, numéro 20.

On n’a pas de détails très exacts sur les anlécédents. Les parents disent n’avoir jamais eu d’affection syphilitique , et que la maladie doit avoir été communiquée par des voisins chez lesquels on laissait l’enfant en garde. En effet, la femme chargée des soins de propreté de celte enfant se trouvait, ainsi que son mari, infectée de chancres.

Aujourd hui la jeune fiüe paraît forte et bien consliuée; ses membres sont développés plus que de coutume à cet âge; les parties génitales paraissent avoir été refoulées par des essais de coït. Du reste, tout démontre l’e-sistence d’une 8U!-excitat;oîi anormale. Déjà le système pileux

08SERY. TBATIQ. - SYMPTOMES SECONDAIRES. 489

est développé sur le mont de Vénus et au pourtour de l’anus.

On remarque assez profondément à la vulve quelques ulcérations affectant l’aspect de chancres transformés et des tubercules muqueux ulcérés; à l’anus, se montrent de larges plaques de tubercules muqueux; enfin, à la commissure des lèvres , on remarque des papules muqueuses fendillées en divers sens.

Le 24 , on inocule le pus des ulcérations de la vulve, par deux piqûres, sur la cuisse gauche; on panse avec la décoction de morelle et de tê(e de pavot.

Le 26, on inocule, par deux piqûres à la cuisse droite, le pris de l’iilcération des lèvres ; les inoculations du 24 ont produit une fausee pustule qui est anjourd’luii presque sèche.

On panse l’anus avec le calomel et le chlorure de soude, etl’on donne les pilules de proto-iodure de mercure écrasées dans une cuillerée de sirop sudorifique.

Le 25, les dernières inoculations n’ont rien produit; on inocule, à la cuisse droite, le pus d’un tubercule muqueux de l’anus.

Le 10 mai, l’inoculation du 25 avril n’a rien donné; les ulcérations de la vulve vont mieux , mais il y a beaucoup d’irritation entretenue par la masturbation.

490 sfxOxde partie. — quatrième section.

On continue les pansements avec la morelle.

Le 20 , les tubercules muqueux de l’anus ont disparu ; il ne reste qu’un point ulcéré dans un repli.

La vulve est presque guérie; on a touché les ulcérations de la commissure des lèvres avec le miel ioduré ; ell^s sont presque cicatrisées.

Le 30, tout est guéri; la santé de l’enfant s’ést toujours maintenue dans le meilleur état.

Le 1 0 juin , sortie de riiôpital.

Chancres ; syphilide ecthymateuse aiguë, inoculée sans résültîft sur le malade et sur l’homme sain .

Hüh. . . , âgé de 24 ans , entré le 8 juillet i835, salle i, numéro 4i,

Ce malade ne peut préciser l’époque à laquelle il contracta des chancres de la partie supérieure et antérieure du gland ainsi que de la muqueuse du prépuce ; il dit qu’il s’en est aperçu en même temps que d’une blennorrhagie développée , il y a trois mois, huit jours après un coït suspect. La blennorrhagie, très aiguë au début, n’a pas été traitée d’une manière active, et les chancres, cautérisés avec le nitrate d’argent et pansés au cérat, ont guéri en deux semaines , en laissant de l’induration à la cicatrice.

OBSfiRV. PRATIQ. — SYMPTOMES SECONDAIRES. 491

Aujourd’hui la bleniioridiagie coule encore, mais sans douleur; la matière de l’écoulement est d’un blanc jaunâtre.

Il y a trois semaines que, sur le tronc et les bras, s’est développée une éruption de syphilide pustuleuse : aux cuisses et aux jambes, la maladie est bien moins intense; sur le dos, on voit les pustules les plus grosses et les plus irritées; le malade a remarqué qu’au moment où là syphilide s’est montrée, la blennorrhagie a eu une recrudescence assez forte.

Le 1 0 , contre la blennorrhagie, on donne les injections au nitrate d’argent.

Le 1 5, on inocule, à la cuisse gauche, par deux piqûres, le pus pris, au dos, dans une pustule de syphilide.

On ordonne les pilules de proto-iodure de mercure , le sirop et la tisane sudorifiques ; pour la blennorrhagie, on continue les injections.

Le 17, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit, la blennorrhagie a beaucoup diminué; on donne le cubèbe à la dose de deux gros ; on inocule de nouveau, sur la cuisse droite, le pus recueilli daus une pustule de syphilide du dos.

On inocule le même pus, par deux piqûres, sur le bras gauche d’un individu sain.

Le 20, les inoculations faites sur le malade et

492 SECONDE PAETiE. — QUATItlÈME SFXTION.

celles pratiquées sur l’individu sain n’ont rien donné.

Le 28 , les pustules de syphilide se sèchent presque partout.

La }3lennorrhagie a disparu ; on cesse les injections , on continue le cubèbe.

Le 8 août , le malade sort guéri ; sur le corps on ne voit plus que les taches brunes qui marquent la place des pustules de syphilide.

Iritis syphilitique, déformation delà pupille, syphilide; tubercnlfs muqueux, etc. : inoculation sans l’ésiiltat.

pi'BA .... Louise , âgée de 20 ans , entrée le 3 décembre i833, infirmerie , numéro 33.

Cette malade, affectée depuis un an deblennor^ rhagie chronique, s’élant exposée plusieurs fois à des rapports suspects, ne peut bien préciser l’époque du début de la dernière infection.

x\u mois de juillet dernier, elle éprouva de vives démangeaisons à la vulve, où quelques boutons se montrèrent. En octobre, deux tumeurs se développèrent, une de chaque côté, vers l’angle du maxillaire inférieur; des applications de sangsues les firent disparaître; mais presqu’en même temps arriva une éruption de syphilide îentietilaire et de psoriasis giiUata.

OBSERV. PRATIO - SYJIPlOiJES SECONDAIRES. 493

Les yeux devinrent très sensibles, et la vision fii t altérée. A Saint-Louis, on traita par les fumigations de cinabre; on donna un collyre à l’eau de rose. Après un mois de ce traitement, n’obtenant pas d’amélioration, la malade fut envoyée ici.

Aujourd’hui l’éruption syphilitique est encore à l’état aigu, il y a iritis; la pupille est ovale et comme échancrée directement en liauf^; à l’anus et à la vulve, on trouve des tubercules muqueux végétants ; l’examen au spéculum montre une vaginite papuleuse; la sécrétion vaginale est puriforme:

A la partie interne et moyenne de la joue droite, on remarque une ulcération ayant l’aspect d’un tubercule ulcéré.

Le 4- décembre, on applique vingt sangsues à la tempe droite, on donne un bain de pieds; application de compresses trempées dans l’eau de guimauve , sur l’oeil droit ; le gauche est en très bon état.

Le 8 , nouvelle application de sangsues, vésicatoire à la nuque, collyre au sulfate de zinc, frictions autour de l’orbite avec l’extrait de belladone; pilules de proto-iodure de mercure , sirop et tisane sudoritiques, injection de ciguë et

* f.a déforma liini elliptique de la pupille tle haut en bas et de de-dans eu dehors est loin d'être constante euinme on l'u piêtenelii.

morelle; on cautérise, avec de l’acide hydrochlorique , l’ulcération de la joue.

Contre une suppression déréglés qui dure depuis trois mois, on prescrit la potion emménagogueetnneapplication de sangsues au pli des cuisses.

Le 27 , le vagin est lisse, il n’y a plus de papules ; la vision est encore trouble, mais il est possible de lire ; les 'déformations de là pupille paraissent varier dans le cours de lajoürnée.

L’ulcère de la joue a disparu après la troisième cautérisation avec l’acide hydrochlorique ; contre la tendance dartreuse qui complique la syphilide on donne les bains de Baréges.

Le 10 février, il reste encore quelques traces de syphilide et de psoriasis ; la pupille s’arrondit, elle est mobile p il n’y a presque plus de sensibilité à l’œil ; la vue s’éclaircit peu à peu; on continue les frictions de belladone; le matin, la pupille présente sa forme échancrée en haut; le soir, elle est arrondie.

Le 22, la pupille 'présente une ellipse dont le grand axe est dirigé de haut en bas et de dehors en dedans ; les bords de sa moitié supérieure sont comme frangés et condjlomateux ; tandis que sa demi- circonférence inférieure est lisse : il n’y a aucun épanchement dans les chambres ; l’iris a subi peu d’altération dans sa couleur , qui n’est qu’un peu plus foncée.

OBSERV. PRATIQ. - SVJIPTOMES SECOADAIRES. 495

On donne les fumigations générales de cinabre contre la syphilide qui tend à sa fin. Les tubercules de l’anus ont disparu.

Le 27 , tout est bien du côté de la vulve et du vagin ; la pupille n’offre plus de déformation ; il ne reste que quelques taches brunes marquant la place de l’éruption cutanée; à l’anus, on coupe des végétations.

Le 12 mars , la guérison est parfaite; on marque la sortie.

La sécrétion morbide des tubercules ulcérés avait été inoculée sans résultat.

Syphilide pustuleuse, tubercule ulcère', ulce'ralion du col et catarrhe ule'rin purulent ; inoculation sans résultat, énucléation des tubei’cules avant le ramollissement.

Cocp. . . . , âgée de 26 ans , entrée le 10 octobre i833 , infirmerie , numéros.

A l’âge de vingt ans, cette malade contracta une première infection et fut traitée par les mercuriaux pour un écoulement vaginal et des chancres des grandes lèvres. La guérison n’arriva qu’après neuf mois, pendant lesquels on employa un grand nombre de frictions mercurielles et la

496 SECONDE l'AUllE. - QÜATIUÊME SECTION.

liqueur de Van-Swieten. Malgré tout , elle conserva un écoulement abondant. Trois ans plus tard, des tubercules muqueux se montrèrent à la vulve, et il survint une éruption de syphilide lenticulaire sur le corps. On revint au traitement par la liqueur de Van-Swieten, malgré lequel la maladie continua sa marche. L’éruption passa de la forme squameuse à celle d’ecthyraa ; aux membres, en quelques points, se formèrent des croûtes de rupia. Enfin, l'aflection parut céder à un long traitement par les sudorifiques elles pilules de sublimé. Mais, quelques mois plus tard , rarticulation du genou droit devint douloureuse et se gonfla. Bientôt après, au mollet se inonlréient des tubercules qui se sont ramollis lentement et dont on a ouvert le foyer, le 2 juin 1 833, à la jambe droite, et le 8 octobre à la gauche. 11 y a destruction profonde envahissant le tissu des muscles. A l’examen au spéculum, on voit, sur le col de la matrice, une ulcération granulée ; il y a un catarrhe utérin purulent.

Jusqu’au 1«Miovemhre, on panse les ulcérations des mollets avec de la décoction concentrée d’opium; pour l’écoulement, on fait des injections utérines avec de l’eau hlanche ; on cautérise l’ulcération du col avec le nitrate d’argent.

A Tintcrieur , pilules de proto-iodure de mercure additionnées de poudre de ciguë, tisane

OBSERV. PRATIQ. — SYiU TOMES SECONDAIRES. 4.97

de houblon, sirop antiscorbutique, à cause du tempérament lymphatique prononcé.

Le 2 novembre, on a inoculé le pus de Tulcére du mollet gauche sur la cuisse droite.

Le 6, il n’ y a pas de pustule au point inoculé.

On cautérise les ulcères avec le nitrate d’argent ; on panse au cérat opiacé.

Le 28, la cicatrisation est presque complète aux deux mollets ; mais à la jambe droite , à la partie antérieure et vers l’union du tiers supérieur avec le tiers moyen , on sent un tubercule qui se développe lentement, et dont le volume égale déjà celui d’une petite noisette ; il paraît mobile ; on divise les tissus, et la petite tumeur est enlevée par énucléation.

Le 6 décembre, la plaie faite le 28 novembre, pour extraire le tubercule de la jambe , est parfaitement cicatrisée ; mais les plaies des mollets, qui jusqu’ici avaient paru marcher vers la guérison, sont revenues presque tout à coup à leur premier état ; la cicatrice s’est résorbée dans tous les points. Il paraît que la malade, se croyant guérie, négligeait son traitement.

On prescrit pour le vagin le tamponne n^ent avec la charpie sèche ; rulcération du col est guérie.

Le 10, on touche les ulcérations des mollets avec de la créosote.

49S SECO.NDE PAÎITIE. — QUATRIÈME SECTION.

Le 20, il y a beaucoup d’irritation; on suspend la créosote, et on applique des pansements avec, la décoction d’opiura .

Le 6 janvier , on touche à la créosote; on conliniie toujours les pilules et la tisane de houblon. Frés de la malléole externe de la jambe droite, la malade montre un tubercule; mais on ne peut l’extirper , car sa base est déjà adhérénte.

Le 28 , le tubercule de la malléole a suppuré; on l’ouvre et on le panse avec du cérat opiacé.

Le I*' février , il y a tendance générale vers la cicatrisation, et des bourgeons charnus se développent avec activité sur les plaies des jambes; on cautérise au nitrate d’trgent, on touche à la créosote chaque trois jours.

Le 10, le fond des ulcérations est relevé et couvert de végétations difficiles à réprimer.

Enfin, le 18 mars, la malade sort de l’hôpital presque guérie.

CliaRcre; cctlijma inocule sans rosultat.

Ma. . . Locis', âge de aa ans, entre le 8 aofit i835, salle i , nuuie'ro 6a .

Il y a onze mois, ce malade contracta des chancres du gland qui furent guéris en vingt-huit jours

OBSERV. PRATIQ. — SVMPTOJIES SECOïDAIRES. 499

par Tusage du cérat Q|)iacé. Trois semaines plus tard , sur le tronc ét sur les membres se montrèrent des bon tons. Il se forma des croûtes dans les cheveux ; à l’anus , il se développa des plaques de tubercules muqueux . Le malade entra à riiôpitabSaint-Louis, où il fut traité par les fumigations de cinabre, les pilules de sublimé, le sirop et la tisane sudorifiques. Il sortit, tous les symptômes apparents étant guéris.

Aujourd’hui il se présente, un mois après sa sortie de Saint-Louis, avec un grand nombre de pustules d’ecthyma surles membres. On remarque en plusieurs points qu’aprés la chute des croûtes il reste des tac|ies d’une couleur cuivrée livide.

Le 1 2 août, on prend du pus sur une ulcération d’ecthyma de l’épaule, et on l’inocule, par deux piqûres, vers la base de la région deltoïdienne.

Le 14, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit; on donne les pilules de proto-iodure de mercure , le sirop et la tisane sudorifiques.

Le 1 5, on inocule de nouveau à l’épaule gauche le pus d’une pustule d’ecthyma ulcéré.

Le 18 , la piqûre est rouge et pointue ; on continue le traitement par les pilules.

Le 19, la piqûre de la dernière inoculation a disparu comme la première ; il y a un mieux sensible.

Le malade sort guéri, le 2 novembre.

ulcération de la goi’ge inoculée sans résultat.

Nie, , . . , âgé de 20 ans, entré le 3 mai i834 , salle i , numéro 28.

Ce jeune homme 'prétend n’avoir jamais eu d’antécédent syphilitique, et attribue, à tort, son état actuel à une maladie contractée en se servant du verre d’un individu qui portait des ulcérations des lèvres et de la gorge. Il est bon de remarquer que, chez notre malade, l’affection a débuté par l’arrière-gorge : il y eut d’abord seulement de la difficulté dans la déglutition. Les ulcérations sont arrivées lentement, et ce n’est que vers les derniers temps qu’on a essayé un traitement par les antiphlogistiques. Les douleurs ont , en grande partie, disparu ; mais il reste de profondes ulcérations sur l’arriére-gorge. Les deux amygdales sont presque détruites; mais l’aspect général n’est pas franchement syphilitique. Le tempérament du malade est scrofuleux; il a eu des engorgements ganglionnaires au cou.

Le 6 mai , la gorge paraît très irritée.

On met des sangsues au cou; on donne un gargarisme émollient, un bain de pieds ; on prend

OBSERV. PEATIQ. - SYMPtOMES SECONDAIRES. 501

du pus sur une ulcération de l’amygdale, et l’on inocule sur la cuisse gauche par deux piqûres.

Le 7, nouvelle application de sangsues; la douleur a beaucoup diminué.

L’inoculation du 6 n’a rien produit ; il n’y a pas même d’irritation aux points piqués.

Le 9, Tamélioration est sensible dans la santé générale; cependant, en plusieurs points, la destruction des tissus marche avec rapidité ; il reste à peine quelques débris de l’amygdale gauche ; sur le pharynx on voit des ulcères dont le fond est couvert d’une fausse membrane grisâtre ; on inocule leur pus par deux piqûres sur la cuisse droite.

Le 1 2 , les inoculations du .9 n’ont rien produit.

On donne un gargarisme avec ciguë et morelle.

Le 14, il y a du mieux encore pour la douleur; mais la destruction marche toujours.

On applique les pansements au.miel ioduré jusqu’au 30 , sans avantage décisif.

Le 1 juin , on ordonne ; tisane de houblon et sirop antiscorbutique, potion iodurée , gargarisine avec l’iode.

Le 10 , sous l’influence de l’iode, la maladie s’est rapidement amendée; les progrès de l’ulcération se sont arrêtés presque instantanément.

502 SECONCÉ Partie. — quatrièsië êECTioN.

Le‘20, il y a, partout, production de bourgeons charnu, s roses; le fond des ulcères s’est elevéé

Le 23, on touche au nitrate acide de mercure.

La cicatrisation marche avec rapidité.

Le 24, cautérisation au nitrate acide de mercure.

Il ne reste qu’un seul point ulcéré sur la place de Famygdale gauche.

Le 2Î , le malade sort guéri ; les surfaces sont lisses, et partout la cicatrice est bien formée.

Ulc<Tation secondaire de la gorge inoculée sans résultat.

Bel, . . . . Maeie^ âgée de 45 ans, entrée le i4 janvier i834, salle i, numéro 1 1 .

Il y a un an , cette malade contracta des ulcérations des grandes lèvres et une blennorrhagie; elle fut traitée à i’aidede la liqueur de V an*Swieten, du sirop et de la tisane sudorifiques pendant six semaines. Déclarée guérie, elle cessa toute médication. Mais, après deux mois d’un état douteux j'endant lequel, de temps en temps, elle éprouvait de la gêne en avalant, il survint des douleurs de gorge très fortes. On fit appliquer des sang-

sues; on prescrivit un traitement merciiriel, qui fut continué pendant cinq mois. Ne guérissant pas, elle entra dans riiôpital, où elle fut traitée par des pilules de proto-iodure de mercure et un gargarisme de ciguë et de morelle additionné de deiitochiorure, pour combattre des ulcérations qu’elle avait alors à l’arrière-gorge; elle resta trois semaines, et sortit après disparition des symptômes; enfin elle revient avec de nouvelles ulcérations intéressant la moitié de l’amygdale droite, le pilier antérieur correspondant, et formant, sur l’arrière-gorge , des excavations à bords durs et irréguliers. •

Led 6 , on prend du pus sur un des points fournissant le plus de suppuration, et l’on inocule à la cuisse droite par deux piqûres.

On ordonne un gargarisme de décoction de ciguë et de morelle additionné de sublimé.

Le 18, les piqûres d’inoculation n’ont -rien produit.

Jusqu’au 1" février, on a donné le gargarisme ; les ulcérations se sont un peu détergées; mais les bords sont toujours durs et saillants : on prescrit les pilules de proto-iodure de mercure.

Les ulcérations sont très douloureuses et sont demeurées à la période de progrès.

On touche avec un pinceau trempé dans de la créosote.

Dix minutes après l’application du médicament , les douleurs sont calmées.

Le 2 , le 3 , le 4 on touche avec la créosote.

Le 5 , il y a un peu d’irritation ; on donne un gargarisme émollient.

Le 8 , on touche de nouveau avec la créosote.

Le 12 , la saillie du bord des ulcérations a disparu, et l’étendue de leur surface a beaucoup diminué.

Le 24, tout est en pleine voie de cicatrisation; il n’y a plus dé douleur en avalant.

Le 28 , la cicatrisation est complète.

La malade sort le 8 mars .

Le 26 avril, elle rentre, même salle n® 13, avec une vaste ulcération occupant toute la portion libre du voile du palais ; sa forme est triangulaire, ses angles postérieurs dirigés vers les piliers, sa base en arriére: la luette est profondément ulcérée à sa racine, et presque détachée ; le pourtour de l’ulcère est rouge, enflammé; le fond est grisâtre et les bords sont taillés à pic.

On prend du pus et on l’inocule à la cuisse droite.

On place douze sangsues à l’angle de la mâchoire; on donne un gargarisme de décoction de guimauve et de tète de pavot.

Le 1" mai, les inoculations n’ont rien produit; il reste encore de l’inflammation; on place de nouveau des sangsues.

Le 11 , on donne les pilules de proto-iodure additionnées de poudre de ciguë.

L’ulcération est très douloureuse.

Le 17 , la destruction paraît bornée; la luette est détachée et les piliers profondément entamés.

Le 20 , on touche les points ulcérés avec le miel ioduré.

On inocule de nouveau , à la cuisse droite , le pus pris sur une ulcération de l’amygdale.

Le dO , l’inoculation n’a rien produit ; il y a un mieux général.

Le 1 0 juin -, presque tout est à la période de réparation ; la saillie des bords a disparu, ainsi que la douleur.

Le 25 , la cicatrisation est complète.

Le 2 juillet, la malade sort guérie; nous l’avons revue un an après ; la guérison a tenu, sans accident.

ulcération conscciitive de la gorge inoculée sans résultat.

Gab. . , ügé de 34 ans, entré le 3o mai iS35, salle i, numéro 87.

Chez ce malade il n’existe aucune ulcération

aux organes génitaux ; en pressant l’iirétre il ne vient pas de pus, il n’y a aucune trace de cicatrice récente , seulement vers le frein on remarque une place blanche sans induration , qui fut le siège d’un chancre contracté il y a huit ans, et dont la durée fut d’un mois à peu prés. L’ulcère avait été traité par l’onguent mercuriel et le précipité rouge. Depuis cette époque, il n’y a pas eu de nouvelle infection; le malade s’y est, du reste, peu exposé. Après la guérison du chancre, il ne s’était montré aucun symptôme qu’on pût rapporter à la syphilis, lorsqu’il y a un an, à peu prés, à la suite de travaux dans des lieux humides et d’un ou deux mois de mauvaise nourriture , des douleurs de gorge se déclarèrent : d’abord, difficulté à avaler, puis cuissons très vives, irritation delà miic|ueiise pharyngienne et buccale, douleur à l’épigastre, saburres et envies de vomir.

Bientôt ces symptônres diminuèrent d’intensité; mais il resta au fond de la gorge, sur la muqueuse œsophagienne et sur l’amygdale gauche, une ulcéi’ation dont les bords taillés à pic, le fond grisâtre couvert d’une membrane pultacée, offraient les caractères apparents d’un ulcère secondaire. Jusqu’à ce jour, le malade n’avait pas fait de traitement; de temps en temps il se gargarisait avec de l’eau de guimauve.

La bouche exhale une odeur fétide.

L’ulcération est très vaste et occupe presque toute l’arrière-gorge; l’amygdale gauche est à moitié détruite.

L’état des voies digestives est assez bon pour permettre l’administration des mercuriaux.

Le 8 juin , on inocule le pus de l’ulcération de la gorge par deux pic|ûres , une sur chaque cuisse.

Le 18, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit; on ordonne l’administration des pilules de proto-iodure de mercure, le sirop et la tisane sudorifiques, gargarisme avec la décoction concentrée de ciguë et de morelle avec addition de deutochlorure de mercure.

Le 25, il y a peu d’amélioration; l’état des voies digestives est toujours bon; on continue la médication, on donne deux pilules.

On cautérise l’ulcération avec le nitrate acide de mercure.

Le 30, il y a un peu d’amélioration.

On suspend la tisane et le sirop sudorifiques, par suite d’un peu trop d’excitation.

On continue l’administration des pilules; mais on n’en donne qu’une par jour.

Le 6 juillet, mieux marqué; la surface de l’ulcère s’est dégagée dé la membrane grisâtre qui la couvrait.

On ordonne le sirop antiscorbutique.

Le 20 , l’amygdale est presque guérie ; on cautérise les bourgeons charnus avec le nitrate d’argent.

Le 30 , le fond de l’ulcère produit des bourgeons charnus de bonne nature; son étendue a diminué de moitié; l’état des voies digestives est très bon.

Le malade sort guéri , le 8 août.

ulcération du seifi inoculée sans résultat.

God . Eulai.ie, âgée de 28 aiis, entrée le 22 mars i8â4,

salle des Nourrices , numéro 10.

Cette malade prétend n’avoir jamais eu d’affection syphilitique primitive ; son mari a toujours été parfaitement sain; elle a eu. quatre enfants et pendant l’allaitement n’a jamais eu de mal au sein. Il y a quatre mois, elle prit un nourrisson; l’enfant était très maigre , mais n’avait soit à la houche, soit sur toute autre partie du corps, aucune plaie ou ulcération; mais, trois semaines plus tard, il lui arriva au front et à l’anus de larges élevures de la peau, dont la surface devint purulente et se recouvrit de croûtes : il eut sur le

corps des plaques couvertes de squammes , aux fesses et aux mollets des ulcérations profondes ; pendant six semaines l’allaitement fut continué , mais le mal augmentant chaque jour, l’enfant fut rapporté chez ses parents et mourut.

Jusqu’alors la nourrice n’avait rien eu ; mais , huit jours plus tard, aux deux bouts des seins se formèrent des gerçures, une du côté gauche, quatre du côté droit. Malgré cela, elfe continua, pendant quinze jours, à nourrir son propre enfant, qui n’a jamais cessé de jouir de la meilleure santé. On pansa les seins avec du cérat opiacé et une décoction de jusquiame; enfin, des ulcérations ayant succédé aux gerçures et les douleurs étant devenues très vives, la malade se décida à venir à l’hôpital.

Des deux côtés, sur le sein et sur le mamelon , on voit des ulcères à fond grisâtre, bords taillés à pic, irréguliers, et simulant, quoique simples, des ulcères syphilitiques.

Le 26, on inocule le pus du sein droit à la cuisse droite et celui du sein gauche à la cuisse gauche.

On fait des pansements avec le cérat opiacé.

Le 2T , les piqûres d’inoculation sont rouges.

Le 28 , les points inoculés n’ont point donné de pustule.

5Î0 SliCONOE PAIVniî. - QUATRIÈME SECTION.

On applique sur les ulcérations des pansements simples.

Le 6 avril, tout se déterge : mieux marqué.

Le -12, le fond des plaies est presqu’aii niveau des parties voisines.

La malade est forcée de sortir pour affaire, puis revient quelque îcmps après; il ne reste qu’une seule fissure assez profonde, dont, on inocule le pus à, la cuisse gauche, mais sans résultat; on lotionne au chlorure de soude, et dans une semaine la malades sort guérie.

tllceration de îa lèvre, engorgement soits-maxîllaîre ; inoculation sans résultat.

Vu. âgé de i8 ans , entré le iS uovemhre iSSd, salle 2 , numéro 1 4..

Le malade affirme que, depuis longtemps, il ne s’est point permis de relations sexuelles : il ne porte aux organes génitaux aucuneplaie ou écorchure; Mais à la lèvre, à quelques lignes en dedans de la commissure, on remarque une ulcération qui persiste depuis un mois. Au début, le malade dit qu’il n’y avait qu’un bouton, qui, après avoir été

OBSERV. PRATIQ. - SYàU>ÏOMES SECOADAIUES. 511

écorché, a pris la forme ulcéreuse-. Ou doit remarquer que les dents sont noires et les gencives déchaussées sur le devant par suite de Fusage de la pipe. On n’a fait aucun traitement. Depuis une dizaine de jours, il s’est formé un engorgement sous-maxiîlaire.

Aujourd’hui l’ulcère de la lèvre offre beaucoup d’irritation.

L’engorgement sous-maxillaire a une marche suh-aiguë.

On inocule le pus de Fulcération de la lèvre, à la cuisse droite, par deux piqûres; surl’engorgementsous-maxillaire, on applique des cataplasmes.

Le 18, les piqûres d’inoculation n’ont rien donné; on cautérise au nitrate d’argent la plaie de la lèvre; on panse au vin aromatique.

Le 21 , sous l’influence des cataplasmes, l’engorgement sous-maxillaire a presque complètement disparu; l’ulcération de la lèvre est à moitié sèche; on cautérise.

Le 1®*^ décembre, la plaie est guérie.

Le 8 , le malade sort guéri ; il ne reste aucune dureté sur le siège du mal.

Ulcération de la langue &t du doigt, d’aspect doulcuxj inoculation sans résultat.

Bel. . âgé Je 48 ans, entre le 8 décembre i836 , salle i , nume'ro a.

Ce malade n’a jamais eu de chancres; seulement, à l’âge de trente ans, il fut affecté d’une blennorrhagie qui dura vingt jours et disparut sans traitement : depuis lors , il n’a éprouvé aucun accident qui pût faire considérer la blennorrhagie comme dépendant d’un chancre larvé; le canal de Turètre n’a offert aucune induration.

Il y a quatre mois que, sans cause connue contagieuse, il survint un fort échauffement résultant d’un excès de travail; quelques boutons se développèrent sur la langue, vers la base; il y eut d’abord beaucoup de douleur.

Aujourd’hui la surface supérieure de la langue, vers sa base, est ulcérée; sur quelques points on remarque des granulations dans l’intervalle desquelles on observe de profondes excoriations ; la surface malade est plus large à droite qu’à gauche; le sillon médian de l’organe semble former une barrière entre les deux ulcérations sur lesquelles on aperçoit quelques enfoncements grisâtres à bords découpés. Du reste, la plaie est

OBSERV. PUATIQ. — SY3IPTOMES SECONDAIRES. 5 1 3

très enflammée et donne beaucoup de pus. Dans le tissu de l’organe, on ne remarque pas de noyau d’induration; sur la dernière phalange du doigt médius de la main gauche, se trouve une ulcération recouverte d’une croûte comme stratifiée.

Le 41 , on inocule, à la cuisse gauche, le pus recueilli sur un point de la plaie de la langue, qui paraît à la période d’ulcération ou de progrès.

On inocule de même, sur la cuisse droite, le pus pris à rulcération du doigt ; on cautérise la surface de la langue ; on donne un gargarisme de ciguë et de morelle ; on panse le doigt au cérat opiacé.

Le 14 , les inoculations n’ont rien produit; la langue est bien moins enflammée; on cautérise ; on continue le gargarisme; on panse le doigt à la pommade au calomel et à l’opium.

Le 16, nouvelle inoculation du pus de la langue, dont la surface est en réparation franche; même traitement.

Le malade sort guéri, le 30 décembre.

514 SECOXDE PARTIE. ^ — QUATRIÈME SECTm.

Tumeur et ulcération de la racine de la verge inoculée sans résultat.

Fo. . . , âgé de 28 ans, entré le 21 février 1887, salle 3, numéro i3.

Ce malade n’a jamaiseude chancres* seuleinentj il y a cinq ou six ans ^ il fut affecté d’une blennorrhagie suivie d’un bubon, qui fut traitée avec activité et disparut en fort peu de temps : depuis lors, il n’a rien aperçu qu’il pût attribuer a une infection syphilitique.

Aujourd’hui, il y a trois mois que ce malade n’a pas eu de relations sexuelles.

Depuis huit jours , à la suite de fortes courses et de beaucoup de fatigue, une tumeur s’est développée à la racine de la verge j le pus s’est formé rapidement; le foyer s’est ouvert spontanément f et offre une ulcération assez étendue.

Le 23, on prend du pus au fond de i’iilcèré, et on inocule à la cuisse droite.

On applique les pansements au vin.

Le 1 7 , l’inoculation n’a rien produit.

Le 30 , toute la surface de l’ulcère paraît à la période de réparation.

On cautérise légèrement quelques bourgeons charnus.

OBSëRV. PRATIQ, ■ — ■ SYMPTOMES SECONDAIRES. 515

Le 4 mars , tout est cicatrisé ; la peau est rapprochée de la circonférence au centre ; il n’y a aucune espèce d’induration ni dans les bords de la cicatrice, ni dans le foyer.

Le 8, le malade sort guéri.

Gaacer de riitérus inocule' sans re’sultat.

Ney. . . Marie , âge'e de 32 ans, entre'e le 8 mai i834 , infirmerie, nnme'ro 3. ,

Parmi les antécédents de cette malade, il estdilFiciie de trouver la cause évidentede son état actuel ; réglée à quatorze ans, elle jouit d’une très bonne santé jusqu’à l’âge de vingt ans, époque à laquelle elle eut un premier enfant, et le deuxième deux années plus tard ; dés lors il y eut de l’irrégularité dans la menstruation, puis à de longs intervalles, des fleurs blanches abondantes. Il y a un an , elle contracta un écoulement biennorrbagique, sans douleur au début. Son mari avait un chancre; mais, chez elle, il ne se montra pas d’ulcération au moins aux parties externes de la génération. Six mois plus tard , l’écoulement qui paraissait avoir diminué reprit avec une grande intensité, et bientôt il se déclara un état d’amaigrissement progressif.

5i() SECOSDE EAllXIE. - yüATUlÈME SECTIOK.

La malade consulta un chirurgien, qui dit reconnaître un engorgement avec hypertrophie du col utérin, et prescrivit : bain tous les deux jours, saignée tous les huit jours, tisane de gomme, pilules de ciguë , bains de siège de morelle et de guimauve : ce traitement a été continué dans le repos absolu pendant six mois; mais aucune amélioration n’étant obtenue, elle se décida à venir à l’hôpital.

Examinée au spéculum, on a trouvé une ulcération de tout le museau de tanche, à aspect lardacé, à sécrétion séro-purulente sans odeur et avec induration générale, sans hypertrophie.

On prend du pus au col , et on le porte, par trois piqûres, sur la cuisse gauche.

On prescrit des injections de ciguë et dé morelle, des pilules de proto-iodure de mercure additionnées de poudre de feuilles de ciguë.

Le 1 3 , les inoculations n’ont rien donné ; les ulcérations marchent lentement, mais la destruction et l’induration vont toujours.

Le 23 , l’affection carcinomateuse se prononce de plus en plus.

Le 24 , on place sur le col un tampon couvert de miel ioduré.

Le 26, les douleurs lancinantes sont très vives.

Le 11 juin, on examine avec le plus grand soin, pour s’assurer si l’opération ne serait pas

OBSEBV, PRATIQ. - SYMPTOMES SBCOXDAIRES. 517

praticable ; mais l’état des parties donne la conviction de l’inutilité d’une pareille tentative.

On prescrit les injections opiacées ; on donne, le soir, des pilules d’opium ; on suspend l’iodure de mercure.

Le 6 juillet, la maladie gagne toujours sans re-^ lâche, mais très lentement; ainsi la médication n’a eu d’autre résultat que d’entraver et presque de suspendre sa marche : on engage la malade à se rendre à la Salpétrière.

Cliancre, blennorrhagie ; ulcération indurée de la lèvre înfe'rieur* inoculée sans résultat.

Lasc. , . FaasfîoiSE , âgée do ai ans , entrée le 85 mars , infiviaerie, numéro iC.

Il y a deux mois que, pour la première fois, cette malade a contracté des chancres folliculaires de la face interne des grandes lèvres et une blennorrhagie urétro-génitaie. Il s’est formé un chancre mécanique par déchirure de la fourchette. On voit à la lèvre inférieure une ulcération sur une base dure ayant de la ressemblance avec le tubercule muqueux ulcéré ; elle a débuté par un bouton.

Jusqu’à ce jour, il n’y a pas eu de traitement.

Le 26 , bain , lotions émollientes , décoction d’orge miellée pour boisson.

Le 28 , on panse les chancres avec la pommade au calomel et à l’opium ; on fait des injections émollientes.

Le 8 avril , on inocule le pus de l’ulcération de la lèvre à la cuisse gauche, par deux piqûres.

Le 12, l’inoculation n’a rien produit; les chancres folliculaires guérissent; on cautérise au nitrate d’argent le chancre de la fourchette.

La malade a ses règles.

Le 22, on examine au spéculum et on trouve le col sain, de la rougeur au vagin; la sécrétion utérine est transparente.

On fait des injections et des tamponnements à l’eau blanche.

Le 28 , les chancres sont guéris ; l’écoulement a beaucoup diminué ; contre une tendance lymphatique , on donne des pilules de carbonate de fer ; on continue les injections et les tamponnements.

La malade sort guérie , le 1 5 mai.

OBSEftV. PRATIQ, - SYMPTOifES SECONDAIRES. 519

Chancres , phimosis j pustule douteuse de l’ombilic inocule'e sans résultat.

Aug. . . , âge' de 20 ans, entre' le 24 janvier 1887 , salle 3 , numéro 19.

Depuis un mois, ce malade était affecté de chancres du prépuce, à la suite desquels il s’établit une balanite avec phimosis. L’état inflammatoire a été de peu de durée. Aujourd’hui on peut découvrir facilement le gland, sur lequel on voit quelques excoriations ; les chancres sont, en partie, à la période de réparation.

Il y a à peu près dix jours que , prés de l’ombilic, à la partie inferieure, s’est formée une pustule qui , dans son développement , a suivi la marche des pustules d’inoculation ; d’abord rouge et pointue, elle s’est étalée et presque ombiliquée ; l’épiderme s’est rompu et a laissé voir un petit ulcère, qui se montre aujourd’hui recouvert d’une croûte pareille à celle de l’ecthyma; on sent de l’induration à la base. La croûte étant enlevée , la plaie offre tous les caractères apparents des chancres; les bords sont taillés à pic ; le fond offre les marques de la période d’ulcération à l’état de progrès; on prend du pus et on l’inocule à la cuisse droite.

Le chancre du prépuce est cautérisé avec le nitrate d’argent et pansé au vin aromatique; on cautérise de même superficiellement les excoriations du gland.

Le 28, l’inoculation du pus de l’ulcère de l’ombilic n’a rien produit.

On applique les pansements au vin et on cautérise.

Le 31 , modification générale ; les excoriations du gland sont guéries; le chancre du prépuce est presqu’à see ; on le touche légèrement avec le caustique.

La plaie du ventre est beaucoup rétrécie et produit des bourgeons charnus de très bonne nature ; la base est peu indurée.

Le 1 0 février , la plaie du ventre est presque guérie; il n’y a plus rien à la verge.

Le 17, le malade sort guéri.

Chancre , rnpia , exostoses, rlouîeurs ostcocopes ; ÎDociilalion lUi pus tÎH rupia sans résullal,.

Des . Aktoim! , .1g(j elc 30 ans, euUc le 22 aoftt i835 , salie 1 ,

Le début de la maladie date de cinq ans; il y

OBSERV. PRATIQ, SYMPTOMES SECO.YDAIRES, 521

eut d’abord un chancre sur le gland, qui ne disparut qu’après un mois de traitement par les mercuriaux. Quinze jours après la cicatrisation del’ulcère, des croûtes d’impétigo du cuir chevelu et une syphilide se montrèrent; aux bras il y eut des pustules d’ecthyma: ces divers symptômes furent traités par les pilules mercurielles , les frictions et les fumigations de cinabre. Malgré cette médication, la maladie fit des progrès; des exostoses se développèrent au front ; les articulations devinrent le siège de vives douleurs. A la malléole externe de la jambe droite, se formèrent de vastes ulcérations; sur les bras et au dos, se fit une éruption de rupia ; enfin les accidents avaient presque disparu et le malade se croyait guéri, lorsque, peu de temps après sa sortie de Vhôpital Saint- Louis, les mêmes symptômes se reproduisirent, et, de plus, arrivèrent de fortes douleurs ostéocopes. A la partie moyenne et externe du bras, se formèrent des tubercules du tissu cellulaire, qui ont amené de vastes ulcérations.

Aujourd’hui on prend le pus d’une ulcération de rupia siégeant à la région deltoïdienne, et on l’inocule sur la cuisse droite par deux piqûres; on donne le traitement par les pilules de proto-iodure de mercure, la tisane de houblon, le sirop antiscorbutique; on panse les ulcérations avec le cérat opiacé; on place' des vésicatoires volants

sur les contours du front, ainsi que sur les points auxquels le malade rapporte ses douleurs ostéocopes.

Le 6 août, les inoculations du pus du rupia n’ont rien produit ; les douleurs ostéocopes ont un peu diminué; demain on placera de nouveaux vésicatoires.

Le 1 0 , on prend du pus à la surface des ulcérations du bras, et on inocule à la cuisse gauche par deux piqûres.

Le 20, les douleurs ostéocopes ont disparu; l’aspect des ulcérations s’améliore; on cautérise, avec le nitrate d’argent, les points qui offrent des bourgeons charnus.

Le 1 0 septembre , les exostoses du front ont disparu sous l’influence des vésicatoires volants et de la médication générale.

Les ulcérations vont bien ; au bras tout est presque guéri; la plaie de la malléole offre plusieurs points cicatrisés.

Le 28 , tout est guéri au dos et au bras ; les douleurs ostéocopes ne sont plus revenues; la plaie du pied est presque cicatrisée.

Le 2 octobre , le malade sort guéri.

Clianci’e indui’é j riijiia inoculé sans résultat.

ClÉm . . . . , âgé de 26 ans , entré le re"' juillet i836 , salle 8 ,

Ce malade a eu plusieurs fois des cliancres; la dernière infection date de deux mois. Aujourd’hui on retrouve de l’induration à la place où siégeait un chancre cicatrisé depuis une vingtaine de jours; la face et le tronc sont envahis par une éruption de psoriasis guttataj au genou et sur la cuisse, on voit des ulcérations, suites de pustules de rupia : le tempérament de ce jeune homme est scrofuleux.

Le 2 juillet, on inocule à la cuisse gauche, par deux piqûres , le pus pris à la surface d’une ulcération de rupia du genou droit.

On ordonne les pilules de proto-iodure de mercure additionnées de ciguë, la tisane de saponaire édulcorée avec le sirop de gentiane et Tiodure de fer, à la dose de 18 grains par jour.

Le 6, les piqûres d’inoculation n’ont rien produit. Il existe une ulcération de la verge, qu’on panse au vin aromatique.

Le 14, mieux marqué; l’éruption pâht; les ulcérations de rupia ne font pas de progrès.

Le 1 7 , on cautérise des bourgeons charnus ,

52i SECONDE PARTIE. - QUATRIÈME SECTION.

qui se montrent à rulcération du genou; à la verge, tout est guéri.

Le 20, le fond de l’ulcération de rupia est presque partout cicatrisé et s’est relevé au niveau des parties voisines.

Le 26 , le malade sort guéri.

SVAIPTOMES dont le pus a produit la pustule caractéristique.

ISOCÜLATION AVEC KÉSCLTAÏ.

TABLEAU

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