PREMIÈRE VARIÉTÉ
Blennorrhagie externe. — Balanite et posthile.
Lorsque la blennorrhagie externe est légère, il n’est pas rare dé la voir se dissiper d’elle-même ou céder au repos des organes, à un régime adoucissant èt à des soins de propreté. La cessation , dans ces cas , est d’autant plus facile que le prépuce est encore mobile sur lé gland ; mais , pour peu que la maladie ait pris du développement, les secours de Fart deviennent nécessaires. Lorsque le gland peut être mis à découvert, et que l’inflammation n’est pas excessive, la méthode qui m’a le mieux réussi, dans la majorité des cas , consiste à passer rapidement le crayon de nitrate d’argent sur toutes les surfaces malades, de manière à produire une
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cautérisation superficielle , après laquelle on se contentente d’appliquer un linge fin et sec autour du gland , en ramenant ensuite le prépuce par dessus. Après cette petite opération, on a le soin de faire sur la verge des foméntations légèrement résolutives avec des compresses imbibées, soit simplement d’eau froide , soit d’eau de Goulard. Le linge doit être changé deux fois par jour, en ayant le soin , chaque fois qu’on le renouvelle, de pratiquer une lotion à l’eau simple ou avec une solution légèrement saturnine.
La maladie cède fréquemment à une seule cautérisaton avec le nitrate d’argent ; mais, dans quelques circonstances , on est dans la nécessité de l’appliquer deux ou trois fois, et cela à deux ou trois jours d’intervalle.
Lorsque l’inflammation est très aigueë , qu’il existe des complications, surtout un phimosis congénial ou accidentel, il est souvent nécessaire d’avoir recours aux antiphlogistiques actifs ; c’est ainsi qu’il convient d’appliquer des sangsues au pénil, au pli génito-crural de chaque côté, mais jamais sur la verge elle-même, à moins de vouloir s’exposer à la gangrène des téguments. Les bains locaux émollients, mucilagineux , avec la décoction de racine de guimauve , de graine de lin , le lait tiède, les décoctions lé-
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gèrement narcotiques de morelle, de têtes de pavot, les injections plusieurs fois répétées avec le même liquide entre le gland et le prépuce, sont alors indispensables. Lorsqu’il existe beaucoup d’œdàme et peu d’inflammation, une ou deux mouchetures de chaque côté de la partie inférieure du prépuce donnent lieu à un dégorgement salutaire. Quand il existe un état érysipélateux , les mouchetures semblent parfois hâter la terminaison par gangrène, tandis que les évacuations sanguines aux lieux déjà indiqués , la diète, le repos absolu et les délayants sont de la plus grande efficacité Ici l’emploi de légers laxatifs a souvent été très utile. Des fomentations avec une solution d’extrait gommeux d’opium, des injections faites avec le même liquide entre le gland et le prépuce, ont fréquemment donné des résultats favorables, lorsqu’il y avait ^menace de gangrène ou que celle-ci avait déjà lieu. Dans ces cas encore , les malades se sont bien trouvés de l’administration de l’opium à l’intérieur, à la dose d’un grain répété une ou plusieurs fois dans les vingt-quatre heures, et surtout administré en lavement, associé à huit ou dix grains de camphre. Longuent mercuriel préconisé par quelques personnes, en application entre le gland et le prépuce, m’a toujours paru
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nuisible, à quelque période de la maladie qu’on remployâtj il m’a cependant réussi quelquefois : c’est lorsque, d’après ma méthode pour le -traitement général des érysipèles, j’ai pratiqué de légères onctions sur le prépuce, quand cette complication avait lieu. Je dois pourtant dire que l’onguent mercuriel a été moins avantageux contre les érysipèles œdémateux des parties génitales que dans les autres variétés de cette affection.
Mais, dans les circonstances que nous venons de signaler œt dans l’incertitude où l’on est, dans quelques cas , de savoir si l’inflammation eatarrhale du gland et du prépuce est compliquée ou non de chancres syphilitiques, imitant en cela la conduite de mon collègue, M. GuHerier neveu, je ne me hâte jamais d’avoir recours à l’opération du phimosis, à moins que la gangrène ne soitirnminente ou qu’elle n’ait déjà lieu; convaincu, par l’observation de faits nombreux, que ropération ajoute souvent à la gravité du mal, ainsi que nous aurons occasion de le détailler, en traitant en particulier des différentes espèces de phimosis.
Il n’est pas rare de voir la blennorrhagie externe entretenue, à l’état chronique, par la malpropreté, par un vice herpétique, par des altérations de tissu, telles que des ulcérations, dont il a déjà été question ; la présence de végér
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tâtions j et surtout rexisteiiGe d’un phimosis permanent, soit congénial, soit accidentel.
Toutefois le phimosis étant , de toutes les conditions, celle qui a le plps de puissance pour entretenir la maladie dont il est question on ne peut guère coinpter sur la guérison qu’aprés raYpir fait disparaître. Cependant il est des cir^ constances dans lesquelles, celui-ci persistant, on obtient la cure à l’aide d’injections résolutives et astringentes entre le gland et le prépuce, des fomentations avec les mêmes liquides étant pratiquées sur toute l’étendue des téguments de la verge. Mais , ici encore , l’application du nitrate d’argent, soit en solution , soit solide, présente les chances les plus favorables de succès.
Le nitrate d’argent est tellement efficace, qu’aujourd’hui , dans tous Jes cas de balanite aiguë avec phimosis inflammatoire, la première chose que je fais dans le traitement, c’est de pratiquer la cautérisation superficielle , en introduisant un crayon de ce caustique entre le gland et le prépuce, dont on parcourt la circonférence avec rapidité. On peut affirmer que, de tous les résolutifs, c’est le plus puissant, et qu’il n’est pas rare qu’une seule application suffise et amène, en vingt-quatre ou quarante-huit heures , la possibilité de découvrir le gland ou au moins une réso-