BU PHIMOSIS ET DU PARAPHIMOSIS
Du phimosis. — Le phimosis est complet ou incomplet, permanent ou temporaire.
Le permanent peut être congénial ou accidentel, il peut exister avec excès de longueur du prépuce, avec un prépuce ne couvrant pas tout îeglandj avec excès de longueur du frein; il peut 'J avoir des adhérences au gland, anciennes ou récêntes, complètes ou incomplètes.
Le temporaire peut être inflammatoire ou œdémateux, compliqué d’érysipèle, de tension considérable , de gangrène , de balanite , de blennorrhagie , de chancres , de végétations, d’berpes, de perforation du prépuce, de difficulté d’uriner ou de rétention complète d’urine. Avant son développement, il pouvait déjà y avoir un peu d’étroitesse du prépuce , ou bien, ])our me servir de l’expression vulgaire, le malade décalottait mal, le limbe du prépuce étant très étroit.
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Le phimosis temporaire , ainsi que son nom l’indique, arrivé chez des personnes qui , auparavant, décalottaient bien, cède sans qu’on ait besoin d’opérer.
Le phimosis permanent, avec excès de longueur du prépuce ou avec des indurations du pourtour de cette enveloppe cutanée , exige la circoncision, à moins de vouloir remédier à une difformité par une autre difformité. Quand il y a des adhérences récentes faciles à détruire, il faut les disséquer ; quand elles sont trop intimes et surtout trop étendues , il faut se contenter d’enlever assez de prépuce pour bien découvrir le méat urinaire. Quand il y a excès de longueur du frein, il faut en faire la résection; s’il existe des végétations, elles doivent être enlevées; s’il y a des chancres, à moins d’indications pressantes, il faut attendre qu’ils soient guéris pour opérer , afin de, ne pas s’exposer à augmenter leur étendue en inoculant la plaie résultant de l’opération. Si l’opération est faite , les chancres existant encore, il faut, si on le peut, les enlever dans la section. De cette manière, quelquefois on peut emporter tout le mal qui peut n’être encore que local. D’autres fois, quand on en laisse, il faut , autant qu’on le peut , cautériser de suite. Lorsqu’il y a des perforations du prépuce, elles doivent être emportées dans l’opération. .
PHIMOSIS HT PAIlAPHIMOSrS.
Quand le prépuce est court , la section de sa partie supérieure, par l’ancien procédé, peut suffire. Si le prépuce n’est étroit qu’à cause de végétations développées entre lui et le gland, il suffit d’une petite incision ; dans le cas contraire, il faut inciser jusqu’au niveau de la base du gland. Il faut savoir, toutefois, que par la section supérieure même , en faisant îa résection des angles, on laisse à quelques malades une languette de peau allongée et correspondant au frein et qui constitue une véritable difformité.
Dans certains cas, je fais à la partie supérieure du prépuce un pli plus ou moins étendu, en le pinçant longitudinalement , et j’enlève ainsi un lambeau qui laisse une division en forme de V , dont la base est prise sur le limbe du prépuce et le sommet dirigé vers la base du gland.
Quant à la section de la partie inférieure du prépuce, d’après la méthode de Celse, opération queM. le professeur Cloquet a rajeunie et recréée en la perfectionnant, elle n’expose pas plus que la section supérieure à blesser l’urètre. Cependant je la rejette dans le plus grand nombre des cas, surtout quand on veut l’appliquer au phimosis avec excès de longueur du prépuce ; car elle dorme lieu à une difformité en tout semblable à celle qu’on observe dans certains hypospadias.
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Donnant la préférence à la circoncision, Toici le procédé que j’emploie.
Premier temps. La ver<ge étant dans le relâchement, sans faire éprouver de traction à la peau qui forme le prépuce, je trace , avec de l’encre, une ligne qui suit, dans toute sa circonférence, la direction oblique de la base du gland , à deux lignes de distance , et en avant de cette base-.
Second temps. Cela étant fait, j’attire le prépuce en avant et je le fixe entre les mors d’une pince à pansement, placée immédiatement au devant du gland et derrière la ligne, tracée à l’encre , dont elle suit la direction. Cette pince est tenue par un aide 5 les anneaux du côté de la face dorsale de là verge, et non transversalement, comme on l’a conseillé dans un autre procédé.
Troisième temps. La portion du prépuce qui dépasse les mors de la pince est alors saisie avec les doigts de la main gauche de l’opérateiir, tandis que la main droite , armée d’un bistouri droit , en fait la section, en suivant la direction oblique des pinces qui, placées en avantdu gland, lé défendent et servent, en quelque sorte, de règle au bistouri .
Quatrième temps. Après celte section, la doublure muqueuse, qui , par sa disposition anatomique, ne se laisse pas entraîner en avant comme la peau, reste entière sur le gland qu’elle recou-
PHIMOSIS ET PARAPHIMOSIS.
vre el l’on doit la diviser, si on ne veut pas s’exposer à un phimosis ou à un paraphiraosis secondaire.
Pour pratiquer ce temps de l’opération , je fends d’un seul trait, et avec des ciseaux, cette muqueuse, sur la face dorsale du gland et jusqu’à sa base; saisissant ensuite, l’un après l’autre, les lambeaux résultant de la division que je viens d’indiquer , j’en pratique la résection de chaque côté, en rasant la couronne du gland jusqu’au frein; puis, d’un seul coup, tenant les deux lambeaux réunis, je coupe le frein que j’emporte avec eux.
Les résultats de la circoncision, d’après ma méthode, m’ont paru plus favorables que ceux obtenus par les autres procédés, ainsi que l’on pourra s’en convaincre à l’hôpital des Vénériens. La guérison a lieu du vingtième au vingt- cinquième jour ; jamais il ne reste après de difformité, ni la crainte de voir survenir un phimosis ou un paraphimosis consécutif.
Après l’opération, l’artère du frein ou quelques branches prépuciales fournissent souvent beaucoup de sang et doivent être tordues ou liées. Il faut ensuite tenir la verge constamment couverte d’eau froide pour éviter les érections et l’inflammation. Dans le but aussi de prévenir les
érections, on donne aux malades des pilules camphrées.
La suture à points entrecoupés, essayée comme moyen de réunion, n’a pas olFert assez d’avantages pour la conseiller.
Du paraphimosis. — Le paraphimosis, quin’est autre chose que le phimosis transporté en arriére du gland qu’il tend à comprimer, déterminant tous les acpidents qui peuvent résulter de l’étranglement , exige qu’on replace les parties dans les rapports normaux qu’elles doivent avoir.
Lorsque la constriction est peu considérable, une compression méthodique suffit pour en opérer la réduction : pour cela, on enveloppe la verge d’une compresse imbibée d’eau froide ; on la prend ensuite à pleines mains, et, après, avoir serré convenablement, on enlève la compresse, et saisissant la verge dans la main gauche, on presse la base du gland avec les doigts de la droite, pour faire entrer celui-ci dans l’anneau que forme le prépuce derrière lui. Un autre procédé consiste à saisir la verge en arriére de l’étranglement, entre l’indicateur et le médius des deux mains, tandis que les pouces, comprimant les côtés du gland, cherchent à lui faire franchir les tissus qui l’étranglent.
Quand il y a de l’oedème , iï faut pratiquer des
PHFMOSIS ET PABAPHIJÏOSIS,
raoiiclietures et dégorger ainsi les tissus , avant de réduire.
Mais, toutes les fois que l’étranglement est considérable, qu’il y a des ulcérations des tissus qui étranglent, des adhérences, de l’inflammation du gland, menace ou déjà production de gangrène, et que, de plus encore, le paraphimosis a succédé à un phimosis plus ou moins complet, suivre le précepte banal de réduire quand même est une véritable hérésie, et ne sert, à travers de vives douleurs qu’on excite mal à propos, qu’à aggraver les accidents actuels et, dans tous les cas, à remplacer le paraphimosis par un phimosis, qu’il faut opérer plus tard.
Ici, au lieu de ces petits débridements multipliés qu’on a conseillés, je fais une incision sur la face dorsale de la verge et qui divise toute la peau, à partir du point de l’étranglement, en se dirigeant en arrière, dans une étendue égale à celle du gland. Cette incision est pratiquée avec un bistouri droit à lame étroite, qu’on glisse sous la peau, en entrant sous la bride, que le limbe du prépuce forme derrière le gland. Quant à la doublure muqueuse du prépuce, et qui produit, en avant de l’étranglement, un bourrelet œdémateux plus ou moins dur, il faut la diviser dans la même direction et dans toute son épaisseur.
Si j’ai été compris, l’opération que je pratique
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ainsi n’est que l’opération du phimosis par la partie supérieure , transportée en arrière du gland; aussi les effets et les soins consécutifs sont-ils ceux de cette dernière opération.
FOMIÎJLAÏRE SPÉCIAL ^
Des médicaments employés dans mon service de F Hôpital des Vénériens.