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LE PORTRAIT ET LE GENRE

Nous n’avons que très peu de choses à dire en ce qui concerne le portrait, et même le genre, qui n’ait été dit dans notre traité de la miniature en parlant de la gouache auxiliaire, car nous pensons que la peinture des portraits demande la puissance de l’huile, le charme çhi pastel ou la finesse de l’aquarelle et de la miniature. La gouache n’y a donc point sa raison d’être, puisqu’elle ne trouve son emploi que pour les draperies et les accessoires, les ornements et les fonds.

Aussi bien les principes sont les mêmes en ce qui concerne le portrait et les petites scènes de genre que pour tout ce qui a été dit plus haut. On attaque la peinture par les vigueurs pour revenir en clair. On doit donc, lorsqu’on commence un portrait à la gouache, masser les ombres et tous les accents et n’indiquer le dessin des lumières que par un trait léger de carmin ou de garance rose. Il ne faut pas, comme dans la peinture à l’huile, se servir de tons de dessous pour obtenir plus de brillant, cela serait bien inutile à cause de l’opacité même du blanc de gouache, que les dessous tendent plutôt à ternir dans son éclat.

Mais où la gouache rend de très grands services, c’est soit pour la maquette, soit pour la répétition d’une œuvre peinte, et les plus beaux exemples qui nous en aient été donnés en ces dernières années, est d’abord le « 1807 » de Meissonier , j)uis les grandes esquisses terminées des panoramas de Détaillé et de Neuville, la bataille de Champigny. En réalité, elle touche ici à la peinture en détrempe par la largeur de l’exécution ; la différence matérielle consiste uniquement en ce qu’elle est exécutée à froid, avec plus de

précision, plus de recherche des tons naturels, alors que la détrempe rentre dans la décoration, et sacrifie par conséquent davantage à l’effet.

Les gouaches de petite dimension telle que les ont comprises Van Blaremberg, Isabey père et lesVernet, sont de véritables miniatures dans lesquelles l’artiste retrouve toutes ses qualités personnelles. Si donc vous êtes paysagiste, ne voyez aucune difficulté lorsque vous voudrez peindre à la gouache sur une plaque d’ivoire, un morceau de vélin, soit pour faire une broche, soit pour orner une bonbonnière. Le travail sera plus minutieux, mais votre talent s’y transportera de lui-même. C’est une erreur de notre temps de confiner un artiste à un genre spécial ; les maîtres de l'Ecole française du xvii® et du xviii® siècle ont abordé tous les genres et y ont excellé. Mignard, Lebrun, Boucher, Watteau , Fragonard ont peint des miniatures et des gouaches, et n’en sont pas moins demeurés des maîtrespeintres.

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