NÉCESSITÉ DU CHAUFFAGE ARTIFICIEL
Parmi les animaux qui peuplent la surface du globe, l’homme est le seul qui n’apporte pas en naissant une enveloppe protectrice contre les variations de température. Il a donc été obligé de bonne heure de songer à utiliser tous les corps mauvais conducteurs pour s’en faire des abris et conserver cette température de 37 à 38° sans laquelle les fonctions vitales ne peuvent s’exercer. Le corps humain est généralement à une température supérieure à celle du milieu gazeux où il vit et il est doué de la précieuse faculté de produire de la chaleur : ce n’est, en effet, qu’un fourneau vivant rejetant par l’expiration sa fumée sous forme d’acide carbonique et de vapeur d’eau, puis, par d’autres voies, les parties solides ou scories qui sont les matières non assimilées et impropres à la vie. Tout le monde connaît l’importance de ces fonctions et les conséquences graves de leur arrêt, même momentané. Près des pôles ou sous les tropiques, la température du sang est la même, c’est-à-dire, pour l’oiseau 41° et pour les mammifères 37 à 38°. Comme notre perte de chaleur est différente, les besoins de nutrition varient avec les climats. Les causes qui influent le plus sur les variations légères de notre température sont : l’état de veille et de sommeil, l’exercice, la digestion, l’âge, etc. On attribue la chaleur que développent les réactions chimiques dans nos
DE LA CHALEUR
organes aux aliments qui sont tous directement ou indirectement tirés des plantes : ces dernières doivent leur existence au soleil. Les végétaux ne font donc que rendre ce que celui-ci leur a donné pour l’emmagasiner à notre profit. En somme, on peut dire que le soleil est la source de la vie sur notre globe.
Nous avons dit que la température moyenne du corps humain est de 37 à 38°. Dès qu’elle passe cette limite, il y a dérangement dans nos fonctions, c’est-à-dire maladie. De là ce nouveau et précieux auxiliaire du diagnostic médical, qui trouve aujourd’hui, dans l’élévation momentanée de la chaleur animale, des indices certains pour le traitement des maladies inflammatoires. C’est ici le cas de détruire une idée fausse, celle qui tendrait à faire croire que nous recevons de la chaleur du milieu où nous sommes plongés. Ce milieu, au contraire, est généralement à une température plus basse que la nôtre ; il n’agit que par soustraction, plus ou moins, suivant les circonstances. La seule chaleur que nous recevions résulte des combinaisons chimiques qui ont lieu pendant la nutrition et la respiration. On croit le froid meilleur pour la santé que la chaleur : tout cela est relatif. En physiologie, comme au point de vue de la végétation, chaleur signifie croissance , vie, progrès ; tandis que froid est synonyme de stagnation et de mort.
En France, la température varie entre — 20° et-j-400. Comme notre corps tend à se mettre en équilibre avec le milieu qui l’environne, il faut pour qu’il ne se refroidisse pas, que par le mouvement, par les réactions chimiques, résultat de la digestion, par des vêtements appropriés, enfin par un chauffage artificiel, nous arrivions à maintenir l’équilibre.
Pour cela, nous devons conserver une température de :
12 à 15° dans les ateliers.
17 à 18° dans nos appartements.
19 à 20° dans les salles de spectacle, bals, etc.
La différence entre ces températures avec celle de notre corps est la somme de chaleur que nous pouvons perdre et fournir à l’air qui nous environne. Si, dans nos climats changeants, nous négligeons de chauffer nos habitations par des moyens artificiels, nous nous exposons à une foule de maladies dont le froid et l’humidité sont la cause. Les inflammations aiguës et chroniques des voies respiratoires,
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les douleurs rhumatismales et une foule d’autres affections sont la conséquence certaine d’une habitation froide et humide.
Des observations qui précèdent, il est facile de déduire l’importance duchaulfage domestique et la nécessité d’étudier sérieusement les appareils qui, de tout temps et en tous pays, ontété inventés pour élever artificiellement la température.