‹ Traité pratique du chauffage, de la ventilation et de la distribution des eauxChapitre 18 sur 96 · DE L’AIR · texte numérisé non relu

DE L’AIR

des récoltes sans engrais, à cause des matières fertilisantes qu’y amènent les pluies.

On sait en outre que l’air contient du calorique, de l’électricité, de la vapeur d’eau, des myriades de molécules végétales et animales, invisibles dans les conditions ordinaires, mais parfaitement distinctes quand un rayon de soleil pénètre par une fente étroite dans une chambre obscure. Ces molécules proviennent soit du frottement des corps à la surface du sol, soit des émanations produites par la végétation dans les plantes, par la respiration et la transpiration dans les animaux : ce sont ces émanations que les chiens ont la merveilleuse faculté de flairer et de suivre à de très-grandes distances. L’air contient enfin des ferments de tous genres et des miasmes dont l’absorption dans nos voies respiratoires détermine les accidents les plus graves. C’est à leur présence qu’il faut attribuer une foule de maladies dues au contact et à la présence d’autres hommes, maladies parmi lesquelles il suffit de citer la variole, le typhus, la pourriture d’hôpital, les fièvres puerpérales et intermittentes, la peste et une foule d'affections à causes inconnues, sur lesquelles les études microscopiques ont jeté un jour tout nouveau.

Dans ces dernières années, deux savants, M. Shœnbein de Bâle, en 1840, et depuis, M. Houzeau de Rouen, ont démontré que l'atmosphère contenait aussi de l’ozone, en quantité minime, il est vrai, ttîtcïïïô’ mais variable suivant les lieux ; cette quantité est presque nulle dans les grandes villes et très- appréciable dans les campagnes, sur les hautes montagnes et dans les forêts en pleine végétation. C’est là, sans doute, une des causes principales de la salubrité de l’air des campagnes. On a remarqué que, quand les vents passent du sud au nord par l’ouest, l'ozone est au maximum dans l’air, et que la mortalité diminue. Sans doute il y a là une série d’observations très délicates à faire pour compléter nos connaissances sur ce nouvel agent, mais il reste prouvé jusqu’à présent qu’il joue un rôle important dans l’arrêt du développement des fermentations et, par conséquent, dans la salubrité de l’atmosphère.

« Tel air, tel sang : » voilà l’hygiène en quatre mots. C’est l’étude de cette composition de l’air, si variable suivant les lieux et suivant la température, qui, dans ces derniers temps, a rendu plus frappante que jamais la nécessité d’une ventilation convenable dans les lieux habités. Après l’hérédité, qui nous transmet la phthisie, la folie,

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