‹ Traité pratique du chauffageChapitre 18 sur 90 · DES DIFFERENTS MODES DE CHAUFFAGE DE BAINS · texte numérisé non relu

DES DIFFERENTS MODES DE CHAUFFAGE DE BAINS

Examinons successivement les principales méthodes employées de nos jours pour se donner le luxe d'un bain à domicile.

L'un des plus simples consiste dans un cylindre (fig. 13), communiquant avec la baignoire par deux tuyaux et surmonté d'un chauffelinge ; le chauffage qui demande de 30 à 45 minutes, suivant les sai-

Fig. 13.

sons et le combustible employé, peut se faire dans un foyer intérieur pouvant utiliser toute espèce de combustible ou mieux avec une couronne de becs de gaz sous le foyer.

Ce dernier moyen est préférable dans beaucoup de cas, parce qu'il est plus prompt et plus simple, qu'il supprime les cendres et la fumée, enfin, il permet de réchauffer le bain plus facilement et ne nécessite pas l'intervention d'un domestique; on ajoute quelquefois à l'appareil un foyer réflecteur pour chauffer la pièce. C'est ici le cas de dire que le prix auquel le public paye le gaz actuel est beaucoup trop élevé, et que, dans un temps donné, le chauffage des bains et celui des cuisines des petits ménages devra se faire en grande partie par des procédés moins encombrants que les moyens actuels ; le gaz d'éclairage est un de ces moyens , quand son prix sera ce qu'il doit être. Il est indispensable d'avoir une issue extérieure pour les gaz provenant de la combustion. Ce moyen a l'inconvénient d'exiger un certain temps pour la préparation du bain, mais il prend peu de place, il n'exige qu'un petit tuyau de fumée, il permet, si on a le gaz chez soi, d'avoir son bain à toute heure, sans domestiques, et il chauffe en même temps le cabinet, où il est indispensable d'avoir une certaine chaleur au sortir du bain.

Un second moyen, fort simple, consiste dans l'emploi d'un cylindre en cuivre étamé de m ,60 de diamètre, sur l m ,50 de haut (fig. 14), placé sur un petit massif en briques, ou un trépied en fer, soit dans le cabinet de bain, soit dans une pièce contiguë, soit encore dans une des pièces supérieures, suivant la place du réservoir d'eau froide et la position possible du départ de fumée. Le foyer est entouré d'eau de toutes parts et surmonté de la colonne de fumée utilisée à Tintérieur dans un mètre de son parcours; sur une des parois, peut s'ouvrir le chauffe-linge. L'alimentation du réservoir a lieu par le haut et le départ au-dessus du foyer qui ne doit jamais ainsi rester sans eau; plus bas, un petit robinet de décharge et de nettoyage. Un troisième moyen consiste à placer autour du foyer du fourneau

de cuisine, un bouilleur, ou double botte en cuivre étamé, ou en tôle rivée, communiquant avec un réservoir d'eau chaude placé, soit à

Fig. 14.

côté, soit dans la hotte du fourneau, soit dans le cabinet de bain, suivant les cas. Le bouilleur peut être chauffé aussi par un petit foyer séparé; en tout cas, il sera toujours utile d'entourer le réservoir d'une enveloppe mauvaise conductrice, comme du feutre ou une double boîte garnie de sciure de bois. L'eau froide arrivera en dessous par un petit réservoir d'alimentation avec flotteur. Pour les ménages parisiens superposés, cette disposition permet d'envoyer l'eau, même en siphon, dans la pièce qu'on aura choisie.

C'est ici le cas de recommander une modification facile dans la forme de nos cheminées dont la hotte en pente ne sert à l'extérieur qu'à recevoir la poussière et la fumée. Cette hotte est d'autant plus inutile que neuf fois sur dix, il n'y a qu'un tuyau pour la fumée et pour la ventilation : on ferme donc toujours la trappe, sans quoi le tirage serait ralenti au moment où il est le plus nécessaire. Si,

comme en Angleterre, on lui donnait la forme carrée et verticale, on aurait par cette disposition et avec peu de dépense additionnelle, une place toujours précieuse dans nos habitations étroites, place qu'on peut diviser et disposer en armoire avec tablettes.

Lorsqu'on aura besoin d'un nombre de bains considérable, si l'on veut rendre ce service indépendant de celui des cuisines et pouvant conserver et emmaganiser longtemps la chaleur avec peu de dépense, les figures 15 et 16 indiquent une disposition que j'ai appliquée avec succès. La chaudière, placée dans un des étages supérieurs, est alimentée par un petit réservoir à flotteur ou par un robinet spécial, ce qui permet d'obtenir l'eau chaude jusqu'à la dernière goutte, tandis qu'avec le flotteur, l'eau se refroidit au fur et à mesure que le réservoir se vide, et cela au moment où, pour réchauffer un bain, elle doit être plus chaude qu'au début.

Dans les figures 15 et 16, on voit que la chaleur du combustible

Fig. 15.

est presque entièrement utilisée et que le réservoir entouré d'une couche d'air et d'un petit mur de briques creuses surmonté d'une épaisse plaque de marbre commun, doit conserver très-longtemps la chaleur acquise.

La disposition indiquée fig. 17, s'applique surtout à un rez-dechaussée ou à une maison de campagne, ayant sa cuisine en sous-sol et le cabinet de bain à l'étage au-dessus. Cette disposition n'exige qu'un emplacement de deux mètres carrés. A, réservoir d'eau froide

avec trop-plein, alimentant le bain par le tuyau B, placé à dessein en contre-haut de C : D, petit réservoir à flotteur pour alimenter le réservoir d'eau chaude entouré de toutes parts d'un double encaissement séparé par de la sciure de bois : F, petit tuyau de vapeur allant

Fig. 17.

déboucher au dehors : G, tuyau de circulation allant au bouilleur de la cuisine : H, tuyau de retour passant dans la double boîte I, formant chauffe -linge; la prise d'eau chaude, pour le bain, est branchée sur ce tuyau : J, baignoire avec trop-plein, siphon, double fond et encaissement en bois faisant meuble dans la pièce contiguë.

Page 1