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DES FILTRES

La figure 40 montre la coupe du filtre qui m'a toujours réussi. Lorsqu'une pompe d'aspiration est placée dans une capacité limitée et que la filtration a lieu en même temps que l'aspiration, on s'expose à avoir une pompe très-dure, ou alors la filtration très-rapidement faite par des substances très-perméables, n'est jamais aussi complète. Je le répète, il faut chercher à imiter la nature, qui, en ces matières, travaille lentement. Comme substances filtrantes, il faut en général préférer les matières siliceuses et inertes aux matières végétales et animales, qui, bien qu'elles soient préparées et dégraissées, sont bien plus exposées aux fermentations produites par les dépôts du filtrage. C'est pourquoi, de préférence à la laine tontisse et aux éponges, on emploiera le sable, le grès pilé et le charbon. Comme la filtration aura lieu lentement et que l'on peut avoir à pomper deux à trois mètres cubes d'eau à la fois, il faut laisser dans la citerne une capacité libre pour l'eau filtrée : c'est naturellement dans cette capacité que plongera la pompe d'aspiration.

A, est un petit mur en briques bien lavées et jointoyées en ciment. A partir de B jusqu'en G, les briques de la partie inférieure sont grossièrement liées entre elles pour laisser passer l'eau. Ce petit mur

s'appuie contre des barres de fer scellées haut et bas pour supporter la pression de l'eau qui tend toujours du reste à s'égaliser des deux côtés. D, D, D, petits murs en briques écartées d'au moins 20 centimètres pour faciliter l'enlèvement et le nettoyage des matières filtrantes. Les deux briques du haut, E, sont jointoyées en ciment pour empêcher l'eau de glisser par la partie supérieure sans passer par les filtres. F, pierre calcaire filtrante de 2 à 3 centimètres, en un ou plusieurs morceaux soigneusement jointoyés ; chacune des cases sera remplie, la première de prravier fin lavé ou de grès pilé ; la deuxième de charbon de chêne pilé de la grosseur d'un pois ; la troi-

Fig. 40.

*W$m<s de sable fin. Le trou sera recouvert par des dalles G. de 5 à 6 centimètres d'épaisseur, soigneusement jointoyées en ciment , avec ftolin* tout autour pour éviter les filtrations autrement que par les cmw* filtrantes. II est un passage pour aller, au besoin, réparer le tuyau d'aspiration. I, trop-plein placé à 10 centimètres au-dessous du tnur A. Quand le terrain le permettra', on aura une bonde de tauA if pour la vidange et le nettoyage annuel de la citerne. Ainsi <||ftpo»6, le filtre pourra fonctionner deux ou trois ans, surtout s'il ne rwçolt pflN loi premières eaux des toits.

Un Arifflttterre, on adopte souvent un autre genre de filtre; on le <1lftf>o*<* comme l'indique la figure 41. F est une boite en tôle gai va-

nisée ronde ou carrée de m ,60 environ en largeur et hauteur. A, B, C, D sont quatre diaphragmes ou cadres en tôle galvanisée, s'emboîtant exactement aux parois de la caisse ; chaque case renferme ces matières filtrantes, éponges, charbon, sable, etc., et l'aspiration a lieu par G. Le filtre, qui fonctionne au fur et à mesure de l'aspiration, est suspendu à l'ouverture supérieure par deux crochets. Pour le nettoyer, on dévisse le raccord, on remonte la caisse pour enlever et remplacer les matières filtrantes, et on redescend le tout dans la citerne. Ici, il y aura à disposer au fond de la citerne un trou en cône, car les derniers m ,50 d'eau ne pourraient être aspirés.

Il est quelques points du globe où l'eau de pluie est seule en usage pour les besoins domestiques, comme Malte et Venise. A Malte, où manquent les sources d'eau potable , le gouvernement anglais recommande le filtre (fig. 42) qui s'explique de lui-même. A Venise on y

t;:>xv.

Fig. 41.

Fig. 42.

construit depuis longtemps des citernes comme l'indique la figure 43; elles sont creusées dans le sol et garnies sur le pourtour et au fond d'argile bien battue ; au bas de la citerne se pose une pierre percée de

trous coniques sur laquelle on bâtit un puits ordinaire à parois imperméables et qui s'alimente par le dessous. A la surface du sol, on dispose un canal A,B, fait en briques et rempli de gros gravier et de charbon concassé. Dans ce canal viennent aboutir les eaux pluviales, qui y déposent leur détritus et vont lentement se filtrer jusqu'au fond de la citerne, d'où on les tire par l'orifice supérieur du puits. Les canaux A, B, étant faciles d'accès, on peut renouveler et laver souvent les matières siliceuses qu'ils renferment.

Les deux dispositions cidessus exigent un réservoir séparé emmagasinant les eaux qui arrivent subitement en cas d'orage et doivent, à l'exemple des eaux naturelles , n'opérer leur clarification que très-lentement.

Lorsqu'on n'aura qu'une petite quantité d'eau à filtrer, on pourra employer le moyen adopté par les pisciculteurs (fig. 44), qui utili-

lisent !a capillarité pour procurer à leurs jeunes saumons une eau parfaitement claire; ils disposent deux vases l'un sur l'autre et font plonger dans le vase supérieur des filaments de coton en y maintenant, par un moyen quelconque, un niveau constant; on obtient ainsi une clarification parfaite.

Les figures 45 et 46 indiquent en plan et en coupe la disposition d'un filtre qui peut rendre des services dans les campagnes, lorsqu'on dispose d'une source ou d'un cours d'eau constant qu'on veut clarifier. A et B sont deux compartiments servant alternativement à recevoir la source qu'on dirige à volonté à droite ou à gauche. C est

Fig. 43.

un trop-plein. D un filtre per ascensum, posé sur une plaque de fonte percée à jour qui reçoit un premier lit de gravier, sur lequel on étend une couche de

sable fin. Les matières solides arrêtées par le mur E se déposent dans le fond du réservoir A ou B et l'un des filtres est en service pendant le nettoyage de l'autre. Au bas el à la sortie, on peut adapter une bonde F servant à la vidange des réservoirs.

Il arrive souvent que le sol où Ton doit puiser les eaux souterraines est composé de sable très-fin qui engorge immédiatement les pompes et

Fig. 45.

Fig. 47.

les réservoirs. Dans ce cas, voici la disposition qu'il conviendra d'adopter, figures 47 et 48 : A est un tuyau carré, formé de deux madriers de m ,08 d'épaisseur et fortement goudronnés. Les joints B du tuyau sont faits en pente et garnis d'étoupe fortement serrée. C sont des trous de m ,07 à m ,08 remplis à l'intérieur d'épongés préalablement purifiées et bien serrées. Ces éponges sont maintenues par deux plaques de tôle galvanisées, pistonnées en dedans et en dehors et percées de petits trous. On multiplie les tuyaux suivant la quantité d'eau à recueillir et on les dirige vers un réservoir étanche où plonge l'aspiration de la pompe. Ce réservoir sera nécessairement en harmonie avec les besoins qu'on aura à satisfaire.

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