‹ Traité pratique du chauffageChapitre 53 sur 90 · DES SERRES D'EXPÉRIMENTATION · texte numérisé non relu

DES SERRES D'EXPÉRIMENTATION

Bien que les lignes qui suivent soient quelque peu en dehors de mon sujet, qu'il me soit permis, à l'occasion des serres, de faire remarquer qu'il y a encore de grandes lacunes à combler au sujet du mode d'action de la chaleur, de la lumière et de l'électricité sur les végétaux. Quand on veut étudier l'action des diverses températures, les moyens employés dans les laboratoires sont insuffisants, parce qu'on ne peut y constater que des faits inégaux, irréguliers, et cela sur une trop petite échelle. Mieux vaudrait un serre spéciale dans laquelle on pourrait suivre les plantes depuis la germination des graines jusqu'à l'éclosion de leurs fleurs, ou la maturité de leurs fruits, sous des degrés de température et des quantités de lumière déterminés.

En effet, quand on étudie les différences qui séparent le règne animal du règne végétal, on trouve qu'en outre de la locomotion, les animaux sont doués de la faculté de produire de la chaleur et cela dans les limites déterminées, pour que leurs fonctions puissent s'exercer librement. Au contraire, le rôle des plantes est tout passif : elles consomment de la chaleur, elles en vivent, elles n'en produisent pas. Je dirai plus, leur vie se compose d'une série de phénomènes qui ne sont pas tous influencés par la chaleur de la même manière et le degré de température nécessaire au premier développement d'un germe n'est pas toujours celui qui est nécessaire à l'accroissement de la plante ou à la maturité de ses fruits.

Mais, s'il y a là de vastes sujets d'observation, on trouve que la science est encore bien plus obscure en ce qui concerne l'action de la lumière, parce qu'en dehors de cette action, nous voyons des plantes grandir, mais mal remplir les fonctions d'assimilation. Dans ces derniers temps, l'action réelle de la lumière a donné lieu à des expériences très-ingénieuses, mais non encore probantes et acceptées par tous. Il reste bien à apprendre sur les effets de la lumière diffuse, sur l'importance relative de la chaleur sèche ou humide, sur l'action des rayons solaires traversant des verres diversement colorés, sur l'action de la lumière électrique, etc. Enfin, rien ne serait plus facile que de créer une atmosphère chargée de gaz nuisibles ou bien d'acide carbonique, tel qu'elle existait lors de la formation de la houille, dans les premiers âges de notre planète. Que de questions intéressantes à élucider pour les savants! que de progrès il peut en résulter pour l'horticulture !

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