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DES EGOUTS ET DES FOSSES D AISANCE

Nous avons dit en commençant ce travail que nous prendrions l'eau depuis le moment où elle tombe du ciel, jusqu'à celui cù après avoir servi aux besoins de l'homme, elle s'est mélangée à divers éléments organiques et doit retourner au sol sous forme d'engrais liquide pour « fermer le cercle de la nature».

Ce que nous voulons surtout chercher à préconiser, c'est ce qu'on appelle « le principe de la circulation continue » pour éviter les nombreuses causes de maladies provenant de la fermentation des matières organiques : ce que nous voulons prouver, c'est ce principe de l'hygiène : < le mouvement, c'est la vie ; la stagnation, c'est la mort. »

Nous allons donc examiner succinctement les différents moyens fournis par la science pour nous affranchir des causes d'infection qui vicient l'atmosphère de nos demeures.

Tout le monde a observé que partout où les hommes vivent en grand nombre, il se développe parmi eux des causes d'insalubrité et des maladies inhérentes à l'encombrement. En effet, les habitations serrées les unes contre les autres empêchent la circulation de l'air ; les détritus provenant des aliments et des sécrétions diverses souillent le sol et les eaux voisines; enfin, les morts eux-mêmes viennent ajouter pour les survivants de nouvelles causes d'infection et de maladie. De là, résulte pour les administrations un ensemble de mesures, gênantes quelquefois, mais que j'appellerai des mesures de salut public, pour assurer à tous les habitants d'une ville les bienfaits de la lumière, de l'eau, de la propreté, de la santé enfin qu'individuellement ils seraient inhabiles à obtenir.

Parmi les conditions de salubrité des villes, se trouve en première ligne une abondante distribution d'eau pure servant à alimenter les

habitants, à nettoyer, à rafraîchir la ville ; et, en second lieu, une canalisation souterraine entraînant au loin les liquides impurs et toutes les matières fermentescibles, pour prévenir les maladies résultant de leur présence, puis pour restituer à l'agriculture les principes fertilisants qu'on lui a enlevés sous formes diverses.

Résumons en quelques mots ce que doit être une distribution et une circulation d'eau dans les villes :

Un bon système de distribution d'eau pure et de drainage des eaux vannes, n'admet ni citernes, ni puisards, ni fosses fixes, qui ne sont, après tout, que des causes multiples de stagnation pestilentielle. Nonseulement, au point de vue de l'hygiène, on ne doit pas laisser séjourner au-dessous des habitations humaines les matières des fosses ou les eaux ménagères; non-seulement, au point de vue de l'agriculture, on ne doit pas tolérer le déplorable gaspillage des eaux vannes et l'empoisonnement des rivières, mais il faut prendre modèle sur la nature qui nous donne, dans le corps humain, le plus admirable modèle à suivre pour la circulation de l'eau dans les villes. Cette circulation se compose essentiellement d'un double système, l'un afférent ou artériel, l'autre efférent ou veineux: en d'autres termes, le grand corps qu'on appelle une ville, a deux séries de tuyaux, l'un amenant l'eau pure, l'autre emportant au loin dans les campagnes les eaux qui ont servi aux besoins des habitants. Le cœur qui fera fonctionner ce système sera tantôt une machine à vapeur, tantôt des turbines ou autres moteurs, si la ville est placée près d'une rivière. Maintenant, pour l'alimentation d'eau pure, évitons les rivières toujours plus ou moins imprégnées des impuretés organiques et minérales enlevées aux champs voisins, surtout lors des pluies, ou aux villes placées en amont. Laissons les fonds des puits ou des vallées; recherchons en haut des collines les eaux provenant de terrains sablonneux lavés par des pluies séculaires. Évitons les fosses fixes et les puisards. Que l'eau qui a servi à nos usages entraîne au loin par des tuyaux de grès vernissé, ou de surfaces bien lisses, les détritus de toute nature, pour reporter aux campagnes ce que nous leur avons pris sous forme de produits alimentaires. Que si les champs irrigués sont d'une formation argileuse, compacte et peu perméable, n'avons-nous pas à notre disposition des tuyaux de drainage artificiel ? Tout cela coûte, dira-t-on ? Eh bien ! mettons d'un côté les frais d'enlèvement des fosses, les maladies de tout genre provenant de la

stagnation des matières fermentescibles, l'incapacité au travail, les frais d'hôpitaux, etc. ; de l'autre côté, voyons F influence de la santé sur notre puissance de production, pesons les effets de la propreté, au physique comme au moral, calculons les profits des engrais apportés aux campagnes, la plus-value des sols irrigués, et décidons de quel côté sont les profits de l'opération !

L'eau qui tombe en forme de pluie sur les collines subit une filtra- . tion naturelle à travers les sables ; elle est recueillie dans des aqueducs qui la mènent par des tuyaux de distribution à chaque étage de nos maisons. De là, enrichie de résidus fertilisants qu'elle entraîne, avant qu'ils soient entrés en fermentation, elle va, en messager fidèle et commode, porter l'abondance dans les campagnes où elle dépose dans le sol les matières solides qu'elle tient en dissolution ou en suspension. Puis, elle descend dans des tuyaux de drainage, s'écoule par les rivières vers l'océan, d'où elle s'élève en vapeur sous Tinfluence de la chaleur solaire, pour être reportée par les vents, redescendre sous forme de pluie sur nos collines et pénétrer encore dans nos tuyaux collecteurs. Ainsi, sous l'influence de deux forces, la chaleur et la pesanteur, se trouve complété le grand cercle de la nature.

Ce programme se trouve réalisé d'une manière merveilleuse dans Paris, dont la position exceptionnelle, au point de vue de la salubrité et de la circulation des eaux, frappe d'admiration, même quand on a vu toutes les capitales de l'Europe et de l'Amérique.

En effet, la ville, placée sur sa plus grande longueur, dans la direction des vents dominants, c'est-à-dire, de l'Ouest à l'Est, est en outre coupée en deux par une grande artère fluviale et par des quais qui favorisent la circulation de l'air. De plus, les deux parties, nord et sud de la ville, s'élèvent graduellement à partir du fleuve et donnent ainsi une pente naturelle aux eaux vannes qui s'écoulent dans deux collecteurs latéraux à la Seine, pour se joindre au Pont de l'Aima et aboutira Asnières .On voit qu'il est difficile de réunir des conditions plus favorables, et je ne connais pas de capitale qui les présente à un degré égal. Pour compléter son œuvre, la nature a placé à la sortie de Paris un filtre merveilleux, formé de l'ancien lit de la Seine, c'est-à-dire, de couches siliceuses, toutes préparées pour recevoir les # eaux vannes, en retenir les parties fertilisantes pour rendre au fleuve les eaux de drainage et former ainsi aux portes de Paris, ce marché

immense, un vaste potager, sans égal au monde. Les eaux de Seine, celles de la Marne ou des puits artésiens, sont là en quantités inépuisables pour les fontaines publiques, les arrosements et le lavage des rues. Puis, de chaque côté du fleuve, une source magnifique, la Dhuys et la Vanne, pour servir à la boisson et aux usages spéciaux des habitants. Est-il possible d'imaginer un plus merveilleux ensemble ?

Ici se pose une difficulté : on dit avec raison que les eaux vannes amenées par les collecteurs deviennent une cause d'insalubrité désastreuse pour la banlieue; elles introduisent dans le cours du fleuve des éléments de fermentation dangereux et le rendent impropre aux usages domestiques et industriels. Ce système de collecteurs ne ferait donc que déplacer le mal et reporter sur un point de la banlieue l'infection de la Seine à Paris. Mais ici, comme en beaucoup de choses ici bas, le remède se trouve à côté du mal : les eaux vannes renferment par mètre cube 3 kilogrammes de substances étrangères, dont 1 kilogramme en dissolution, et 2 kilogrammes en suspension, formées de matières azotées, phosphate, potasse, calcaire, etc., qui leur donnent les qualités d'un véritable fumier ; elles peuvent donc trouver un emploi immédiat aux usages agricoles, comme on en a déjà des exemples à Milan, à Valence et à Edimbourg. C'est ce qu'a bien compris l'administration de la Ville de Paris, qui, secondée par ses deux savants ingénieurs MM. Mille et Alf. Durand-Claye jeune, a poursuivi; dans la plaine de Gennevilliers, des essais passés aujourdhui en pratique régulière et qui déjà servent de modèles aux autres administrations. Dès aujourd'hui, 80 000 mètres cubes par jour, c'est-à-dire, le tiers des eaux vannes de la capitale, peuvent être utilisées par l'agriculture, et le double problème : assainissement efficace des villes et utilisation agricole des eaux vannes se trouve pratiquement résolu.

Dans presque toutes les grandes villes, la première partie du problème a été comprise : il en est bien peu aujourd'hui qui ne soient pourvues d'eau en abondance et la question a pris aujourd'hui une importance telle que l'on n'hésite pas à faire les plus grands sacrifices pour aller chercher au loin des eaux potables ; ce n'est plus qu'une question de temps. Sur le second point, le progrès est plus lent à se faire : tandis que les engrais commerciaux augmentent tous les jours, on hésite encore à utiliser les eaux vannes faute de don-

nées suffisantes et on va chercher au loin des engrais qu'on a sous la main. D'un côté des dépenses considérables; de l'autre, avec l'emploi des eaux vannes, salubrité et richesse : que le progrès est lent à venir! Dans la seule ville de Paris, les ingénieurs calculent qu'il se perd annuellement pour sept millions de matières fertilisantes qui empoisonnent la Seine: et de plus, en 1872, on a eu à dépenser 120 000 francs pour draguer le fleuve à Asnières. On voit que les frais d'élévation des eaux vannes peuvent être largement couverts par l'abonnement futur des eaux d'égout en aval, comme on s'abonne aux eaux de source en amont.

Dans ces dernières années, il y a eu divergence d'opinions sur cette double question : l'alimentation des villes par les eaux de sources ou de rivière et l'utilisation des eaux après qu'elles ont servi aux besoins publics et particuliers.

Sur le premier point, on est à peu près d'accord : tout le monde commence à comprendre que les eaux de rivière ont pour principaux inconvénients d'être froides en hiver, chaudes en été et presque tou jours chargées de détritus minéraux et végétaux que les pluies et d'autres causes leur font charrier, puisque ce sont des égouts naturels. Au contraire, les eaux de sources, captées dans des terrains convenables et amenées par des conduites souterraines dans des réservoirs, à l'abri des vents et de la lumière, conservent bien mieux une température régulière et sont exemptes des impuretés de l'atmosphère.

Mais sur le second point, l'écoulement des eaux vannes ayant servi aux divers usages des villes, il y a deux systèmes que l'expérience n'a pa s encore définitivement consacrés. Le premier consiste dans la désinfection des eaux, soit parla décantation, dans des bassins de dépôt, soit par leur passage à travers des filtres convenables, soit enfin par le sulfate d'alumine avant ;leur rejet dens les cours d'eau qui doivent les conduire à la mer : ces divers moyens ont déjà été employés sur une certaine échelle, en Angleterre et ailleurs, mais sont-ils applicables à de grands centres de population rejetant comme Paris 2 à 300 000 mètres cubes d'eau par jour ?

Ici, la question demande à être examinée au double point de vue de l'hygiène et de l'agriculture.

Sous ce dernier aspect, il n'y a pas à hésiter. Le devoir des municipalités est. non-seulement d'éviter l'infection des cours d'eau qui les

traversent, mais, surtout, de rendre à l'agriculture tous les éléments de fertilité que les villes, ces pompes aspirantes, ont enlevées aux campagnes voisines. De nombreux exemples prouvent depuis longtemps tout le parti qu'on peut tirer des eaux d'égouts employées en irrigations. Ce moyen simple et économique évite les complications des bassins de décantation, l'enlèvement des matières déposées au fond des bassins et rend en totalité à l'agriculture et près des villes, leur marché naturel, toutes les matières fertilisantes que ces gouffres ont absorbées pour l'alimentation publique. De plus, dans un temps qui ne peut être éloigné, on supprimera le système barbare des fosses étanches qui condamnent la population à vivre dans une atmosphère infectée des gaz délétères qui se dégagent des 70 000 maisons de Paris. Si l'on suppose leurs fosses à moitié pleines, on arrive à un chiffre de 5 à 600 000 mètres cubes de matières en voie de putréfaction permanente, et cela dans une ville qui a la prétention de se croire un foyer de civilisation et de lumières.

L'emploi direct des eaux vannes est simple, facile, à la portée des cultivateurs les plus ignorants, surtout quand on a, comme dans le bassin de la Seine à Gennevilliers, un immense filtre naturel pouvant absorber tout ce que Paris peut lui donner d'engrais et lui rendre promptement sous forme de produits agricoles. Mais il y a un point qui n'est pas complètement éclairci, c'est le point hygiénique et médical. On connaît les effets du colmatage naturel, dans les rivières ou les étangs, dont les niveaux baissent pendant les chaleurs. Leurs bords, où se déposent les matières organiques, donnent lieu, sous l'influence du soleil d'été, à des fermentations qui causent des fièvres de diverses natures. L'embouchure des grands fleuves, comme le Gange, le Mississipi et la rivière des Amazones, nous en donnent, hélas ! de cruels exemples. Maintenant, dans les essais faits jusqu'à présent sur une petite échelle, l'eau d'égout a peu d'odeur; mais, lorsque la totalité des eaux vannes sera employée sur un point à l'irrigation, lorsque de vastes terrains seront imprégnés des détritus des égouts et que les vents régnants de l'ouest ramèneront sur Paris les émanations des champs irrigués, est-il bien sûr que la santé publique n'en souffrira pas ?

A cette objection, on répond que les eaux ménagères récentes n'ont pas d'inconvénient. Ainsi, les poissons se nourrissent parfaitement à l'embouchure des égouts dans les rivières, mais qu'on les mette

dans les mêmes eaux recueillies dans un bassin où elles stationnent et fermentent, et les poissons périront immédiatement. On fait encore remarquer à cette occasion, que les végétaux comme la terre, ont une puissance d'absorption considérable et que si Ton entretient la circulation dans les canaux d'irrigation, si on la facilite par un drainage souterrain convenable, si on applique les eaux d'égout aux prairies dont les tiges sont très-rapprochées, de manière que la végétation ait lieu sans solution de continuité, si enfin, on fait arriver les liquides à l'état frais, c'est-à-dire, avant que la fermentation n'ait pu se développer, aucun danger n'est à craindre. En résumé, pour tous les esprits pratiques qui ont étudié la question chez nous et à l'étranger, l'irrigation directe, sans dépôt, sans discontinuité est la solution la plus simple, la plus économique, la plus efficace de ce double et important problème : assainissement des villes et fertilité des campagnes.

Notre savant ingénieur, M. Belgrand, dans son mémoire du 20 septembre 1871, conclut avec raison à la suppression des fosses fixes et à la vidange à l'égout de toutes les matières actuellement enlevées par les procédés barbares que nous connaissons. Sur 68 000 maisons existante Paris en 1869, 34 538, c'est-à-dire, un peu plus de la moitié seulement seraient abonnées aux eaux de la ville ; or, pour moi, ce n'est pas douteux, j'en ferais une loi de salut public et j'imposerais aux propriétaires l'obligation d'abonnement dans un temps donné, absolument comme on leur impose le ravalement de la façade de leur maison tous les 10 ans, ou l'impôt direct pour frais de police, d'éclairage et d'arrosement, cela dans un but d'intérêt général. La liberté s'arrête là où vous empoisonnez vos voisins. Gomme la vidange coûte à Paris de 7 à 8 francs le mètre cube, suivant les quartiers, on évite l'usage de l'eau dans les cabinets; ceux des maisons d'ouvriers, comme ceux des casernes, sont des foyers d'infection ; or, les propriétaires, en payant à la Ville l'abonnement à l'eau et une faible redevance sur les tuyaux de chute, feront une économie réelle, tout en assainissant leurs immeubles. Cette transformation ne peut se faire que progressivement, je le sais ; mais dans une ville comme Paris, après l'argent dépensé pour les écoles, il n'en est pas de mieux placé que celui qu'on appliquera aux travaux de distribution d'eau et de drainage souterrain.

Il est encore malheureusement beaucoup de rues où les égouts

n'existent pas. Quels sont les moyens d'atténuer les inconvénients de l'état de choses actuel, et en quoi consiste le système diviseur dont la nature elle-même nous donne l'exemple dans le corps humain, cet appareil diviseur par excellence ? Les dispositions employées aujourd'hui après bien des essais de divers systèmes proviennent d'une erreur impardonnable de l'administration qui, contrairement à ce qui s'opère dans plusieurs villes, s'oppose à la vidange complète des matières à l'égout, sous prétexte qu'elles en rendraient le nettoyage pénible et quelquefois dangereux. Or, que peuvent faire mille mètres

Fig. 365.

cubes de matières fraîches et non fermentées, envoyées journellement aux égouts et délayées dans 200 000 mètres cubes des eaux qu'ils reçoivent ? Un autre motif, a-t-on dit, est le défaut de pente dans beaucoup d'installations actuelles. Pourquoi, dans ce cas, ne pas relever l'appareil diviseur qui n'occupe en somme qu'un espace de m , 50 ; sur 1 met. de haut ? Quelle est la cour où Ton ne pourra loger et cacher une caisse semblable ? On a commencé, en 1 850, à permettre l'écoulement des liquides sur la voie publique, moyennant un droit de 1 fr. 25 par mètre cube, après la désinfection de la fosse.

Plus tard, on a adopté le système de séparation pure et simple (fig. 366) : les liquides s'écoulaient dans une fosse spéciale d'où on les pompait au besoin. Enfin, aujourd'hui, on a réalisé complètement l'idée émise par Giraud en 1786, par Gourlier en 1788, par Parent-Duchâtelet

Fig. 366.

en 1835 et prescrites par l'administration en 1854 (on voit que le bien se fait longtemps attendre 1). Les liquides aujourd'hui sont envoyés directement à l'égout comme l'indique la fig. 366, qui donne l'installation présente du drainage dans une maison de Paris.

A, tuyau de chute des cabinets; B, collier mobile à baïonnette pour relier le tuyau à l'appareil ; C. appareil diviseur de 0,80 c. de haut sur 0,40 c. de large et renfermant une plaque verticale de 0,25 c. de large percée de trous de 0,06 c. de diamètre pour laisser écouler les liquides par le tube en caoutchouc à raccords D ; E, siphon obturateur recevant les eaux des cours-, F, tuyau d'eaux pluviales servant aussi pour les eaux ménagères à chaque étage ; H, collecteur général; I, siphon obturateur à enveloppe empêchant les émanations de remonter aux étages supérieurs ; J, siphon ouvert à déversoir, placé dans le branchement d'égout; K, tampons de dégorgement placés de distance en distance et aux coudes; L, ventilateur allant jusqu'au toit; M, eaux pluviales, côté de la rue. Le tuyau doit plonger en J. On

Fig. 367.

voit, par cet exemple, que la circulation d'une maison moderne en sous-sol est chose assez compliquée. Pour compléter ce qui a rapport au système diviseur, nous donnons (fig. 367) une disposition qui convient surtout aux campagnes ou aux installations temporaires. Le tonneau supérieur fjf% renferme une paroi percée de trous f f comme les récipients métalliques usités

gatXi ! à Paris, et les liquides s'écoulent dans le tonneau inférieur qui se roule directement au dehors, ou s'élève avec une poulie, pour vider son contenu dans la fosse à purin. Cette simple et économique installation devrait être appliquée partout dans les campagnes, où un mélange immédiat avec de la terre sèche permettrait d'assainir les villages et d'enrichir les fumiers presque sans frais.

J'arrive au cas le plus fâcheux; celui des fosses fixes, qu'il est difficile d'éviter dans les villes dépourvues d'égouts. On doit alors prendre des précautions particulières pour la santé publique et pour la protection des ouvriers, lors de la vidange. J'ai dit que la seule solution définitive du problème était dans l'envoi des matières à l'état frais et directement sur des terres cultivables disposées à cet effet. Voyons les divers expédients qu'on a inventés, en attendant qu'on puisse établir un drainage rationnel et définitif.

Quant aux inconvénients des fosses fixes, ils sont, hélas! trop connus; souvent elles sont perméables, surtout dans les anciennes maisons, où l'on a laissé à dessein quelques ouvertures au fond de la fosse, pour se débarrasser tant bien que mal de la partie liquide. De là, des infiltrations des plus dangereuses pour la santé publique et l'empoisonnement des couches d'eaux souterraines comme celui que cause le voisinage des cimetières. En second lieu, les fosses fixes font obstacle à la propreté des cabinets,; parce que la dépense élevée de la vidange empêche l'usage de l'eau dans les cuvettes. De plus, la cheminée d'aérage, prévue par les règlements, produit la plupart du temps l'effet contraire à celui qu'on en attend. D'abord les matières

au libre contact de l'atmosphère sont plus sujettes à fermenter que si elles étaient dans une capacité close ; puis, lorsque la soupape du siège est ouverte, ou ferme mal, ce qui arrive souvent, les cheminées de l'intérieur des pièces font appel sur le tuyau de descente, et le tuyau d'évent qui devait procurer un courant ascendant, se trouve servir au courant contraire. Enfin, la vidange des fosses, malgré les ordonnances de police, est encore des plus barbares. Le brassage des matières avec les réactifs est incomplet et la désinfection est tellement imparfaite que le voisinage en est toujours empesté. Que dire des latrines fixes des casernes, des prisons et des collèges? Nesont-ce pas des sources infaillibles de maladies contagieuses, et faut-il ajouter que le système actuel de dépôt des vidanges condamne une portion des environs de la capitale à une infection permanente qui en rend lé séjour impossible?

Voyons maintenant les principaux moyens à appliquer dans nos habitations pour éviter l'infection des fosses fixes.

Celui-là a rendu un immense service à ses semblables qui, le premier, a eu Tidée d'adapter aux tuyaux de chute une valve ou soupape mobile obturatrice. Tantôt cette soupape agira sous l'influence d'un bras de levier qui aura un double effet : celui de laisser tomber les matières et celui d'ouvrir un robinet pour le lavage du siège. C'est là le mode le plus usité en France. Mais pour moi, la question n'est ici résolue qu'à moitié, parce qu'il y a là un mécanisme sujet à usure et à dérangement, puis, parce que la fosse est temporairement mise en rapport avec le cabinet. Les appareils Rogier-Mothes donnent l'exemple du deuxième moyen, c'est-à-dire de l'ouverture automatique de la soupape, sous une faible pression et son retour sur elle-même, par l'effet d'un contre-poids. Cette disposition dont l'invention a d'abord été appliquée pour les compteurs à eau, puis, pour des pendules hydrauliques, est bonne pour la campagne, parce qu'elle rend les sièges indépendants de la gelée quand la maison n'est pas habitée.

Il est d'usage à Paris aujourd'hui de reléguer les cabinets au fond des couloirs ou près des cuisines sous prétexte de leur insalubrité. Pour moi, c'est une erreur. Ils doivent être une dépendance immédiate de la chambre à coucher et du cabinet de toilette et, en prenant quelques précautions, la question d'insalubrité provenant de leur voisinage disparaît. C'est du reste le seul moyen de murer la vie privée et de

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f dit qoe du» te tuyanr «Tétunt, se produisaient souvent des anAiJ B fii Lgu f ^iJÉj par rappel ées cheminées ou par d'antres causes. Ou a plupart pour œia ds pbKtr dans les cours un petit ventilateur r e mon t é i hipui mntta par le concierge et injectant de l'air à faible pttjuiun dans I» tuyau rf é*mt pour attirer l'air des cabinets. Ce mores peut luw fr u des services dans quelques cas spéciaux, comme G» prisa» au les casernes. La force peut être empruntée à un poids ou à a» ressort qu'a» remonte deux ou trois fois par jour, ou bien à une mue à augnfet recevant un petit filet d'eau. Mais H est plus simple», pins >ir et pian économique de mettre le tuyau d'éveat au contact de la aanelta des dtemmées de cuisine, même & distance; Vetfet en «st infaillible et continu. Un deuxième moyen 1 consiste à isoter le ste^ede *£$ e. du bord supérieur de la curette et de mettre le dessous de cette ariette s» communication avec un tayaw (F évent p&eê dans un ançte» élevé jusqu'au-dessus du toit et terminé par un aspiratettr. Si on a la gmr a sa disposition, on pourra aussi creuser dans te mur un trou dfe ê.» c. àt baut sur 0,15 c. de large, ety mettre une petite lanterne (%. 303) dont la faee de devant sera fermée par un c&Éssis vitré. La gsaàie inférieure prendra naturellement son départ sous le siège: ce moyen est employé avec succès dans les gaies de chemin de fer où une lanterne suffit pour deux sièges. Il est excellent pour les hôpitaux qui peuvent, à défont de gaz, envoyer quelques tuyaux (f eau chaude dans un renflement ménagé dans le tuyau direct. Dans tous les cas, ce tuyau sera terminé sur le toit et au point le plus élevé par un aspirateur qui le garantira de la pluie et utilisera la force do vent pour activer le tirage. Je n'ai pas besoin d'ajouter que quand on le pourra, il sera toujours bon de faire précéder un cabinet d'une double porte, ouvrant du dehors en dedans. Gomme ce doit être Tendrait le plus propre de la maison, iï doit recevoir en abondance lumière, eau et air. Il sera bon d'en tapisser les murs jusqu'à une certaine hauteur avec des plaques de faïence émaillées qui se prêtent aux dispositions les plus variées. Pour éviter la souillure des sièges, on y adjoindra un urinoir en porcelaine adossé au mur, avec robinet au-dessus et bonde siphoïde. Quant à la cuvette elle-même, la figure 368 indique la forme adoptée en Angleterre et qu'on ne saurait trop recommander pour intercepter toute conmra-

nication avec les tuyaux de chute, ou la fosse, car les mécanismes, quelque parfaits qu'ils soient, ne sauraient intercepter complètement les gaz méphitiques. Les appareils anglais sont généralement trop compliqués. M. Renaud les a perfectionnés à Paris en les simplifiant et en y ajoutant un deuxième jet; celui du haut nettoie la cuvette, celui du bas agit sur le siphon et favorise la sortie des matières. Les dispositions ci-dessus ont pour effet d'éviter toute émanation

des fosses et les réparations plus ou moins fréquentes [qu'entraîne un mécanisme, quelle que soit d'ailleurs sa simplicité. La figure 369 «montre un appareil qui me semble réunir toutes les conditions de salubrité dé* sirables :

A est la cuvette avec siphon et tampon de dégorgement; B, arrivée d'eau en hautet en bas, pour laver les siphons et la cuvette; G, siège placé à 0,02 c. au-dessus de la cuvette pour admettre l'air du cabinet appelé au dehors par un bec de-gaz ou un aspirateur dans la gaine D. On aura soin de ne jamais placer de réservoir dans un cabinet sans trop-plein, envoyant l'eau à l'extérieur pour avertir des fuites.

Voyons maintenant les moyens qu'on a adoptés quand on H ? a pas de fosses fixes et mobiles, et qu'il faut disposer des réceptacles soit au-dessous des sièges, soit A l'extrémité d'un tuyau de chute. La figure 867 indique la disposition la plus simple pour la campagne. Il «n est trois autres, dont l'une a été appliquée par M. Gouxàltaris, l'autre par M. 'Moule en Angleterre et la troisième en Allemagne. La première consiste dans l'emploi de matières absorbantes, tannée, terre sèche, cendres, balayures, etc., bien tassées à l'intérieur d'une tonne mobile et autour d'un moule qu'on enlève une fois le tassement

Fig. 369.

opéré. Les matières, employées à l'état sec, retiennent toutes les émanations et une fois la tonne remplie et couverte de terre, elle se remplace et se transporte comme tout autre produit. C'est le système le plus commode pour les camps où Ton n'a pas toujours de l'eau en abondance et où quelques planches, rassemblées pour former abri, complètent l'installation.

Le deuxième système appelé à Londres « Moule's earth closet » est fondé sur la grande puissance d'absorption pour les gaz que possède

la terre desséchée. La figure 370 donne 10^ l M\ l'idée de l'intérieur du mécanisme dé-

lit" ' ^rII pouillé de son enveloppe. L'appareil se

JB ÊÈS wIlLr compose, par conséquent, d'un réceptacle IT^ÎmI Ft^ "$ surmon té d'un réservoir, en forme de tréy fifc\*J f ^:. 5r*xK m * e > contenant la terre sèche et la laissant

m^flP \ V.;SSf / tomber en quantité suffisante chaque fois

\ jj/JL^iLi qu'on fait usage du siège, comme dans

" i*^ les compteurs à avoine. Le tout est caché

dans une enveloppe sous forme de meuble. Quand on emploie l'appareil pour lg * les chambres de malades, on peut mêler

à la terre avec avantage du plâtre imprégné d'acide phénique ou de chlore et la désinfection est parfaite. Le troisième moyen, usité en Allemagne , consiste dans l'emploi de récipients remplis d'eau phéniquée qui noie les matières et en empêche la fermentation. 11 va sans dire que chacun de ces systèmes n'est qu'un expédient, qu'ils exigent tous une surveillance très-sévère et que pour les hôpitaux, rien ne remplace l'appareil à siphon et l'enlèvement immédiat des matières par un courant d'eau aboutissant à l'égout.

Pour terminer cette question si importante des cabinets d'aisance, rappelons un moyen simple et pratique de désinfecter les fosses ou puits dangereux pour les ouvriers.

On y descend ordinairement un réchaud allumé pour faire évacuer l'air vicié, mais un moyen plus efficace et plus continu, consiste à faire glisser au fond du puits un tuyau de tôle ouvert par la bas et communiquant sur le sol avec le foyer d'un poêle quelconque couvert d'une enveloppe (fig. 371). L'allumage du foyer détermine un courant descendant des plus actifs et permet d'inspecter le puits sans aucun danger.

Fig. 371.

Après les cabinets d'aisance, viennent les urinoirs publics, qui dans nos pays donnent une si pauvre idée de nos mœurs et du respect que nous avons pour les femmes. Il n'est pour ainsi dire pas d'églises ou de monuments qui ne servent à la fois d'asile pour les marchands de bric-à-brac et de dépôt d'inmondices, à moins que l'église ne soit entourée par une grille, et tout cela continue depuis que Jésus Christ a chassé les vendeurs du templel A Paris, Saint-Eustache, Saint- Severin, Saint- Roch, etc., etc., et, dans les départements, presque toutes les églises, sont étouffées par des constructions tterbares et empoisonnées dans leurs abords. Quelle différence avec les églises protestantes aux États-Unis et en Angleterre! Parmi les exemples que nous pourrions prendre à nos Voisins, nous pourrions citer (fig. 372, 373 et 374) une forme d'urinoir à une ou deux stalles, qui, au moins, cachent à la partie féminine du public les mystères de l'intérieur. Sur les murs on voit écrit l'indispensable mémento : « Please adjust your dress before leaving. »

Disons deux mots de la disposition des latrines publiques ou des cabinets des hôpitaux qui, sous prétexte de propreté, portent en arrière des lames inclinées qui forcent à s'asseoir sur le siège : il en résulte souvent des maladies contagieuses que nous ne pouvons que laisser entrevoir. Il est préférable de chercher la propreté par d'autres moyens.

Différents appareils ont été proposés pour rendre salubres les urinoirs. On a employé le chlorure de chaux, jeté à la volée autour des stalles; puis on a amené un filet d'eau à jet continu; mais il n'est jamais distribué régulièrement et surtout aux points nécessaires. L'essentiel, c'est qu'il n'y ait dans les appareils ni angles aigus, ni fentes, ni surfaces rugueuses qui abritent les matières solides et ne se prêtent pas à un nettoyage rapide. L'ardoise et le verre disposés en courbe forment les meilleures parois pour les murs. Nous avons mentionné l'excellente installation des gares du Nord, où un petit bec de gaz produit un appel continu d'air vicié. Si l'on se place au

point de vue agricole, on ne peut que regretter de voir perdre inutilement sur [les voies publiques, qu'elles empoisonnent, les urines d'une population [nombreuse. Quand on voudra en tirer

Fig. 372.

parti, on installera sur les points convenables et hors de la vue des promeneurs, des tonnes enduites de plusieurs couches de goudroi de houille. Ce simple moyen suffit pour empêcher l'infection, et tes

Fig. 373.

Fig. 374.

tonnes remplacées de temps en temps par des voitures spéciales seront déversées avec profit dans les fosses à fumier des cultivateurs de la banlieue. Quant aux hôtels privés, la figure 375 montre «ne installation anglaise qui peut s'appliquer dams un angle ou un mur

de face et qui demande très-peu d'eau. Un robinet à ressort placé sous la plaque mobile A, alimente un double jet qui fonctionne à la fois en haut de la niche en B, et à l'intérieur de boudin G, du manière à laver toutes les parties de la cuvette. D est un trop-plein tombant dans le siphon E qui intercepte toute émanation extérieure.

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