Solution de sulfate de fer t
Il faut avoir soin de verser la solution de fer dans celle d'oxalate et de ne pas faire l'inverse, sous peine de voir se former un précipité permanent. On ne peut dépasser les proportions indiquées cidessus, car si l'on augmente la quantité de fer, celui-ci, se trouvant en excès, se précipite, et, se déposant sur le cliché, vient empâter complètement l'image.
Le bain de fer ainsi composé a été indiqué comme développateur d'un usage facile et commode : il suffit d'y plonger la plaque, de laisser venir l'image et de retirer le cliché lorsque celle-ci est suffisamment venue. Rien ne paraît plus simple en effet, mais, en pratique, les choses ne se passent
22 CHAPITRE m.
pas toujours ainsi. Si, par exemple, l'exposition a été trop longue, l'image apparaît brusquement et se voile ; les différentes valeurs ne conservent plus leur rapport et une teinte générale grise envahit l'image. C'est dans cette hypothèse et pour éviter ce voile que l'addition d'une petite quantité de la solution de bromure devra être faite au bain avant d'y plonger la plaque,
18. — Le bromure agit comme retardateur; il empêche l'image de venir trop rapidement, permet aux diverses valeurs d'apparaître peu à peu, tout en évitant le voile qui se serait produit immanquablement si l'on n'en avait fait usage. En principe, on peut poser cette loi, que la quantité de bromure devra être d'autant plus considérable que l'exposition aura été plus longue (67^ 68). En procédant ainsi, l'opérateur qui connaît les temps d'exposition de ses clichés pourra opérer avec une grande sûreté et arriver à des résultats certains. Mais si, par hasard, il a oublié ces renseignements ou s'il a affaire à des clichés dont on ignore la pose, les difficultés vont apparaître. Qu'il développe en effet un cliché trop posé sans avoir mis de bromure, ou en ayant mis trop peu, le voile apparaîtra brusquement, et ferait-il même à ce moment l'addition voulue, il sera trop tard : le caractère du cliché est déjà complètement modifié. Au contraire, a-l-il affaire, dans son bain chargé
de bromure par mesure de prudence, à un cliché manquant de pose, l'action du bromure en retardera Fapparition, ou même quelquefois en empêchera la venue. En effet, le bromure, en dehors de ses qualités très précieuses, diminue l'énergie du bain, au point qu'un cliché qui aurait nécessité un bain neuf sans bromure ne pourra pas venir dans un bain additionné de bromure. L'opérateur qui aura affaibli son bain ne pourra donc en aucune manière lui rendre son énergie première, puisque toute addition de fer lui est impossible. Il n'a qu'une ressource : c'est de jeter son bain, de bien laver le cliché et d'employer un bain neuf sans bromure.
19. — On voit donc que, si l'on est maître de diminuer l'énergie du développement au fer, on ne peut l'augmenter que par un procédé catégo^ rique, l'emploi d'un nouveau bain. Nous insistons sur ces faits, parce qu'il nous semble préférable d'employer le bain de fer d'une tout autre manière, afin de lui donner une plus grande souplesse, ce qui lui permettra de se mieux prêter aux variantes de la pratique. Le bain de fer composé de i de fer et de 3 d'oxalate est un bain à énergie maxima, qu'il ne peut jamais dépasser. Cette énergie diminue du reste très rapidement au fur et à mesure que l'image apparaît; déplus, le mélange ainsi obtenu ne conserve pas ses propriétés développatrices, et
après une demi-heure ou une heure il est à peu près impropre à tout usage. Il ne nous paraît pas alors logique d'opérer d'emblée sur une plaque avec un bain au maximum d'énergie, ou bien de diminuer cette énergie par le bromure sans pouvoir à nouveau la retrouver. Ne vaudrait-il pas mieux commencer avec un bain d'une énergie moindre, puis d'augmenter celle-ci au cas où cela serait nécessaire? Rien n'est du reste plus facile. Il suffit de ne pas mettre tout d'abord la proportion de sulfate de fer que nous avons indiquée, d'employer un tiers ou un quart de la quantité prescrite et de n'ajouter le reste qu'au fur et à mesure des besoins. Si même, malgré le peu d'énergie du bain, on a cru devoir employer un peu de bromure, la quantité de fer en réserve permettra d'ajouter un élément nouveau au bain, d'en augmenter la force, alors que, par l'autre procédé, il aurait fallu refaire un autre bain.
Le développement ainsi conduit donnera des résultats bien supérieurs et permettra de conduire absolument le cliché comme on le désire.
20. — Lorsque l'image sera bien venue, possédera tous les détails et l'intensité nécessaire (34 à S9), on sortira le cliché et on le lavera avéc soin.
Pour éviter le dépôt d'oxalate de chaux qui se produira avec les eaux de lavage, nous avons soin de mettre notre cliché tremper pendant quelques minutes dans une cuvette d'eau distillée. Il se
dégorge ainsi, se débarrasse du développateur et reste limpide. Si l'on n'a pas d'eau distillée à sa disposition, on fera le passage à l'acide citrique que nous avons indiqué précédemment (IS) afin de dissoudre les sels de chaux. Puis, après un bon lavage, on procédera au fixage, qui se fait dans la solution suivante :
Eau ordinaire looo^c
Hyposulfîte de soude iSos^'
Le cliché doit séjourner dans ce bain jusqu'au moment où il ne présentera plus de blanc par derrière, c'est-à-dire jusqu'à ce que tout le bromure non réduit ait été dissous.
21. — Le bain de fer a l'avantage de donner des clichés d'une nuance fort agréable et d'une douceur toute particulière. Il semble avoir des qualités très précieuses pour les portraits (73), et bon nombre d'opérateurs très experts lui donnent, pour ce travail, la préférence sur tous les autres.
Il nous paraît cependant moins énergique que Tacide pyrogallique ; mais avec certaines plaques, néanmoins, il peut être supérieur (38). Il ne faut pas oublier, et nous en reparlerons plus tard, que les différentes plaques, suivant leur nature (60), s'accommodent mieux tantôt d'un révélateur, tantôt d'un autre. La supériorité du pyrogalb'que, que nous avons reconnue avec quelques marques
26 CHAPITRE m.
de plaques, n'existe peut-être pas pour d'autres. Il n'v a rien d'absolu dans cet ordre d'idées.
22. — On a cherché, du reste, à augmenter l'énergie du développement au fer, et, parmi les moyens proposés, l'un des plus efficaces est celui de M. Audra (^). Il consiste à tremper la glace pendant quelques instants, et avant le développement, dans le bain suivant :
Eau 1000^^
Hyposulfite de soude i S''
Après un lavage soigné, on continue la série des opérations comme d'habitude. Ce procédé est assez délicat et le dosage de la solution d'hyposulfite de soude doit être fait avec la plus grand soin.
On a conseillé aussi d'ajouter une petite quantité de cette même solution dans le révélateur. Ce procédé donne également de bons résultats, mais il faut bien se garder d'augmenter la dose d'hyposulfite, ce qui donnerait infailliblement le voile.
23. — Un autre avantage du bain de fer est de permettre le développement successif de plusieurs clichés. Il y a là un avantage sérieux, bien que, au point de vue absolu, cette manière de procéder ne soit pas exempte de reproches. Le bain, en effet,
(1) AuDRAj Le gélatinobromure d'argent) p. 38. Tn-i8 jésus; 1887 (Paris, Gauthier-Villars et Fils).
AVF.C QUOI DÉVELOP PE-T- ON? r>rj
perd à chaque épreuve de sa \igaeur; les temps du développement deviennent de plus en plus longs et les clichés de plus en plus durs. Une série de plaques posées dans les mêmes conditions rigoureusement pourront présenter des différences sensibles, quant à leur valeur propre. Il faudra par conséquent, dans la pratique, si Ton a l'intention de développer plusieurs clichés dans le même bain, augmenter la pose de chacun d'eux et avoir soin de les développer en commençant par le moins posé. Ce sera le seul moyen d'avoir des négatifs de même valeur. On termine le cliché en le lavant avec soin pour éliminer toute trace d'hyposulfite (35),
Révélateur à Facide pyrogallique.
24. — L'acide pyrogallique ou pyrogallol, par suite de son avidité pour l'oxygène, possède des propriétés réductrices énergiques. Aussi est-il depuis longtemps déjà utilisé pour le développement des négatifs. On a constaté bientôt que son action était considérablement activée par la présence d'un alcali. On peut se servir soit d'ammoniaque, soit de potasse ou de soude, ou encore de leurs carbonates. Les bains ainsi préparés se colorent rapidement pendant le développement, surtout s'il y a excès d'alcali ou manque de pose et, par suite, action un peu prolongée du bain.
Pour éviter cette coloration, on ajoute au bain
du sulfite de soude dont l'emploi a été indiqué pour la première fois par Berkeley en 1882. Les formules du développement à l'acide pyrogallique comprendront tous les constituants suivants :
Acide pyrogallique. Sulfite de soude.
/ Ammoniaque ou son carbonate.
Un alcali. | Potasse »
( Soude )) ( ^ j,
il nous paraît par suite inutile d'indiquer, comme on le fait souvent, de nombreuses formules au mi^ lieu desquelles le débutant se perdra.
Nous allons décrire la méthode que nous employons avec le plus de succès et nous signalerons seulement les modifications partielles que peut introduire le choix d'un alcali ou d'un autre, la méthode générale restant toujours la même.
25. Développement avec carbonate de soude, — Voici les produits nécessaires :