‹ Traité pratique du microscope, et de son emploi dans l'étude des corps organisésChapitre 21 sur 358 · ENSEIGNEMENTS PRATIQUES · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENTS PRATIQUES

par exemple, un millimètre, le grossissement sera de cent fois et ainsi de suite. Cette manière nous paraît donc la plus sûre et la plus commode 5 et beaucoup préférable aux méthodes des anciens observateurs et à celle de la double vue. On aura seulement toujours soin de dessiner sur un papier qui se trouve éloigné de l’oculaire à la distance de la vision distincte (Voir le chapitre sur l’usage de la chambre claire).

Leeuwenboek plaçait sur le porte-objet un grain de sable de mer, et appréciait , à la vue , combien il fallait d’objets microscopiques pour couvrir la surface occupée par le grain de sable. Jurin faisait usage de fils métalliques d’une grande ténuité, dont il avait déterminé l’épaisseur, et à laquelle il comparait le diamètre de ses objets ; il obtenait des mesures assez justes.

Plus tard , après l’invention des micromètres , on plaçait l’objet lui-même sur le micromètre , mais on conçoit qu’il est très difficile alors de démêler parmi les fibres les stries extrêmement délicates du micromètre ; et si l’on fait usage d’un grossissement plus fort , on ne verra jamais bien l’objet si le micromètre est au foyer, et réciproquement. On plaçait encore deux points mobiles dans le foyer de l’oculaire, et on les dirigeait jusqu’aux bords de l’image; on remplaçait ensuite l’objet par le micromètre , et on comptait le nombre des parties comprises entre les deux points. Mais à part l’incommodité de recommencer toujours deux fois à chaque mesure , était-on sûr que les points se trouvaient dans le foyer de l’oculaire , et qu’une parallaxe n’avait pas lieu ? et quel moyen restait-il de mesurer l’objet dans le cas où les pointes ne touchaient pas précisément deux stries du micromètre? On a de même fixé un micromètre dans le foyer de l’oculaire. Nous avons parlé de la mesure à l’aide du miroir de Sœmmerring, dans la description des microscopes de Ploessl (1).

(1) Nous passons sous silence l’érysmèlre de Young , et le inicroinètro à doubles images de Dollond, qui sont très compliqués, et ne sont jamais devenus d’un usage répandu.

60 TRAITÉ PRATIQUE »ü MICROSGOPS.

On a encore beaucoup employé le procède' de la double vue qui n’offre point une grande exactitude et est très fatigant pour les yeux. On trouveia plusieurs détails sur ce procédé dans l’ouvrage de M. Raspail; cette métbodc consiste à fixer de l’œil droit apjdiqué contre l’oculaire , l’image ; et de l’œil gauche une règle divisée , placée sur la table , à trente centimètres de distance. Il arrivera un moment où , par suite de l’unité de la sensation optique , l’image semblera se superposer sur la règle ; on aura dès lors la grandeur de l’image.

Une partie des erreurs dans les observations microscopiques proviennent de la diffraction , par suite de laquelle il naît des franges autour des fibres, autour des filaments, etc. (Voir cbap. 6 , § 2 ) , et qui empêchent d’avoir une idée précise de l’épaisseur absolue de la fibre. Une autre se'rie d’illusions porte sur la distinction des pleins ou des vides , des creux ou des saillies. Or, l’examen attentif des corps dont on connaît la structure sera nécessaire pour savoir distinguer les filets solides ou tubuleux, des granules convexes ou concaves, etc.

On s’accoutumera , par exemple, à contempler sous le mici’oscope à de faibles grossissements des monnaies avec leurs reliefs, les lettres creuses ou saillantes sur leurs bords, des lentilles concaves ou convexes, etc. Les lentilles concaves rendent divergente la lumière incidente , comme si elle partait d’un foyer situé au delà du globule ; elles deviennent donc plus obscures à mesure qu’on les éloigne au delà delà distance focale , et deviennent , au contraire , de plus en plus claires à mesure qu’on les rapproche en deçà de la même distance focale; les lentilles ou globules convexes, au contraire, concentrent la lumière incidente entre l’objectif et le globule ; ils paraissent plus obscurs à mesure qu’on les rapproche de l’objectif, et deviennent de plus en plus brillants si on les éloigné. Si on connaît le pouvoir réfringent d’un corps , on saura l’apparence C]u’il doit prendre sous le microscope , parce que les plus réfringents agissent comme les lentilles convexes, et les globules les moins réfringents comme des lentilles concaves. On s exercera donc, en examinant, comme le veut BrcAvster, des bulles d’air emprisonnées dans quelques minéraux, par exemple, le

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