AILES DES LÉPIDOPTÈRES
gueur. Ces petits tuyaux ou tubes squamulifèrcs , dont l’extrémité est toujours terminée par un bouton arrondi , ont leur ouverture du côté opposé à la base de l’aile. Ce sont tantôt des espèces de cônes plus ou moins renflés dans leur milieu, terminés par des petits cylindres, et ayant l'apparence de vasesfort jolis (fig. 51, a), tantôt des cylindres plus ou moins allongés (fig. 51, b). Laforme deces tuyaux est ordinairement en rapport avec celle des pédicules qu’ils reçoivent. C’est sur les sillons dont parle Réaumur , lesquels sont un peu en saillie sur la membrane de l’aile dont ils diminuent la transparence, que sont disposés les tubes squamulifères ; leur moitié inférieure s’enfonce progressivement dans l’épaisseur du sillon. La fig. 5l indique la position des tuyaux sur la membrane supérieure de l’aile ; ceux de la surface, inférieure sont placés sur des lignes diagonales (c) indiquées dans la même figure.
En considérant avec attention les tubes squamulifères , M. B. Descbainps dit avoir remarqué que chacun d’eux adhère à la membrane de l’aile, non par les points de sa circonférence en contact avec elle, mais par les bords d’une ouverture ovale, plus ou moins étendue, faite au tuyau dans sa partie inférieure, laquelle commence un peu au-dessous de son orifice, et se termine du côté opposé, aux deux tiers ou aux trois quarts de sa longueur. La conformation des pédicules est en parfaite harmonie avec celle des tuyaux.
Si l’on examine les écailles et que l’on en détache quelquesunes, on les met, ainsi que nous l’avons déjà dit, sur un verre. Mais on ne se contentera pas de ternir seulement cette lame par l’haleine, il faudra y mettre une goutte d’eau, dans laquelle nageront les écailles. Cette gouttelette sera couverte d’un second verre mince.
L’observateur doit faire surtout attention à ce que les écailles soient libres de bulles d’air, qui aiment à s’attacher à ces corpuscules très légers. Si des bulles d’air y adhèrent, on aura peine a reconnaître les stries, et cette circonstance a donné lieu a une illusion de la part de M. Beriiard-Deschamps.
Cet auteur dit qu’on découvre souvent sur \es piérides des plumules dont les sti'ies semblent avoir été enlevées en partie,
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comme dans une portion de fig. 47 et 48. M. Bernard-Deschamps croit reconnaître que ces lacunes sont rarement produites par la destruction des stries , mais qu’elles ont pour cause l’afFaissement de petites poches membraneuses ou trachées utiâculaires qui les forment. Les stries des écailles renferment donc des trachées fort déliées. Plus tard , en voyant reparaître ces stries, M. Bernard-Deschamps croit qu’alors les trachées se sont remplies d’air.
Cette fausse conclusion est, comme on le voit, basée sur une fausse observation , et quelques précautions prises par l’observateur le convainqueront bientôt de son erreur.
En faisant glisser deux verres l’un sur l’autre, entre lesquels se trouvent des écailles de la poussière des papillons, et en appliquant pendant cette manoeuvre une forte compression , on obtiendra des fragments très petits des écailles, et on pourra alors se convaincre de la disposition de ces surfaces à facettes.
Les écailles de différentes formes que l’on trouve à la surface des ailes , y sont implantées en plusieurs couches superposées les unes aux autres. L’une est par exemple composée d’écailles fortement denticulées, et très grandes; la seconde couche contient des écailles plus petites , moins denticulées , une troisième des plumules, etc. Or, pour séparer ces couches différentes d’une manière sinon rigoureuse , au moins très commode pour l’observation , M. Andouin a eu la bonté de nous communiquer le moyen suivant qui est fort simple. On étale sur une lame de verre une couche extrêmement mince de gomme ou de dextrine dissoute dans l’eau, on place ensuite sur cette couche la surface de l’aile dont on veut étudier les écailles , on exerce une légère pression , puis on enlève l’aile. Les écailles les plus superficielles restent de cette manière collées sur le verre ; en répétant cette opération deux ou trois fois on obtient séparément les écailles différentes , que l’on pourra facilement étudier. On conçoit que la couche de gomme peut être aussi mince que possible pour faire adhérer les écailles.
l’EAU.
§ VIII. Peau (I).
La connaissance de la structure intime de la peau, ainsi que celle de l’épiderme , a fait beaucoup de progrès depuis quelques années. La découverte de canaux sudorilères, faite à l’aide du microscope , a expliqué l’origine d’une sécrétion qui avait échappé à tous les anatomistes qui se sont occupés de la peau, depuis Ruysch et Albinus. On sait maintenant que l’épiderme n’est pas seulement du mucus desséché, mais qu’il s’y trouve une organisation parfaite et très régulière, et le microscope nous a fait de même connaître des organes particuliers pour la sécrétion de la sueur qu’on croyait toujours née d’une filtration à travers les tissus.
Pour faire des observations sur la peau, on doit posséder des tranches très minces , ce qui offre l’avantage de pouvoir examiner cet organe par transparence; mais la peau est , dans son état naturel , trop molle pour qu’on puisse la couper en morceaux épais ; on y parviendra très facilement en la durcissant à l’aide d’une dissolution de carbonate de potasse. On verra alors les canaux , dont nous allons pa) 1er tout à l’heure, se présenter dans la lamelle bien transparente qu’on s’est procurée par une coupe transversale de la peau. Si au contraire on désire observer la manière dont ces canaux sudorilères se propagent de l’épiderme à la peau même , alors on sépare l’épiderme au moyen de l’eau bouillante ou de la macération ; on détache cet épiderme avec précaution , et , en regardant l’endroit où il est prêt à quitter la peau , on y aperçoit une foule de filaments ténus, blanchâtres, transparents et élastiques. Si l’épiderme adhère trop fortement à la peau, ou si le réseau de Malpighi ou les filaments eux-mêmes ne sont pas assez résis-
(1) Disserlatio de epidermide limnamt , art. Wcndt et Purkinje. VratisI , 1833. — G. Breschet cl Itoussei , Nouvelles reclicrcliossurlnslrucliiro delà peau, Paris 183b, iu-8“ avec trois planches.
Ü8 IRAITÉ PKATIQÜK ÜU MICROSCOPE.
tants , il est quelquefois difficile de bien voir ces derniers. On y parvient de la manière la plus convenable en jetant plusieurs fois de l’eau bouillante sur le membre d’un cadavre, de façon que l’épiderme et le re'seau deMalpighi seulement s’échauffent, et non pas les couches plus profondes de la peau. On doit toujours laisàer refroidir la partie que l’on traite, et alors y verser de nouveau une portion de l’eau bouillante. Pour, examiner, au contraire, les canaux dans leur situation naturelle, on aura recours à la potasse, ainsi que nous l’avons dit, qui rend la peau dure et transparente.
Voici les résultats de ces recherches d’après MM. Breschet et Roussel.
1. Derme. Canevas cellulaire, dense, fibreux, enveloppant et protégeant les vaisseaux capillaires sanguins , les vaisseaux lymphatiques , les filets nerveux et le parenchyme des autres organes contenus dans la peau.
Pour étudier le derme à l’œil nu et dans tous ses rapports, il faut couper un morceau carré de la peau du talon , le séparer des bourses graisseuses et du tissu fibreux sur lequel il repose du côté interne , puis le plonger dans l’eau chaude ou le faire macérer pour enlever plus facilement la couche cornée épidermique adhérente à sa surface externe.
2. Papilles. Organe du tact , terminaison du système nerveux, développé sous forme de mamelons légèrement fléchis , dont le sommet est terminé en pointe mousse et caché sous plusieurs enveloppes. Sur la baleine, le sommet des papilles, est olivaire, tandis qu’il est conique chez l’homme.
Il faut , dans la préparation et l’étude du corps papillaire , suivre le même procédé que pour le derme. Ou sait que les filets provenant des divers troncs nerveux disséminés dans le tissu cellulaire sous-cutané se subdivisent à l’infini en approchant du derme. Avec quelque persévérance on peut les disséquer jusqu’à cette membrane, où on les perd le plus souvent à cause de leur finesse et de l’opacité de leur tissu. Avec un peu d’habitude on parvient à distinguer et à isoler d’entre les canaux excréteurs de la surface du derme , en approchant de la matière cornée, des faisceaux de filets nerveux très minces.
l’EAU.
comme pulpeux , cpii se diri^>eut vers la iDase des papdles et y pénètrent.
Ces liges sont rangées en séries continues , ordinairement bifides ou trifides , séparées transversalement par l’intervalle destiné au passage des ^canaux sudoriferes , et suivant leur longueur par les sillons d’où sort la matière cornée.
Lorsqu’on sépare de vive force les deux parties de la peau, l’épiderme et le derme , les pripilles tiennent toujours beaucoup au derme par leur base, tandis que l’enveloppe epidermique s’en détache avec facilité.
3. Appareil diapnogène. Organes de la sécrétion et de l’excrétion de la sueur (fig. 52). Composé d’un parenchyme glanduleux et de canaux JMr/ori/èrej ou hydrophores .
L’organe parenchymateux ou sécrétoire est renfermé dans le derme, et donne naissance à des canaux sécréteurs, disposés en .spirales, qui passent entre les mamelons du tissu papillaine etse dirigent obliquement pour s’ouvrirà la surface extérieure de l’épiderme.
On a suivi le même procédé de préparation que pour les papilles. Lts organes constituant l’enveloppe cutanée .sont d’une telle exiguité , qu’on est toujours sûr d’en renfermer plusieurs entiers dans une couche extrêmement mince de peau prise au talon et soumise au foyer d’une forte loupe. Si la tranche est tant soit peu épaisse , on ne voit rien ou très confusément.
4. Appareil dHnhalalion ou canaux absorbants. Ces canaux ressemblent , sous plusieurs rapports , aux vaisseaux lymphatiques; iis sont situés dans la matière cornée ou corps muqueux qui forme la couche la plus extérieure de la peau , car la cutocule ou feuillet cpideimique n’est qu’une dépendance de la matière cornée. canaux paraissent être dépourvus
de bouches ou ouvertures d’ahsorplioi) ; leur origine serait en cul-de-sac ou petits l enflements sacciformes. Bien qu’on voie les canaux inhalants commencer vers la couche la plus superficielle de la cuticule , cependant rien n’est plus difficile que de diitingner leur origine. Par leur autre extrémité, ces canaux communiquent avec un làcis de vaisseaux.