ÏRAITE PRATIQUE DU MICROSCOPE
5. Organes producteurs de la matière muqueuse , ou appareil blennogène. Composé (a) d’un parcnchyino glanduleux ou organe de sécrétion situé dans l’épaisseur du derme j (b) des canaux excréteurs qui sortent de l’organe précédent et déposent la matière muqueuse entre les pa|iilles.
6. Appareil producteur delà matière co/oran/e. Composé d’un parenchyme glanduleux ou de sécrétion , situé un peu au-dessous des papilles , et offrant des canaux excréteurs particuliers qui versent à la surface du derme le principe colorant qui se mêle à la matière cornée ou muqueuse , molle et diflluente.
§ IX. Membrane muqueuse de l’estomac.
S’il est important pour la connaissance exacte des tissus organiques de les étudier à leur état frais , cela est d’autant plus nécessaire pour les observations sur la structure de la membrane muqueuse de l’estomac, que le contenu, le suc gastrique, produit de grandes altérations après la mort. Cette circonstance devra faire préférer, pour les premières recherches, l’estomac des autres mammifères à celui de l’homme; l’estomac du cochon , du lapin , du chien , etc., s’y prêteront parfaitement. Une macération préalable quelconque n’est pas favorablcj car le premier effet d’un séjour dans l’eau est un gonflement du mucus et de toute la membrane muqueuse; les parties délicates apparaissent moins fines , et les petits sacs ou glandes dont nous allons parler tout à l’heure se vident ; si en outre on veut connaître la distribution des vaisseaux capillaires à la surface de la muqueuse sans une injection préalcible , la dissolution des globules sanguins, provoquée par l’eau, rend cette observation impossible.
M. Bischoff (1 ) s’y prend de la manière suivante dans la préparation de la muqueuse de l’estomac. Il sépare un petit morceau de l’estomac, l’étend à l’aide d’épingles sur une toile cirée, et enlève d’abord les autres membranes de l’estomac. Il
(1) Mül'er, Archive*; Berlin. 1838, p. 303.
MEMBRANE MUQUEUSE DE l’eSTOMAC.
enlève même, pour quelques observations, la couche dense et solide du tissu cellulaire que l’on trouve sous la membrane muqueuse. On n’y réussit pas toujours facilement, mais si l’on a bien commencé, on peut, à l’aide de la pincetle, enlever des morceaux entiers de cette couche du tissu cellulaire, de sorte que la membrane muqueuse reste entièrement isolée.
M. BischofF examine ensuite ces morceaux de la membrane muqueuse , après avoir enlevé préalablement , à l’aide d’un pinceau ou partout autre moyen, excepté le râclemenl,la couche de mucus qui la recouvre; il les examine , disons-nous , sous la loupe avec ou sans pression , adaptant un éclairage par transparence ou par réflexion. Il fait ensuite, à l’aide de ciseaux, des coupes verticales très minces. On peut aussi faire usage d’une dissolution de carbonate de potasse pour solidifier les morceaux de la membrane muqueuse; on réussit alors plus facilement dans la préparation de tranches verticales et même horizontales ; il n’en résulte, d’après l'auteur, aucun autre inconvénient que la contraction du tissu, provoquée parla potasse, ce qui rend les parties trop serrées les unes à côté des autres. Mais M. BischolF ne faisait pas, en général, usage de ce moyen ; le grossissement employé n’est que de douze à vingt-cinq fois.
Voici comment M. BischofF se prononce sur la structure de la membrane muqueuse de l’estomac.
« L’œsophage de la plupart des animaux , ainsi que celui de l’homme, est pourvu de petites glandes composées, qui, ellesmêmes , sont situées derrière la membrane muqueuse et possèdent un conduit excréteur, qui d’un côté traverse l’épithélium et finit de l’autre côté sous forme de quelques vésicules ou cellules fermées. Ces glandules disparaissent toujours à l’endroit du passage de l’œsophage dans l’estomac, en y formant quelquefois un anneau dense, comme, par exemple, chez le chien.
» Mais jamais je n’ai pu trouver des glandes de cette espèce, soit dans, soit derrière la membrane muqueuse de l’estomac d un animal quelconque ; elles se présentent , au contraire , immédiatement derrière le pylore sous forme de glandes de
Brunner. Toute la membrane muqueuse de l’estomac, au contraire, n’est autre chose qu’une seule glande; car elle est composée, d’après mes recherches , d’un nombre infini de peliis morceaux ou cylindres (fig. 55), placés les uns à côté des autres dans une position parallèle. Leur extrémité fermée, soit sous la forme d’une vésicule simple , Soit sous celle d’une grappe (fig. 56), est dirigée vers le tissu cellulaire , l’autre extrémité ouverte et libre finit dans l’intérieur de l'estomac; ces cylindres eux-mêmes ne sont joints les uns aux autres que par un tissu cellulaire très fin et par des vaisseaux capillaires.
» On trouve b. aucoup de différences quant au nombre , la grandeuret la formation de ces cylindres; mais leur structure, qui est la plus line chez rhoinme et les mammifères, garde partout le même type.
» C’est par l’examen de la membrane muqueuse de l’homme qu’on peut se convaincre très facilement combien est peu convenable le nom de membrane muqueuse de l’estomac, parce qu’on ne voit qu’une seule glande développée eu surface. Ses parties élémentaires ont la forme glandulaire la plus simple, c’est-à-dire celle de petits cylindres ou morceaux folliculés — Les trois premiers estomacs des ruminants n’oflrent aucune trace de glande. «
Déjà , si l’on examine à l’œil nu la membrane muqueuse privée de la couche superficielle du mucus, on aperçoit toute la surface couverte de petits points très fins, qui, sous la loupe, se présentent comme les ouvertures des cylindres (fig. 5o), qui sont placés les uns à côté des autres. On ne voit pas toujours distinctement ces ouvertures, parce qu’elles sont souvent remplies du lic|uide sécrété intérieurement.
Ces cylindres sont quelquefois placés les uns à côté des autres pour former de petits groupes (fig. 54) : il en résulte un petit renflement, et l’on reinarque même quelquefois au milieu de ce groupe une yietite place déprimée. Celle forme particulière a fait naître l’opinion de la structure glanduleuse de la membrane muqueuse de l’estomac ; mais ces groupes ne sont en vérité que des cylindres que nous connaissons , et parmi lesquels se sont formés des sillons qui soulèvent la membrane.